Réélection d’IBK : le plan Macron

Aider le président sortant à tenir la promesse, qui lui avait permis de se faire élire, en juillet 2013, avec un score de 77 % au second tour. Et, du coup, pousser les Maliens à lui renouveler leur confiance à la présidentielle du 29 juillet prochain, à laquelle il vient de se déclarer candidat pour un second et dernier mandat.
Ainsi, se résume, pour l’essentiel, la stratégie mise en place par l’Elysée pour favoriser la réélection d’IBK. Stratégie qui, selon le canard enchaîné, est loin d’être « une assurance tous risques » pour le président sortant.

Restaurer l’autorité de l’Etat sur toute l’étendue du territoire national, y compris à Kidal. Voici le slogan qui a permis, au candidat IBK, de se faire élire, en juillet 2013, au second tour, avec un score inédit de 77 %, face à son challenger, Soumaïla Cissé, candidat de l’URD (Union pour la République et la Démocratie).
Cinq ans après, l’insécurité, qui était l’apanage des seules régions du nord, a gagné le centre du pays. Résultat : 2/3 du pays échappent au contrôle de l’Etat. Avec, à la clé, son cortège d’insécurité, de morts. Civils comme militaires.
C’est pour faire réélire IBK, que l’Elysée a, selon le canard enchaîné, décidé d’aider IBK à tenir sa promesse, chère aux Maliens : restaurer la sécurité sur toute l’étendue du territoire national. A travers ce coup de pouce, la France entend, ainsi, pousser les Maliens à renouveler leur confiance à IBK à la présidentielle du 29 juillet prochain, à laquelle il s’est déclaré candidat.
A en croire le « Palmipède irrévérencieux », qui a eu accès au rapport préliminaire de l’enquête du Senat français sur la nécessité de la présence de la Force Barkhane au Mali, l’Elysée aurait, déjà, choisi son candidat à l’élection présidentielle malienne : IBK.
Pourtant, dit-on, la France ne soutient aucun candidat. Ni officiellement, ni officieusement. A en croire l’hebdomadaire satirique centenaire, IBK serait considéré, par la France, comme le « moindre mal » de la vingtaine de candidats annoncés. Ou déclarés.
« On ne veut pas d’IBK, mais c’est lui qui sera élu ! », murmure – t-on, selon lui, dans les couloirs de l’Elysée.
Pour ce faire, poursuit le « Palmipède », Macron « exige qu’une offensive antidjihadiste favorise la réélection du président malien ». Il s’agit, toujours selon le canard enchaîné, d’une « intervention militaire d’envergure,
Impliquant les éléments du G5 Sahel, la force Barkhane et les autres forces européennes sur place.

Revirement de la France

Pourtant, il y a six mois, IBK était loin d’être le « chouchou » de la France. Bien au contraire. Au lendemain de son élection, lors de sa visite aux troupes françaises, stationnées à Gao, le président français aurait dit, de vive voix, au président malien de se retirer de la compétition. Afin de permettre, aux Maliens, d’élire un nouveau président, incarnant le renouvellement de la classe politique. Un homme de la rupture avec la vieille garde politicienne, incompétente et discréditée.
Cette annonce aurait plongé IBK dans une colère noire. Une semaine après, lors d’une visite en Arabie Saoudite, il répond, en ces termes, au président français : « En tant que croyant, je m’en remettrai à Allah. Je ne suis que l’humble instrument de sa volonté ». C’était à la faveur d’une interview accordée à nos confrères d’Al Jazeera.
Quelques jours après, c’est au tour de l’ancien Premier ministre de Jacques Chirac, Dominique de Villepin, d’enfoncer le clou, en ces termes : « Le régime d’IBK manque de vision et de stratégie dans la lutte contre le terrorisme ». C’était au cours de l’émission intitulée « internationales » sur le plateau de TV5 et sur les antennes de RFI.
A moins de deux mois de la présidentielle, la France vient d’effectuer un virage à 180° en faveur d’IBK. Lequel apparaît comme le « moindre mal » sur la vingtaine de candidats annoncés dans les starting-blocks de la présidentielle du 29 juillet prochain. Du moins, si l’on en croit le canard enchaîné.
Réputé pour la fiabilité de ses sources d’information, il conclut, cependant, que le soutien de l’Elysée à IBK « n’est pas une assurance tous risques ».
En clair, ce coup de pouce de Macron n’est pas synonyme d’une victoire à tout prix. Surtout, avec en face, une opposition requinquée à bloc.

Oumar Babi

 Canard dechaine

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