Sans Tabou: le régime s’enlise dans le bourbier routier

A la première saute d’humeur de l’Association Sirako de Kati, des jeunes de Kayes et de Koulikoro, le Premier ministre Boubou CISSE, contre toute attente, a personnellement reçu ces organisations à la Primature. Mieux, il fera le voyage par la route en parcourant ‘’13 000 km’’ pour aller donner satisfaction aux populations, aux usagers de route Kati-Didiéni-Dièma. Alors que le torchon brûle de l’autre côté de la colline pour les mêmes raisons, le même PM brille par son silence et son absence.

C’est un sale temps pour le gouvernement Boubou CISSE qui fait désormais face à la colère des usagers des différents axes routiers à Bamako, Gao, Mopti, Tombouctou, Taoudéni… Boubou qui a vaillamment fait face à la colère des jeunes de la région de Kayes semble faire la sourde oreille aux mêmes revendications des ressortissants d’autres localités du pays. En tout cas, la jeunesse de Tombouctou initiatrice de plusieurs actions de blocus, depuis la semaine dernière, n’en pense pas moins. Elle qui exige de parler avec le PM, depuis la semaine dernière, décide de passer à la vitesse supérieure, dès ce lundi, si ses préoccupations n’étaient pas prises en compte. Ces jeunes appellent à la désobéissance civile en bloquant le bateau, le seul moyen jusque-là sûr de liaison avec l’extérieur ; en appelant à l’arrêt de tous les services sociaux de base, jusqu’à nouvel ordre.
Au cœur des doléances de la « collectif Tombouctou réclame ses droits » une réponse claire et nette concernant la route Leré-Tombouctou : la date de la reprise des travaux ; la construction de la route Tombouctou-Kabara-Koriome qui devrait s’arrêter à l’aéroport sous financement de la Minusma et la sécurisation des populations et de leurs biens.
Il nous revient que le ministre Tiebilé DRAME a engagé des échanges, au nom du Premier ministre Boubou CISSE, avec les responsables du « collectif Tombouctou réclame ses droits » pour éviter une paralysie de la ville des 333 Saints.
Pour rappel, des ressortissants de Tombouctou, à la suite des actions de Goundam, Tonka et Niafunke, ont tenu une assemblée générale pour soutenir le combat pour leur région et envisager des actions si l’État continuait sa politique de mépris. Dans la cité des 333 Saints, les imams, les commerçants et toutes les couches semblent adhérer aux actions de leurs enfants, nous dit-on.
En colère pour la reprise des travaux de la route Tombouctou-Léré, la jeunesse de Tombouctou qui avait aussi bloqué les accès de l’aéroport, engagée depuis une semaine pour ses droits, bénéficie désormais du soutien et de la Baraka des imams. Ainsi, l’on estime que le vice-président du HCI de la région, Alphadi WANGARAa et l’imam de la mosquée de Sidi Yahia soutiennent, depuis ce vendredi, les jeunes. Les femmes et une grande partie de la société civile sont aussi à leurs côtés, à cause du silence injustifié des autorités du pays.
Si des voix s’élèvent déjà pour qualifier de chantage la démarche de Tombouctou auquel le pouvoir ne devrait pas céder, des détracteurs répondent que l’État du Mali a cédé plusieurs fois à des chantages des groupes armés. En tout cas, le peuple semble avoir compris ce gouvernement ne comprend que le langage de la force. Les populations ne semblent plus dans la logique de relâcher puisqu’en plus de Gao, Tombouctou, selon des posts sur les réseaux sociaux, Bougouni menace de couper la RN7, le lundi 16 septembre, pour réclamer l’arrivée de son gouverneur et le bitumage de la route Bougouni-Manakro.

Par Sidi DAO

Source: info-matin.

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