Cour d’assises de Bamako : L’assassin de l’imam Abdoul Aziz Yattabare, Moussa Guindo, condamné à la peine de mort

Hier mardi 19 novembre 2019, la Cour d’appel de Bamako  abritant la tenue de la 2ème session de la Cour d’assises était plein à craquer. Cela, pour raison que l’audience opposant l’inculpé Moussa Guindo à la famille du feu imam Abdoul Aziz Yattabare se tenait. Né à Bio, dans le département de Bouaké en Côte d’Ivoire, Moussa est le fils de Hadou Guindo et d’Aminata Dolo.  Poursuivi pour « assassinat » de l’imam Yattabare, il a été condamné à la peine de mort.

 

A ce mardi 19 novembre, les musulmans venus de partout à travers Bamako pour assister au jugement de l’assassin de l’imam Yattabaré.

Commencé aux environs de 9H, il a fallu attendre 14H pour le verdict des juges. Appelé à la barre  Moussa Guindo n’a pas pu nier les faits et explique : « J’ai acheté le couteau pour travailler avec. Je ne suis pas un assassin et c’est le comportement de l’imam qui a fait que je l’ai tué. Dans la mosquée de l’imam, aussi bien qu’au niveau du Haut conseil islamique du Mali, j’ai dit à tout le monde que je ne prie pas  sur le corps d’un musulman hypocrite ».

Durant près d’une heure, l’inculpé se prononçait sur des circonstances qui l’ont poussé à assassiner l’imam. Devant le public, il annonce que l’imam Yattabare n’était pas la seule personne qu’il ciblait. « J’avais convoqué le président de la République IBK qui me cherche depuis l’Afrique centrale sans avoir de suite à cette convocation, j’ai aussi convoqué Ousmane Chérif Madani Haidara ; Mohamed Guindo ; et le colonel  Abdine Dicko en vain », dit-il avant d’évoquer qu’un certain Zou qui semble,  selon lui, dérober une somme de 25 millions d’euro a voulu le  tuer en tirant sur lui quand il était au champ. Dans son intervention, l’inculpé reconnait être venu à Bamako en 2007.Il reconnait aussi qu’il faisait ses prières dans la même mosquée que l’imam Abdoul Aziz Yattabare. Pour être clair, Moussa explique aux juges qu’il visait depuis longtemps l’imam et donc  marchait  24H/24H avec son couteau. « Je connais la maison où habitait l’imam et la mosquée au sein de laquelle il priait. Mais je ne connais pas le chemin qu’il empruntait pour aller à la mosquée. Je ne l’ai pas suivi pour le tuer, on s’est croisé sur le chemin », a-t-il expliqué. À sa sortie de la salle, l’avocat de la famille de l’imam assassiné (Abdoul Aziz Yattabare), Me. Kalifa Yaro, tenait ceci : « C’est l’instruction définitive qui vient d’être tenue ce matin à la barre. Les éléments de faits ont été soumis au cours de cette instruction et les arguments juridiques ont été aussi développés. Nous avons tenu à démontrer que les faits d’assassinat sont constitués ».

D’après Me. Yaro, les avocats de la défense ont plaidé non coupable pour leur client par le fait qu’il ressort du rapport d’expertise que Moussa Guindo est fou. L’avocat de la famille Yattabaré  de poursuivre que le rapport d’expertise ne montre en aucun moment que l’accusé ne jouissait pas de toutes ses facultés mentales au moment où il commettait son crime. Pendant plus d’une heure de temps, les avocats des deux parties ont discuté sur ce rapport d’expertise qu’ils comprenaient  différemment. « Les débats ont montré que Moussa était lucide et bénéficiait de ses facultés de discernement quand il commettait le crime », soutient Me. Kalifa qui était contredit dans la salle d’audience par les avocats de Moussa Guindo qui tentaient de convaincre que leur client était bel et  bien fou. Suite au délibéré des juges, une peine de mort a été infligée à l’encontre Moussa Guindo.

Notons que courant le samedi 19 janvier 2019, le monde a appris avec stupéfaction l’assassinat de l’imam de la mosquée Yattabare de Missira, Abdoul Aziz Yattabare. L’acte a pu avoir lieu à l’aide d’une dizaine de coups de couteau à  la veille de la prière matinale du jour  par Moussa Guindo, âgé de 26 ans au moment des faits. Pour cette même affaire, la polyclinique pasteur avait aussi été attaquée par la famille pour diffusion des photos montrant les parties du corps blessées par le couteau.

Mamadou Diarra

Source : LE PAYS

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