Bamako : les communautés religieuses et les organisations de la société civile initient une médiation pour régler la crise politique

Les communautés religieuses du Mali et des organisations de la société civile, ont organisé le jeudi 11 juin dernier une rencontre au siège du Haut Conseil Islamique du Mali. Il s’agit pour celles-ci d’annoncer la mise en place d’une initiative visant à faire la médiation dans la crise politique qui secoue le pays en ce moment à la faveur du rassemblement du 5 juin dernier visant à faire partir le président de la République.

 

Des représentants du Haut Conseil islamique du Mali, présidé par Ousmane Madani Haïdara, la communauté catholique représentée par le Cardinal Jean Zerbo et l’Eglise protestante représentée par le Paster Tadé Diarra, ont pris part à cette rencontre. Ainsi, les participants ont insisté sur la nécessité de maintenir le président de la République dans ses fonctions actuelles et d’ouvrir la porte à des négociations pour un règlement consensuel de la crise politique.

Il convient de noter qu’une coalition politico-religieuse composée de la Coordination des mouvements, associations et sympathisants de l’Imam Mahamoud Dicko (CMAS) de « Espoir Mali Koura (EMK) » de l’ancien ministre Cheick Oumar Sissoko et Front pour la Sauvegarde de la Démocratie (FSD) conduite par l’ancien ministre Choguel Kokalla Maïga ont organisé un grand rassemblement, le vendredi 5 juin dernier pour appeler au départ du président de la République. Cette coalition regroupée au sein du Mouvement du 5 juin- Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP) a critiqué la détérioration des conditions sociales et sécuritaires du pays.

Pendant ce temps, les dirigeants des communautés religieuses et des organisations de la société civile présents à la rencontre d’hier ont appelé tous les acteurs à s’engager à rechercher des solutions durables pour sortir de la crise. Ils ont aussi condamné la détérioration de la situation sécuritaire dans le pays, la persistance de la crise scolaire, la médiocrité du système judiciaire et les problèmes de santé, aggravés par la propagation de la pandémie de Covid 19 ainsi que la mauvaise gestion des élections législatives.

Plus tôt, des manifestations ont éclaté à travers le pays dénonçant les résultats des élections législatives qualifiées de « frauduleuses » ayant conduit à la mort de manifestants et des blessés. Certains observateurs voient que la manifestation du 5 juin est une extension de ces mouvements condamnant les résultats des élections faisant craindre le retour de la violence.

Les participants ont indiqué qu’ils organiseront une série de réunions et de négociations avec les plus hautes autorités du pays et avec les principaux acteurs afin de rechercher des solutions définitives pour sortir de la crise, soulignant que leur rôle en tant que religieux leur impose le travail de médiation pour rapprocher les visions.

Ainsi, le président du Haut Conseil Islamique du Mali, Ousmane Chérif Madani Haïdara a souligné l’importance de la retenue et d’un esprit de citoyenneté, appelant en même temps les autorités à ouvrir les portes et à écouter les demandes des manifestants, dans une période critique que traverse le pays.

Il convient de noter que la médiation sociale que les religieux et les dirigeants de la société civile mènent toujours à des résultats susceptibles d’aboutir à la paix et à une solution pacifique. Toutefois, leur tâche ne sera pas du tout facile pour atténuer les demandes de démission du Président et de toutes les institutions de la République.

KIBARU

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