Résolution de la crise malienne : Tiébilé Dramé recommande une approche globale

Sur le plateau de la France 24, le lundi 15 juillet 2019, le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale malienne, Tiébilé Dramé, est revenu sur plusieurs questions brûlantes du Mali.

 

La crise sécuritaire, la dissolution des milices au centre du Mali, les revendications de départ des forces étrangères, sont entre autres des sujets sur lesquels le ministre des Affaires étrangères et de la coopération internationale est revenu sur les antennes de France 24. Rappelant l’origine de la crise sécuritaire au Mali,   Tiébilé Dramé affirme  que de nos jours, au Mali, « la principale menace est la menace terroriste ». Comme acteurs de cette crise, il pointe du doigt Al-Qaida, l’État islamique, etc. À ses dires, « Ce sont eux qui mettent le feu au Mali ».

Toutefois, il reste optimiste puisque d’ores et déjà plusieurs actions sont entreprises par le pouvoir politique, la communauté internationale afin de contrecarrer cette crise avec ses conséquences drastiques. « Nous nous engageons vers l’apaisement du Mali », croit-il. Ce n’est pas tout, le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale fera comprendre également que des actions militaires sont entreprises dans le même sens. À côté desquelles, précise-t-il, il existe une approche politique notamment la création d’un cadre de gestion de la crise du centre, la nomination d’un secrétaire permanent, la désignation d’un haut représentant au centre du Mali.

Pour dégager les causes profondes de la crise au centre du Mali, le président du Parena remonte jusqu’à la crise du Nord. « Depuis 2012, nous sommes pris par une guerre qui nous a été imposée par le terrorisme international », dit-il,  avant d’indiquer : « La crise du centre, c’est le prolongement direct de la crise du Nord. »D’après ses propos, ce qui est passé presque inaperçu des Maliens, c’est que le centre est victime aujourd’hui des conséquences des actions du MUJAO qui a étendu ses actions dans ladite zone.

Parlant de la dissolution des milices décidée par le gouvernement, l’ancien collaborateur et directeur de campagne de Soumaila Cissé affirme que ces milices, au départ, étaient des groupes d’autodéfense de leur communauté respective. Bien vrai qu’il reconnaisse que certaines ont pu commettre des « actes répréhensibles », il trouve qu’ils semblent être dans une dynamique d’apaisement. Mais M. Dramé prévient : « Il n’y aura pas d’impunité ». À ses dires, les enquêtes sont cours.

Quant à savoir s’il faut négocier avec les terroristes ou non, Tiébilé rectifie sa ligne tout en se justifiant par le fait qu’il est un « opposant déterminé, mais dans la courtoisie et le respect ». Si jadis il soutenait l’ouverture de dialogue avec des chefs djihadiste, sur le plateau de la France 24, il va à l’antipode de cette première vision : « Il n’est pas prévu de dialogue avec ceux qui écument le centre du Mali, le nord-est du Mali ».

Le chef de la diplomatie malienne ne fait pas de cadeau au général français, François Lecointre, qui a soutenu,  lors de la fête du 14 juillet 2019,  dans plusieurs interviews,  que sans l’opération Barkhane, les États du Sahel « s’effondreraient sur eux-mêmes », Tiébilé lui fait comprendre que dans la gestion de la crise malienne, il n’existe pas de position partisane qui prévale, mais plutôt celle de tout le Mali ainsi que du G5 Sahel. Selon lui, « c’est une conjonction des efforts de nos amis avec nos efforts internes, de nos armées et de nos peuples qui permettront de faire face aux enjeux actuels ».

À ce sujet, le président du bélier blanc ne moralise pas seulement le général français, mais plutôt tous ceux qui revendiquent le départ des forces étrangères. À  ces gens, il les invite à ne pas devenir des instruments entre les mains des terroristes qui ont été les premiers à formuler cette revendication. Cela, dans le seul but de réaliser leur dessein macabre. « C’est important d’avoir une approche globale, sous régionale, pour pouvoir traiter une menace qui dépasse le cadre des cinq pays du G5 Sahel », précise-t-il avant de laisser comprendre que les dirigeants du G5 Sahel souhaitent dorénavant associer des pays comme le Tchad et la Mauritanie, qui ne sont pas de la CEDEAO, à la force conjointe pour plus d’efficacité.

TOGOLA

Le Pays

Suivez-nous sur Facebook sur