Amadou Sanogo « À fleur de peau »

À 42 ans, l’artiste plasticien Amadou Sanogo n’est plus à présenter. Le trait de pinceau du natif du royaume bambara du Mali a conquis sa terre natale et traversé l’Afrique pour voyager à travers le monde de l’art plastique.

 

Il n’est donc pas rare de voir ses expositions dans des métropoles comme Marrakech, Paris, Londres ou New York. La plus récente, « À fleur de peau », ouverte au grand public dans la capitale malienne, se tient à Bamako Art Gallery depuis le 21 septembre 2019. C’est une exposition audacieuse, riche en énigmes d’Afrique et du monde, devant laquelle le spectateur crée un dialogue intimiste non avec l’artiste, mais avec l’œuvre, qui soulève dans son esprit nombre de questionnements : philosophique, sociétal, culturel, pour décrire le système de fermeture sociale ou des questions à l’origine du développement humain.

L’artiste de la galerie Magnin – A de Paris et de la galerie Christine de Londres pratique en acrylique sur toile, mais préfère désigner cette technique comme « peinture sur tissu ». Dans sa démarche artistique, il s’adapte aux produits locaux notamment en ce qui concerne le choix de sa palette de couleurs. Manière pour Amadou Sanogo d’exprimer une certaine liberté dans la matérialisation de son art, qu’il situe entre l’abstrait et le figuratif. Ses travaux tirent leur sève nourricière du monde qui l’entoure et des critiques de ses œuvres.

L’héritier de Ségou la belle, au paysage luxuriant, traversée par le fleuve Niger, se dresse au devant de sa terre, le regard hagard fixé vers l’avenir, avec sa plume acrylique, pour raconter l’histoire de son Maliba natal, des traditions de chez lui et des difficultés actuelles, qui noircissent parfois le quotidien d’un brouillard qui obstrue la vue vers le futur, vers l’espérance.

À travers les quatorze œuvres exposées pour marquer son retour dans les galeries nationales, pour montrer le progrès, la métamorphose dans la maîtrise du pinceau,  l’enfant de Ségou peint sa présence après presque six ans sans exposition au Mali. À travers les proverbes bambaras, point d’ancrage des travaux de l’artiste, dans leur questionnement philosophique sans limite, Amadou Sanogo tire une sonnette d’alarme : « tenez compte du lien social, car tout est fait pour briser les liens entre les individus. On ne cesse de nous monter les uns contre les autres au profit d’une minorité. Mais qui est cette minorité ? Où est-elle ? ». C’est donc l’ensemble de ces questionnements qui a donné naissance à l’exposition « À fleur de peau » qui se poursuit jusqu’au 20 octobre 2019 à Bamako.

Idelette BISSUU

Journal du mali

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