Renouvellement du mandat des députés en juin: Treta pense à un plan B

L’Alliance électorale Ensemble pour le Mali (EPM) a tenu, ce samedi 2 mars 2019, sa 2e assise à l’ex-CRES de Badalabougou. À cette occasion, le président de EPM, le Dr Bocary TRETA, s’est montré dubitatif quant au renouvèlement du mandat des députés en juin. À cet effet, il a invité l’assise à réfléchir à un plan B.

En phase de devenir une tradition, la majorité présidentielle ne rate plus l’occasion de se concerter. Encore, le samedi dernier, ses militants se sont donné rendez-vous à l’ex-CRES de Badalabougou pour échanger sur des questions d’intérêt national. De façon particulière, les débats ont porté sur la réforme en vue de la loi électorale. Spécifiquement, ils se sont concertés les thèmes suivants : « Présentation de la loi électorale (force et faiblesse) » ; « Modes de scrutin et proposition : option pour les élections des députés à l’Assemblée nationale » ; « Le choix de la circonscription électorale des députés à l’Assemblée nationale : option et justification ».

Cette 2e assise était présidée par le président de l’EPM, Bocary TRETA. Avec lui au présidium, le ministre de l’Administration territoriale, Mohamed Ag Erlaf ; le responsable chargé des questions électorales et réformes de l’EPM, Younous Hamèye Dicko ; le Délégué général aux élections, Siaka SANGARE. Plus de cinq ministres, des députés, des experts ainsi que des représentants des organisations sous régionaux y ont également pris part.

S’exprimant à l’occasion, le président Bocary TRETA a salué l’ensemble des responsables politiques membres de l’Ensemble pour le Mali. Aussi, a-t-il félicité, le gouvernement pour avoir pris la décision de relire le décret de création et de participation au cadre de concertation nationale suite à des observations des partis politiques. Selon M. TRETA, cette décision montre la volonté du gouvernement d’aller à un processus inclusif en prenant en compte les attentes des uns et des autres.

« Le comité d’experts à partir du 4 mars (Ndrl ce lundi) va entamer une série de rencontres à l’intérieur du pays pour être à l’écoute de la population », a affirmé le responsable politique de l’EPM.

En organisation de cette 2e assise, a indiqué Bocary TRETA, l’EPM entend apporter sa contribution aux débats sur les réformes envisagées par le gouvernement. En dessous, il est clair pour la majorité présidentielle de renforcer son rang, de dégager une position commune en vue d’éviter des dissidences comme lors de la tentative de la révision constitutionnelle de 2017.

« Nous devons échanger sur les modifications de la loi électorale pour une meilleure représentativité des députés. C’est aussi une occasion de s’approprier du contenu de la loi électorale », a expliqué le Dr TRETA avant d’aborder le sujet actuellement en débat entre les acteurs politiques : quel mode de scrutin pour le Mali. Déjà, une frange importante de partis politiques est favorable au scrutin proportionnel parce qu’il a l’avantage d’être équitable entre les partis politiques.

Dans son speech, M. TRETA a exprimé son inquiétude quant au respect du calendrier du référendum. Selon lui, ils jouent contre la montre. Initialement prévu en fin avril, le processus a pris du retard à cause des positions très tranchées des acteurs politiques.

« En ce moment, je pense qu’il faut aller au couplage du referendum et du 1er tour des élections législatives au 9 juin prochain », a indiqué le président de l’EMP. Pour rappel, cette possibilité avait été proposée par le cadre de concertation national.

Outre ce point, le président Bocary TRETA est aussi dubitatif sur le respect du calendrier du renouvellement du mandat des députés qui a déjà bénéficié d’une prorogation de six mois. Celle-ci arrive à terme en juin prochain.

« Je vous propose de penser à un plan B au cas où il ne sera pas possible de renouveler le mandat des députés », a-t-il mis en garde.

Sur ce sujet, des partis politiques de l’EPM sont partagés. Il y a ceux qui pensent qu’il faut impérativement aller aux élections législatives en juin. Une autre prorogation du mandat des députés serait très mal perçue par la population. À ce stade, cette déclaration tombe comme préparation de l’opinion à une autre prorogation.

« L’État doit créer toutes les conditions pour respecter son calendrier en juin », nous a affirmé un responsable politique de l’EPM.

À l’inverse, d’autres pensent que le renouvèlement de l’Assemblée nationale est maintenant lié aux réformes constitutionnelles en cours. Déjà, ce processus étant englué, il pourrait y avoir un bouleversement des échéances. Alors, pour cette raison, il faut penser à un autre Plan comme, a suggéré TRETA.

De son côté, le Premier ministre, à la clôture de la séance, a voulu être rassurant. Il a, pour le moment, écarté toute hypothèse d’une nouvelle prorogation du mandat des députés de l’Assemblée nationale. Mais l’évidence est qu’il y a un risque.

« Si le chronogramme est respecté comme nous le souhaitons et que le référendum se tient en fin avril. La Cour constitutionnelle a deux mois pour valider les résultats. Cela peut aller jusqu’en fin juin. Malheureusement, le mandat de l’Assemblée nationale finit en fin juin. Pour le moment, nous n’allons pas nous inscrire dans une prorogation qui peut produire des petits problèmes », a précisé Soumeylou Boubèye MAIGA avant de lever l’équivoque que s’il n’y a pas d’Assemblée il n’y aura pas de référendum.

Par Sikou BAH

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