Simulation des soins obstétricaux : L’ONG « TERRE DES HOMMES » ÉLARGIT SON PROJET À TOUTE LA RÉGION DE SÉGOU

L’extension du projet « SIMSONE » (Simulation des soins obstétricaux, néonataux essentiels » initié par l’ONG « Terre des Hommes » est désormais chose faite dans la région de Ségou. Les autorités de la région avaient souhaité, au regard des résultats de la phase pilote dans le district sanitaire de Macina (réalisé entre octobre 2016 à septembre 2017) par Swiss TPH (Tropical Public Health), son extension à tous les districts sanitaires de la 4è région. Le lancement de cet important projet a eu lieu mercredi dernier, sous la présidence du directeur de cabinet du gouverneur de Ségou, Siné Dembélé. C’était en présence du coordinateur de zone de la région de Ségou de Terre des Hommes (TDH), Hamidou Traoré et l’ensemble des préfets des cercles de la région, les présidents du conseil de cercle, ainsi que des acteurs de la santé.


Le projet « SIMSONE », s’il faut le rappeler est parti du constat du fort taux de mortalité maternelle et néonatale dans notre pays. En effet, avec un ratio de mortalité maternelle de 368 décès pour 100 000 naissances vivantes et 34 décès pour 1000 naissances vivantes (EDS V, Mali, 2012-2013), le Mali compte parmi les nations au monde les plus à risque pour la santé de la mère et du nouveau-né.
Il a été établi, selon une étude de l’OMS (Global causes of maternal death, A WHO systematic analysis, May 05, 2014) que c’est à la naissance que les mères et leurs bébés paient le plus lourd tribut à cause des soins de qualité insuffisante. Les causes des décès survenants à la naissance sont pourtant parfaitement connues et évitables nécessitant des interventions simples et peu coûteuses. C’est donc à juste raison que notre pays a fait du renforcement de la disponibilité et de la qualité des soins obstétricaux et néonataux essentiels (SIMSONE) une des stratégies clés fondée sur des études réalisées dans le cadre de la lutte contre la mortalité materno-infantile. Les SIMSONE incluent en outre les soins obstétricaux et néonataux d’urgence (SONU). La mise en œuvre de ces interventions essentielles est susceptible d’avoir un très grand impact sur la survie des mères et des nouveau-nés. Elle est cependant tributaire de la qualité de la formation des soignants appelés à intervenir à la naissance. Ce constat est soutenu par les résultats de l’évaluation du projet « SIMSONE » dans le district sanitaire de Macina. L’extension dudit projet à tous les districts sanitaires de la région de Ségou est donc un soulagement pour l’ensemble des acteurs intervenant dans ce domaine.
Pour le patron de TDH, zone de Ségou, il s’agira à travers ce projet de contribuer à la réduction de la morbidité et de la mortalité maternelle et néonatale dans les 8 districts sanitaires de la région de Ségou. Cela, en améliorant la qualité et l’utilisation des soins obstétricaux et néonataux essentiels (SIMSONE). Hamidou Traoré s’est réjoui des résultats de la phase pilote dudit projet à Macina. Il y a de quoi, car l’efficacité de cette approche de formation a été reconnue et cela a valu son extension dans le district sanitaire de Markala en 2018 et l’obtention par TDH du « prix Balzan 2018 pour l’humanité, la paix et la fraternité entre les peuples » d’une valeur de 1 million de franc suisse. Ce prix, dit-il, permettra la mise à échelle du projet « SIMSONE » sur toute la région de Ségou. C’est donc un directeur de cabinet du gouverneur heureux qui a pris la parole. Il a estimé que ledit projet tient une part importante dans l’amélioration de la qualité des soins dans les centres de santé et par ricochet une contribution à la réduction des décès maternels et néonataux. En effet, la phase pilote a permis de former les agents de santé de 21 structures de santé du district de Macina sur plusieurs thématiques de sauvetage de vie de la maman et du nouveau-né. Il s’agit, entre autres, de la réanimation du nouveau-né, la prévention et la gestion de l’hémorragie du post partum et les soins mère Kangourou. C’est pourquoi, Siné Dembélé espère compter sur l’engagement de chacun pour faire des contributions, proposer des stratégies afin de recadrer et d’améliorer les futures interventions. « Nous comptons sur vous pour porter plus loin les meilleures expériences de ce projet innovant », a conclu le directeur du cabinet du gouverneur de Ségou.
Mariam A. TRAORÉ
AMAP-Ségou

LA MIGRATION PRÉCOCE DES ENFANTS EN DÉBATS

Un forum sur la prévention de la migration précoce des enfants a été tenu la semaine dernière dans la Commune rurale de Saminé, cercle de Ségou. La rencontre a été initiée par Enda-Mali sous le leadership de la direction régionale de la promotion de la femme, de l’enfant et de la famille de Ségou. Elle a mobilisé les autorités administratives, politiques et notabilités de la Commune de Saminé. Il n’est un secret pour personne que notre pays reste un espace de mobilité, de brassage et d’intégration. Ce qui fait de cette terre, un espace de forte tradition migratoire. Cependant de plus en plus une forte mobilité des enfants de village vers les centres urbains à la recherche d’un mieux être est constatée. Cette situation engendre très souvent des problèmes de protection.
C’est dans le souci de trouver une solution à ce problème de protection des enfants en situation de mobilité qu’Enda a obtenu un financement de la Caritas Allemagne pour assurer la mise en œuvre des activités de prévention de la migration précoce des enfants dans notre pays. L’organisation du forum d’échanges entre les communautés sur le sujet rentre donc dans ce cadre.
Il s’agit, à travers cette démarche selon Siaka Koné chargé audit projet à Enda, de contribuer à lutter contre la migration précoce des enfants de moins de 14 ans de la Commune de Saminé par la scolarisation. A cet effet, l’organisation compte à travers des activités informer et échanger avec les communautés sur la prévention de la migration précoce des enfants. Il est aussi question d’amener les autorités communales et traditionnelles à s’engager dans la lutte contre le phénomène, objet du forum. Siaka Koné a plaidé pour un élan humanitaire et solidaire autour des enfants pour mieux prévenir la migration précoce des enfants.
Mahamadou Bagayoko, de la direction régionale de la promotion de la femme, de l’enfant et de la famille de Ségou a salué l’initiative de ce forum. Le problème de migration des enfants de bas âge, selon lui, est d’actualité et urge qu’une solution soit trouvée. Il a exhorté les uns et les autres à la réflexion pour prévenir l’immigration précoce des enfants.
Le forum a donc permis d’accroître la connaissance des participants sur le phénomène de la migration précoce des enfants. Ce n’est pas tout, les autorités administratives, politiques et les chefs des 7 villages de Saminé ont pris l’engagement de soutenir la lutte contre le phénomène à travers l’inscription et le maintien des enfants dans le système éducatif.
A l’issue du forum, des recommandations ont été formulées. Il s’agit, entre autres, d’encourager des rencontres de ce genre. Une conférence- débats est aussi souhaitée sur la problématique avec les médias, les responsables municipaux, les leaders et notabilités villageois.

M. A. T.
AMAP-Ségou

Source: L’ Essor

Suivez-nous sur Facebook sur