Soumaïla Cissé sacrifié sur l’autel de la partition du mali? « Bring back our Soumi champion »

Le fameux slogan de Michèle Obama pour réclamer le retour des jeunes filles enlevées par Boko Haram dans leur lycée est désormais de mise au Mali. Au-delà de toutes les considérations de chapelles politiciennes, le peuple entier est écœuré par le rapt du chef de file de l’opposition. 

 

C’est pourtant plus de 72 heures après le kidnapping de l’honorable Soumaïla Cissé entre Saraféré et Koumayira, dans la circonscription électorale de Niafunké où il était en campagne, qu’Ibrahim Boubacar Keïta s’est résolu de mettre en place une cellule de crise chargée de travailler à la libération de son ancien ministre devenu son challenger. Cette structure est présidée par un autre ancien Premier ministre, Ousmane Issoufi Maïga. Mais les Maliens, qui ne peuvent plus être dupes de la bonne foi d’IBK, pensent que c’est une tromperie d’État et que Ousmane Issoufi Maïga et ses camarades mis à la tâche ne bénéficieront d’aucune attention particulière du président de la République. Ce dernier, qui avait fait une adresse à la nation après quasiment cinq heures de l’enlèvement criminel du chef de file de l’opposition malienne, n’avait même pas daigné en toucher un mot, pas la moindre expression de compassion. Dr. Choguel K. Maïga et Me Mountaga Tall ont vite fustigé cette révoltante indélicatesse du président, aux plans politique et moral.  Et ce mépris inhumain du chef de l’État, comportement qui a d’ailleurs sidéré l’opinion publique nationale et internationale puisque personne n’a trouvé encore une justification légitime à ce désintérêt au haut sommet de l’État. D’où les nombreuses suspicions qui ne manquent pas de bon sens. IBK, qui ne s’est toujours pas adressé à la nation pour évoquer le drame, n’a finalement mis en place la cellule Ousmane Issoufi Maïga que 72 heures plus tard. Pour quoi faire? Se demandent les gens qui pensent qu’IBK et ses alliés sont les auteurs du rapt. Pour les uns et les autres, c’est en tout cas, tout simplement, et encore, du cynisme d’État. Ponce Pilate n’aurait pas agi autrement, pas plus que Mobutu Séssé Séko qui proclama Héros national Patrice Lumumba, après avoir causé sa perte dans des circonstances dramatiques. En tout cas, l’opinion la plus répandue aujourd’hui est que Soumaïla Cissé a été ni plus ni moins sacrifié sur l’autel de la partition programmée du Mali. À la faveur de l’Accord politique du 05 mai, IBK avait réussi déjà à le fragiliser en pêchant Tiébilé Dramé, son directeur de cabinet et directeur de campagne. La rivalité politique a depuis tourné à la bestialité, aucun coup ne surprendra les Maliens. Beaucoup pensent donc qu’avec le rapt de Soumi Champion, qui risque de demeurer longtemps en captivité, c’est le boulevard ouvert désormais pour un futur référendum constitutionnel, lequel créera les conditions nécessaires à la partition du pays. Désormais, certains médias révèlent que la sécurité d’État aurait joué un rôle prépondérant dans le kidnapping de Soumaïla Cissé. En informant les assaillants de son itinéraire et de la composition de sa délégation, et en le faisant capturer par des hommes masqués, pour le refiler ensuite à la Katiba Macina. Les réflexions continuent. Parmi celles-ci, l’opinion exprimée à l’attention de tous par un jeune leader politique en pleine ascension est d’un intérêt capital. En effet, dans une sorte de lettre ouverte aux Maliens qu’il a intitulée « ENLÈVEMENT DE SOUMAÏLA CISSÉ : CE QUE J’EN PENSE », Nouhoum Sarr, président du F.A D. (Parti Africain pour le Développement), apporte des éclairages qui méritent qu’on s’y attarde. Il commence par souligner la place singulière de Soumaïla Cissé, deuxième personnalité politique du Mali, principal challenger de l’actuel chef de l’État. Et de relever les jalousies plausibles, car le fait que Soumaïla « se rende dans une zone infestée de groupes armés terroristes, sans aucun problème de sécurité, est une prouesse qui dérangerait probablement certains dans la haute sphère de l’État. » En plus, souligne Nouhoum Sarr, Soumaïla est un homme averti, très intelligent, il a donc pris toutes les dispositions pour sa sécurité… Continuant son analyse du fameux rapt, le jeune Président du F.A.D., qui comprend et parle parfaitement la langue peulhe, dit que la revendication à travers un audio lui semble être un grotesque montage. La personne qui s’est fendue du message lui semble faire, en plus, tout bonnement une récitation de ce qu’on lui a fait dire. Quant à la transcription en français, elle paraît, aux yeux de Nouhoum Sarr, très professionnelle. Pour ce qui est des profils ayant relayé l’affaire dans les premières heures, ils ressemblent fort bien à de faux profils sur Facebook. Et de tirer une conclusion : « Selon certaines sources, la Katiba de Kouffa ne semble pas être dans le coup ». Nouhoum Sarr révèle qu’après le communiqué de l’URD indiquant la disparition de son président et de ses compagnons, il a personnellement appelé Soumaïla Cissé, de 20h30 à 22h, soit pendant 1h30, et cela 5 heures après le rapt; ce que n’a pas fait IBK, détail important. Durant tout le temps que Sarr appelait Soumaïla, le téléphone de ce dernier sonnait. Conclusion de Sarr : « Certains services au Mali disposent de moyens techniques capables de localiser un téléphone, pourvu qu’il soit allumé et disposant d’une puce téléphonique. Pourquoi n’a-t-on pas localisé le téléphone de Soumaïla Cissé ? » Le Président du F.A.D. note son dernier point : « L’article du journal Le Sphinx vient confirmer mes soupçons qu’il s’agit bien d’une opération montée par un commando spécial à la solde d’une puissance étrangère autre que les groupes terroristes. Cette barbarie confirme que notre pays est rentré dans une zone de totales turbulences et les conséquences seront dramatiques pour le Mali. « Comprenne qui veut. Le cynisme d’État, qui veut brader partie de notre territoire national, va jusqu’à sacrifier les fils du pays. Ramenez-nous notre Soumi Champion. Le reste appartient à Dieu.

Bogodana Isidore Théra

LE COMBAT

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