Carde de concertation nationale: les groupes signataires de l’Accord claquent la porte

Le ministre de l’Administration territoriale et de la décentralisation, Mohamed Ag ERLAF, a présidé, ce vendredi 1er mars 2019, la session de la formation politique du Cadre de concertation nationale. Les propositions de modifications de la loi électorale étaient le principal point à l’ordre du jour de cette rencontre. Au cours de cette session, les représentants des groupes signataires de l’Accord pour la paix ont boudé les débats en raison d’un ordre du jour peu pertinent à leur avis. Toutefois, les partis politiques ont apprécié la démarche du chef de l’État s’agissant des mesures entreprises pour la description du climat sociopolitique.

Coup de théâtre lors de la réunion de la formation politique du CCN, peut-on qualifier la décision des groupes armés signataires de l’accord. En effet, après les partis politiques du FSD, les groupes signataires de l’Accord pour la paix et la réconciliation ont claqué la porte ce vendredi 1er mars 2019. À l’origine de cette décision, les représentants des groupes ont souligné deux points. Il s’agit d’abord du fait que lors des rencontres du CCN, la question de révisions constitutionnelle qui constitue leur principale préoccupation soit reléguée au second plan au profit de la modification de la loi électorale. Ensuite, les ex-rebelles dénoncent le caractère pléthorique de ce cadre qui a été élargi à tous ceux qui désirent y prendre part.

En raison de ces deux points jugés cruciaux pour que le CCN soit une tribune de débats francs et constructifs, les ex-rebelles décident de suspendre leur participation.

En tout cas, c’est qui ressort de la réaction de Sidi Brahim Ould SIDATI, à la sortie de la salle.

« Nous avons des situations. Le cadre de concertation qu’on a créé se penche sur un ensemble de situations question pour la nation malienne. Il s’agit de la révision de la constitution, et toutes les questions y afférentes par rapport aux situations politiques et institutionnelles que le pays vit, tout comme la gouvernance. À partir de la semaine prochaine, nous avons vu que le cadre a été réduit simplement à un problème de révision de lois électorales, sur le mode de scrutin. Ce qui ne peut être fait que s’il y a vraiment une révision de la constitution. Nous allons attendre que les questions de révision constitutionnelles soient à l’ordre du jour pour revenir. Nous sommes sortis parce que ce débat n’a pas de sens. On a discuté de quoi ? Sur des choses qui sont là pendant deux ans, on n’arrive pas à le faire parce que le problème de la constitution se pose avec acuité. C’est pour cela que nous avons demandé une révision de la constitution. Revenir encore pour discuter sur ce qu’on a discuté pendant deux ans. Pour nous, c’est une perte de temps, ça n’a pas de sens. Surtout dans un format très grand où les gens sont au nombre de 200. Ce qu’on n’a pas pu avoir avec la partie malienne dans un format réduit, on ne peut pas le faire dans un format où les gens sont au nombre de 200. Nous proposons de revenir le premier format du CCN, qui non seulement introduit des propositions sur ce que les Maliens doivent faire par rapport à la révision ; mais aussi, que le nombre de représentants de partis politiques soient limité à 25. Avec ça, on aura un vrai cadre de discussion et de concertation », a déploré Sidi Brahim Ould SIDATI, membre de la CMA.

Le représentant de l’ADP-Maliba, l’honorable, Amadou THIAM, semble abondé dans le même sens en soulignant la nécessité de trouver une synergie entre ce cadre de concertation et le Comité d’experts. Car, a-t-il reconnu, il y a des questions de modifications de la loi électorale qui ne trouvent leurs solutions qu’à travers une révision constitutionnelle.

Toutefois, il a tenu à saluer le climat qui a prévalu lors de cette session.

« Je crois qu’il y a une unanimité sur le fait qu’il faille aller vers un scrutin mixte. C’est-à-dire, introduire la proportionnelle. Je crois que notre démocratie a besoin que les nouveaux partis puissent pleinement jouer leur partition dans le débat démocratique. Cela sera permis à travers l’introduction de la proportionnelle au niveau des législatives et des autres élections à venir. Aussi, concernant la révision constitutionnelle, il est important de trouver une synergie entre ce cadre de concertation et le Comité d’experts. Pour qu’en parfaite harmonie, nous puissions traiter les différentes questions. Parce qu’il y a des questions qui ne trouvent leurs solutions qu’à travers une révision constitutionnelle. Les groupes armés qui sont là sont beaucoup plus préoccupés par les questions de révision constitutionnelle.

Aussi, il est important que pour l’organisation des élections que nous ayons un organe indépendant pour organiser les élections en république du Mali. C’est un débat qui mérite d’être fait. Parce que, nous savons que la CENI, dans le temps, était l’organe principal. Il y a eu des problèmes qui sont survenus, et il faut voir aujourd’hui dans le cadre d’un débat, le meilleur qu’il faut pour notre démocratie », a-t-il expliqué.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que, malgré le faux bond des regroupes signataires les, cette session a été une occasion pour les membres de la formation politique du CCN de plancher sur un certain nombre de points, dont l’un des plus importants est la modification de la loi électorale sur lequel les avis sont divergents.

Par Abdoulaye OUATTARA

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