La grossesse extra-utérine : Consulter tôt pour l’éviter

La grossesse extra-utérine est une maladie très grave. Elle est même classée au rang de première cause de décès chez les femmes enceintes, notamment au premier trimestre de la grossesse, c’est-à-dire du début de la grossesse jusqu’à 3 mois et demi. Les spécialistes expliquent clairement qu’on peut prévenir la maladie par la prise en compte des facteurs de risque.


C’est une pathologie qui affecte uniquement la gent féminine, notamment les femmes en état de grossesse.
On parle de grossesse extra-utérine lorsque celle-ci évolue en dehors de l’utérus. Autrement dit, quand la grossesse se situe au côté de l’utérus et généralement dans une trompe.
D’après le Pr Youssouf Traoré, gynéco-obstétricien au CHU Gabriel Touré, la pathologie est liée à une infection qui va attaquer les trompes de la femme et entraîner une grossesse extra-utérine. La maladie se manifeste sous plusieurs formes à savoir : des retards de menstrues (les règles), des douleurs au niveau du bas ventre et le saignement. « Ce sont les signes les plus importants de cette pathologie chez la femme », précise-t-il, avant d’ajouter qu’il peut y avoir d’autres signes de la grossesse comme les nausées et les vomissements.
À partir de ces signes, le praticien explique que la femme doit consulter un spécialiste, un gynécologue naturellement. Et c’est en ce moment que ce dernier va établir son diagnostic et procéder à une prise en charge.
Par contre, le gynécologue explique que si la grossesse extra-utérine est compliquée, et que la grossesse se rompt dans le ventre et que la femme saigne dans le ventre, elle peut tomber dans le coma. La femme enceinte peut aussi avoir une anémie, les conjonctives deviennent pâles contrairement aux habitudes, elle peut réclamer de l’eau à boire. Dans ce cas, il précise que si une prise en charge rapide n’est pas effectuée, la femme peut périr. Ce qui signifie qu’une grossesse extra-utérine non prise en charge peut rapidement conduire au décès.
Selon le spécialiste, toute femme en période d’activité génitale et qui peut tomber enceinte est susceptible d’être affectée par cette maladie. « Dès lors que la femme peut voir les règles et qu’il y a les facteurs qui peuvent entraîner une grossesse extra-utérine, elle peut en faire», argumente-t-il.
À en croire le gynéco-obstétricien, c’est une pathologie qui peut subvenir à tout moment chez la femme. La grossesse extra-utérine peut survenir chez les primipares comme après les premières maternités. En termes clairs, il n’y a pas un moment spécifique pour avoir une grossesse extra-utérine.
Concernant la fréquence de la pathologie, Pr Traoré dit que c’est généralement autour de 1 à 2%. Elle peut se présenter de plusieurs façons : une grossesse extra-utérine qui n’est pas rompue c’est-à-dire, la grossesse va se situer dans la trompe, mais la trompe n’est pas rompue, dans ce cas la femme ne va pas avoir de pâleur, ni être choquée en outre. Elle aura les autres signes tels que les maux de ventre, le retard dans la survenue des menstrues et le saignement.
Dans une autre situation, la grossesse extra-utérine peut être rompue. C’est-à-dire que la grossesse qui est dans la trompe va continuer d’évoluer et du coup, la trompe va s’éclater. Cet éclatement va entraîner une présence de sang dans l’abdomen et peut aller jusqu’à 2 litres et demi dans le ventre.
Le toubib rajoute que la grossesse extra-utérine peut rechuter même après le traitement. C’est ce qu’on appelle les formes récidivantes, notamment au niveau de l’autre trompe.
Toujours selon le spécialiste, si une trompe est infectée, elle peut atteindre l’autre trompe et qui sera à son tour le siège de la grossesse extra-utérine. Quant à la prise en charge, elle s’effectue sous plusieurs formes. Dès lors que la femme est enceinte et que la grossesse soit normale ou pas, elle doit consulter un agent de santé qui, après des examens, établira un diagnostic.
Dans la grossesse extra-utérine, deux sortes de traitement sont envisageables. Si elle n’est pas rompue, on peut essayer de garder la trompe en faisant un traitement conservateur comme par célioscopie. Et si la trompe est rompue, généralement, il faudra l’enlever. Si la femme perd beaucoup de sang, obligatoirement il faudra l’opérer et lui faire une transfusion avant d’enlever la trompe et faire le reste du traitement avec des antibiotiques.
Pour prévenir cette maladie, le Pr Youssouf Traoré souligne qu’il existe des moyens qui permettent d’éviter qu’une grossesse extra-utérine survienne. Il faut donc s’attaquer aux facteurs de risque. Le principal facteur de risque est l’infection de la trompe qui commence par l’infection de l’appareil génital féminin et du col.
Fatoumata NAPHO

Source : Journal l’Essor-Mali

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