Communication publique: la faible consultation de l’ANCD par les services de l’État

Le ministre de la Communication Yaya Sangaré a dénoncé le faible intérêt que des départements ministériels manifestent à confier leurs besoins en communication à l’Agence nationale de la communication pour le développement (ANCD). C’était à la faveur de la 8e session du conseil d’administration de ladite structure.

 

Le ministre Yaya SANGARE a présidé, le vendredi dernier, la 8e session du conseil d’administration de l’ANCD consacrée à l’adoption du budget 2020, à l’examen des actions et activités de 2019, entre autres. Il espère que cette session soit le début d’une nouvelle ANCD dédiée à la communication pour le développement. Parce que la tenue de cette session n’était pas évidente. Pour cause, la structure était confrontée à un réel problème, une crise à l’interne.
Toutefois, le ministre s’est félicité de la décision courageuse de respecter un engagement. Il a apprécié cette initiative, qui fut pour lui une première, dans son expérience gouvernementale.
« Ce fut ma première vraie épreuve de ministre d’assister à la prise de décisions les plus difficiles, mais de l’avis de tous, la plus attendue et la plus nécessaire que la responsabilité d’État et le sacerdoce de la fonction commandaient de prendre immédiatement sans faiblir, dans l’intérêt du service public de l’ANCD et du devenir professionnel de ses agents, à bout de souffle », a affirmé Yaya SANGARE.
Cette décision, il s’en réjouit pour avoir permis d’instaurer un climat de sérénité. Toutefois, ce n’est pas encore le bout du tunnel. Cependant, il ose espérer que cela ne va plus tarder. Conformément à sa démarche, une nouvelle équipe a été mise en place. Ainsi, il fonde son espoir sur celle-ci afin que l’ANCD soit au service de la communication gouvernementale de l’ensemble des départements ministériels et de tous les services publics de l’État.
À cette occasion, le ministre Yaya SANGARE a félicité la collaboration du Comité syndical avec la nouvelle direction. Ce qui lui a permis d’entamer plusieurs réformes pour la relance de l’Agence. Parmi lesquelles, la relecture de l’Organigramme, du Cadre Organique et de l’accord d’Établissement, l’élaboration d’un Règlement Intérieur.
Donc, la présente session, pour le ministre, est une étape charnière du mandat de l’ANCD. Il s’agit pour elle de tourner la page de la crise et de se dévouer à son travail dans un contexte concurrentiel, créé par l’entrée en vigueur de la nouvelle législation sur la Publicité et les agences de communication et sous la pression des nouveaux partenariats mis en place entre I’ORTM et le GPAC.
Par ailleurs, il s’est dit insatisfait quant aux résultats obtenus en 2019 par l’Agence. Pour preuve, il a relevé qu’en termes de chiffre d’affaires, la structure n’a pu mobiliser que 116 000 000 F CFA sur une prévision de 320 000 000 F CFA, soit un taux de réalisation de 36,2°/°, très en deçà des attentes.
Cependant, pour l’exercice 2020, le budget prévisionnel se chiffre en recettes et en dépenses à 756 762 000 FCFA, contre 816 558 000 F CFA en 2019, soit une diminution de 7,9 % par rapport à l’année 2019. Cette légère diminution s’explique par la réduction de la subvention de I’État sur l’exercice budgétaire 2020.
Le Budget 2020 traduit également la volonté de la Direction générale de mettre plus d’accent sur la mobilisation de ressources propres qui demeure le plus grand challenge pour l’ANCD pour l’année 2020 et les autres années à venir.
« Nous remarquons encore avec regret que les départements ministériels manifestent toujours de la réticence à confier leurs besoins en communication à l’ANCD, pourtant créée à cette fin pour vulgariser et rendre plus visible l’action gouvernementale », a dénoncé le ministre Yaya SANGARE.
Par Sikou BAH

INFO-MATIN

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