Bankass : Peur sur la ville !

La population de Bankass vit, actuellement, dans l’angoisse, une psychose diffuse et  la crainte que tout peur arriver. Chacun se méfie de l’autre, son voisin du quartier. Les gens ont peur de sortir de leur domicile à cause du conflit intercommunautaire, des assassinats ciblés et tout le cortège de malheurs qui va avec.

 

L’hivernage tire vers sa fin et la promesse d’une belle récolte est vraiment réelle. Cependant, en ce qui concerne la seconde activité  principale dans la zone, l’élevage, les troupeaux sont quasi absents dans les pâturages, au regard de la menace qui pèse sur les peulhs. Ceux-ci ont déjà quitté les zones afin d’aller s’installer loin des terres hostiles.

Un notable de la ville affirme : « On n’a plus envie de vivre à Bankass. Pour aller au champ, c’est un problème. On ne peut pas voyager. La ville est pratiquement vide, il n’y a pas d’activités. Beaucoup d’ONG sont parties, à cause du conflit intercommunautaire ». « Il est temps que l’État s’assume », lance-t-il.

Dans la ville de Bankass, le conflit entre Dogons et Peulhs a entrainé le départ de la ville de tout un quartier (Foutanké), exclusivement habité par des Peulhs. Cette frange de la population a été obligée de laisser tous ses biens derrière elle, pendant sa fuite. Rien n’appartient plus à ceux qui sont partis. Tout a été pillé. Ils se sont fait déposséder de leurs stocks de vivre, des meubles, jusqu’aux portes et fenêtres des maisons et bien d’autres objets matériels.

Ce quartier situé en plein cœur de la ville, et repère de la culture peulh à Bankass, est  aujourd’hui vide et voire désert. Au regard de cette insécurisé grandissante, la population a décidé de prendre en charge sa sécurité, en montant des groupes d’auto-défense de  jeunes dans chaque quartier, afin d’assurer la patrouille de nuit.

Selon un enseignant, à Bankass « nous vivons dans l’insécurité totale, les dozos ont le contrôle de la ville.  On ne sait pas qui est qui ? Les enseignants sont en train de quitter la zone, à cause du conflit, surtout les enseignants peuls.

Certaines ONG de la place ont suspendu leurs activités. Malgré la présence des Forces armées maliennes (FAMAs) et de la Mission multidimensionnelle et intégrée des Nations unies pour l astabilisation au Mali (MINUSMA), l’axe Bankass-Mopti reste presque fermé à cause des attaques et braquages. Les chasseurs (Dana Amassagou), ont installé plusieurs postes de contrôle afin de sécuriser les usagers et leurs biens.

« Nous sommes prêts à mourir tous pour sauver notre communauté », dit, plus radical, un dogon dozo de la localité.

AKG/MD

(AMAP)

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