TROIS QUESTIONS A NOUHOUM TOGO : « Nous n’accepterons plus que la Cour Constitutionnelle nous fasse le troisième tour en faisant passer quelqu’un »

Pour l’élection présidentielle du 29 juillet prochain, le Chef de Cabinet du chef de file de l’opposition politique, Nouhoum Togo lance un avertissement interpellateur à la Cour Constitutionnelle du Mali : « Nous n’accepterons plus que la Cour Constitutionnelle nous fasse le troisième tour en faisant passer quelqu’un ».

www.icimali.com : Pourquoi une autre marche le 8 juin dernier après celle du 2 juin2018, matraquée, monsieur ?

Nouhoum Togo: Cette marche pour demander une organisation des élections transparentes et crédibles, parce que nous avons un peu plus peur. En exemple, pour l’élection d’un député dans un petit village appelé Tessite à Ansongo, le nombre d’électeurs n’a pas dépassé 300, mais finalement nous avons constaté après les élections que les urnes sont bourrées, et on s’est retrouvé avec 6000 personnes. La Cour Constitutionnelle a, après la vérification de la CENI et tout, accepté d’accorder la voix à un candidat qui est aujourd’hui député à l’Assemblée National. Compte tenu de tout cela, nous réclamons une élection libre et transparente. Et que ceux qui perdent l’acceptent. Nous n’accepterons plus que la Cour Constitutionnelle nous fasse le troisième tour en faisant passer quelqu’un, en faisant annuler les bulletins de vote, sans dire pourquoi elle annule. C’est ça le combat.

C’est une marche où nous demandons aussi que l’ORTM soit libre. Le Président invite l’ORTM chez lui, il prend 15minutes pour intervenir, ces quinze minutes sont interprétées en cinq langues nationales. Ce qui vaut à peu près quarante-cinq ou cinquante minutes. Or il n’est pas Président de la République s’il se présente comme candidat. Alors, il faut l’égalité. Le droit est très clair, il faut que l’ORTM diffuse quinze minutes pour chaque candidat pour qu’il y ait égalité.

Monsieur Nouhoum Togo, une marche réprimée hier, acceptée aujourd’hui. Qu’en dites-vous ?

Cela veut dire tout simplement que le Gouvernement a été décapité. Le Gouvernement n’a pas été responsable. La loi qui nous autorise à marcher a été votée au moment où IBK était président de l’Assemblée Nationale. Et il le sait très bien, que les marches ne sont pas soumises à l’autorisation, mais à l’information. Donc ils veulent forcement agresser les gens parce qu’ils sont sûrs d’une chose: un plan machiavélique, qui va leur permettre après les élections de nous mater si nous disons que ne sommes pas d’accord. Mais nous refusons cela, ils savent que nous sommes têtus, et nous nous battrons.

Quand nous avons commencé le combat, il n’était pas au Mali. Nous n’allons pas accepter que les gens continuent à nous menacer. Le Premier Ministre le sait très bien, il était avec nous en 1991, nous n’allons pas accepter des chantages.

Est-ce que la MINUSMA a joué un grand rôle pour que cette marche ait lieu ?

Elle a joué son rôle. Avec la Majorité, l’Opposition, elles sont obligées de dire la vérité, que le Gouvernement n’a pas raison, donc de nous laisser marcher. C’e qu’ils ont accepté finalement. Ils se sont discrédités aux yeux de tout le monde et de la communauté internationale. Boubèye a été imposé par la Communauté internationale, aujourd’hui il s’est fait discréditer.

Mariam KONE

Icimali

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