‘’Sans Détour’’/Nouveau gouvernement : les raisons d’un possible maintien de Boubou

Après la tenue du second tour des élections législatives, une nouvelle équipe gouvernementale pourra être incessamment mise en place. C’est un renouvellement qui ne doit généralement surprendre personne. D’autant plus que l’une des missions principales de l’actuelle équipe était essentiellement axée sur l’organisation du dialogue national inclusif (DNI) et des élections législatives. D’ailleurs, c’est l’une des raisons qui ont fait que le Premier ministre, Boubou Cissé, de sa  nomination à nos jours, soit après un an à la Primature, n’a pas, à présent, fait sa Déclaration de Politique Générale (DPG).

 

Si le tout-puissant Premier ministre, ministre de l’Economie des Finances, Dr Boubou Cissé, semble ne pas trop s’inquiéter, il n’en est évidemment pas de même pour la plupart de ses ministres. Déjà dans les halls de certains départements, les choses ne sont plus comme avant.  Car, avec IBK, rien n’est gagné d’avance et la surprise a été toujours son point fort.

Ce qui est sûr, c’est qu’il y a bien des raisons pour maintenir Boubou Cissé à la tête de ce nouveau gouvernement, quoi qu’on dise.

La première :Boubou semble être l’un des Premiers ministres capables de manager ces leaders religieux qui ont toujours coupé le sommeil à IBK. Il s’agit de l’Imam Mahmoud Dicko qu’il a réussi à calmer ces derniers moments et du chérif de Nioro dont il est très proche et qui l’apprécie beaucoup.

La seconde raison :IBK ne veut pas donner raison à ses détracteurs qui pensent que le changement en continu des Premiers ministres justifie tout simplement que le problème du pays n’est plus la Primature, mais la présidence. Déjà en sept ans de pouvoir, il est à son sixième Premier ministre (Oumar Tatam Ly, Moussa Mara, Modibo Kéita, Abdoulaye Idrissa Maiga, Soumeylou Boubèye Maiga et actuellement Boubou Cissé).

Par contre, Boubou risque d’être frappé par des réalités de l’heure. Il s’agit du fait qu’il n’arrive pas encore à gérer le climat social, particulièrement les grèves des enseignants. A cela, peuvent également s’ajouter la situation sécuritaire au centre et au nord du pays, ainsi que les difficultés récentes dans la poursuite de la mise en œuvre de l’Accord pour la Paix et la Réconciliation, issu du processus d’Alger. Malgré toutes ces réalités, le chef de l’Etat pourra encore lui laisser une seconde chance en lui instruisant de nouvelles directives allant dans le sens de l’apaisement et de la sécurisation du pays pour un vrai développement économique et social.

Une certitude, c’est qu’avec Boubou ou sans Boubou, cette nouvelle équipe gouvernementale doit être beaucoup plus restreinte avec en plus une composition qui devra tenir compte de toutes les sensibilités y compris la position des partis politiques, particulièrement ceux de la majorité désormais représentés à l’Hémicycle. C’est désormais cette équipe choc qui va poursuivre la mise en œuvre des réformes constitutionnelles conformément aux recommandations du Dialogue National Inclusif (DNI). Mais pour cela, le nouveau Premier ministre doit d’abord faire la Déclaration de Politique Générale de son équipe devant les nouveaux députés.

Ousmane BALLO

Source : Ziré

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