16 jours d’activisme contre VBG: la CECI lance d’importantes activités

Le Centre canadien d’étude et de coopération internationale (CECI MALI) a lancé hier mercredi ses activités des ‘’16 jours d’activisme contre les violences basées sur le genre’’, dans les locaux de son siège à Badalabougou. La principale activité de la présente édition sera une caravane de sensibilisation dans les 6 communes de Bamako. La cérémonie de lancement était présidée par Mme BERTHE Awa DIAKITE, chargée de mission du ministère de la Promotion de la femme, de l’enfant et de la famille, en, présence des autorités locales de la commune V.

 

‘’Investissons dans la lutte contre les VBG pour une participation inclusive au développement’’, tel est le thème national de cette campagne qui sera riche en activités organisées par les organisations de défense des droits des femmes. Des émissions dans les différentes radios et chaînes de télé de la place, des conférences débats, voilà entre autres activités qui seront menées en marge de la caravane de sensibilisation. Cette annonce a été faite par Mme DIARRA Kadiadiatou DIAKITE, représentante des partenaires du Programme Voix et leadership des femmes (Vif-Musoya). «Pour cette année 2020, en vue d’attirer l’attention des populations, en général, des hommes et des décideurs communautaires, en particulier, sur les conséquences des VBG, de sensibiliser les décideurs sur l’importance d’honorer leurs engagements en matière de protection des droits des femmes et des filles et la nécessité d’adopter une loi contre les VBG au Mali, nous nous sommes engagées pour cette caravane de sensibilisation. Ainsi, les 25 organisations féminines et leurs réseaux, alliances et plateformes de défense des droits des femmes et des filles partenaire de (Vif-Mussoya) entendent intensifier les communications autour des enjeux des VBG et leur impact sur la femme », a-t-elle expliqué.
La représentante de la Directrice-Pays du CECI-Mali, Mme Maïmouna Dionkounda DEMBELE a, quant à elle, expliqué le contexte de cette journée et mis un accent particulier sur la sensibilisation. « La campagne des 16 jours d’activisme contre la violence basée sur le genre est un événement international qui démarre le 25 novembre, date de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, et se termine le 10 décembre, qui marque la Journée des droits de l’homme. Son rôle est stratégique et permet à des particuliers et à des organisations du monde entier qui appellent à la prévention et à l’élimination de la violence faite aux femmes et aux filles de s’organiser », a-t-elle expliqué.
Maïmouna Dioincounda DEMBELE déplore l’ampleur de ce fléau dans notre pays révélé par les résultats des enquêtes démographiques et de la santé V qui relèvent que 38% des femmes ont subi des violences physiques et que plus de 13% des femmes de 15 à 49 ans ont été déclarées avoir été victimes de violences sexuelles à n’importe quel moment de leur vie.
Elle a par ailleurs signalé le mauvais impact à la Covid-19 sur les femmes. «Cette année 2020 a été relativement éprouvante pour les filles et femmes. La crise sanitaire liée à la Covid-19 a conduit à une restriction des activités économiques et une réduction de la mobilité. Cet état de fait pourrait affecter plus les femmes et les filles en raison de leur rôle, car présentes dans le secteur informel », a-t-elle diagnostiqué.
Mme BERTHE du Ministère de la Promotion de la femme, de l’enfant et de la famille a indiqué que les 16 jours d’activisme pour l’élimination des violences faites aux femmes et aux filles constituent une occasion pour évaluer les avancées enregistrées et les actions à réaliser pour l’égalité de genre et où les femmes et les filles seront à l’abri de la violence. Cette année 2020, le thème international est ‘’Orangez le monde : Financer, répondre, prévenir, collecter’’ est choisi pour mettre en lumière les énormes défis persistant en termes de financement, de réponse, de prévention et de collecte en matière de violence faite aux femmes et aux filles. « Pour consolider les acquis, renforcer la résilience et préserver l’avenir des générations futures, le Mali a placé la commémoration de ces 16 jours d’activisme, sous le thème : ‘’Investissons dans la lutte contre les VBG pour une participation inclusive au développement’’». Selon elle, en dépit des énormes efforts et résultats louables obtenus, le nombre de cas de violences basées sur le genre (VBG) rapportés est passé de 2 021 cas, de janvier à juillet 2019, à 2 981 cas, de janvier à juillet 2020 ; soit une augmentation de 47%. Elle déplore ainsi que ces données révèlent que 99% des personnes touchées sont des femmes et 36% des VBG sont des violences sexuelles. « Selon le Système de Gestion des Informations sur les VBG (GBVIMS), l’année dernière, 4 617 incidents été enregistrés, dont 97% des survivant(e)s étaient des femmes et 45% des filles de moins de 18 ans », a-t-elle dit.
Elle se réjouit malgré tout des efforts de l’Etat pour protéger les femmes et les filles contre les VBG à travers « la création du Programme National pour l’abandon des VGB ; le renforcement des capacités des acteurs de la justice, des animateurs radios et artistes, des enfants membres du bureau régional du parlement des enfants, des comités communaux, jeunes, leaders religieux, des communicateurs traditionnels autres leaders communautaires sur les VBG, les techniques d’écoutes, de plaidoyer. «Il faut aussi noter la promotion de l’Information et la sensibilisation des élèves, femmes leaders, enseignants, élèves maîtres, responsables scolaires, hommes, femmes, filles, leaders communautaires, responsables de services techniques et ONG les VBG dans toutes ses formes, les services de prises en charge et l’existence d’un numéro vert, sur les thèmes excision et mariage d’enfants, sur la violence sexuelle au Mali par le Ministère de la Promotion de la Femme de l’Enfant de la Famille et ses partenaires techniques et financiers à travers des Tables rondes, les conférences de presse/débat, de Panel, témoignages, des campagnes, de sensibilisation de masse, des sketches, des projections de films, des émissions radio, télé, des cinémas numériques, des panneaux numériques », a-t-elle cité tout en réitérant la détermination de son Département à accompagner toute œuvre qui lutte contre les violences faites aux femmes.

PAR CHRISTELLE KONE

Source : INFO-MATIN

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