On en parle : Gratuité des soins de santé primaire : la charrue avant les bœufs ?

L’Etat malien rend désormais gratuit la planification familiale, les dialyses, les premiers soins en cas d’urgence dans toutes les structures sanitaires. L’annonce a été faite en milieu de matinée de lundi 25 février 2019 par le président de la République, Ibrahim Boubacar Keita, à la faveur de l’ouverture solennelle de l’atelier de haut niveau sur la réforme du système de santé au Mali, qui se déroule au CICB. Ce qui constitue en soi une bonne chose.

Toutefois, beaucoup de personnes s’interrogent sur l’applicabilité d’une telle décision, surtout quand on connaît l’état de nos structures sanitaires. Elles ressemblent à de véritables mouroirs. Ce sont des centres de santé qui manquent de tout : insuffisance criarde de personnel et mal motivé, salaire misérable, plateaux techniques inadéquats et bien d’autres problèmes.

Aussi, les Maliens ne demandent-ils pas nécessairement la gratuité. Ils demandent des soins de qualité dans des hôpitaux dignes de ce nom. Rien qu’à voir le nombre des hôpitaux les plus «chers» pour s’en rendre compte.

Il serait alors intéressant que le gouvernement remédie à ses problèmes avant de prendre toute autre décision. Par cette mesure qui s’apparente à un effet d’annonce que toute autre chose, l’Etat met la population sur le dos des professionnels de la santé.

Abdrahamane Sissoko

Le Wagadu

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