Birama Touré: le procès se poursuit entre Karim Keïta et deux journalistes

Le procès en diffamation intenté contre deux journalistes maliens par Karim Keïta, fils du président malien Ibrahim Boubacar Keïta et député à l’Assemblée nationale, a repris ce mercredi 10 juillet à Bamako. Il leur reproche de l’avoir cité dans l’histoire de la disparition d’un journaliste malien depuis janvier 2016, Birama Touré.

 

L’audience a duré trois heures ce mercredi 10 juillet à Bamako, la capitale du Mali. Deux journalistes, Adama Dramé, directeur du journal Le Sphinx et Mamadou Diadié Sacko dit Saxe, directeur d’une radio privée, répondent à la plainte pour « diffamation » déposée par Karim Keïta suite à la disparition d’un journaliste disparu depuis janvier 2016, Birama Touré.

Une bataille de procédure

L’un des deux journalistes était absent lors de l’audience au tribunal de Bamako lorsque le président a invité à la barre les deux mis en cause. L’audience a essentiellement porté sur une bataille de procédure entre les avocats du plaignant et ceux de la défense.

Elle a commencé entre la dizaine d’avocats de la partie civile et ceux de la défense qui ont marqué les premiers points. Ils ont soulevé des exceptions : problème de signature non légalisée, absence de vignette de plaidoirie.

Un autre avocat de l’accusé, Me Ben Mamata Touré, a évoqué des faits prescrits. Me Kalifa Yaro de la partie civile, lui, a protesté dans une salle pleine à craqué pendant près de trois heures d’audience. La cour s’est finalement retirée et se prononcera la semaine prochaine sur les exceptions soulevées.

La rue se mêle au procès

Mais le procès s’est également poursuivi dans les rues adjacentes au tribunal malgré un dispositif de sécurité impressionnant. Dans une rue voisine, plusieurs centaines de jeunes ont apporté leur soutien aux journalistes poursuivis en brandissant des pancartes.

Un peu plus loin, un membre de la famille du journaliste porté disparu depuis janvier 2016 a réclamé justice. Et dans une autre rue, les partisans du plaignant, le député Karim Keïta, brandissaient ses portraits dans une ambiance surchauffée.

RFI

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