RECONSTRUCTION DU MALI : L’ex-tyran, Moussa Traoré, doit vraiment se

Le Mali a certes besoin de tous ses enfants pour se reconstruire, mais pas ceux-là qui lui ont monstrueusement tranché la gorge jusqu’à le vider de son sang. Le Général Moussa Traoré, ex-président malien et dictateur hors pair, dont l’œuvre politique et militaire n’a servi qu’à faire vivre au Mali les heures les plus sombres de son histoire, est peu à peu en train de refaire surface dans l’arène politique pour soi-disant contribuer à la reconstruction du pays. Qu’aurait-t-il donc de si convaincant à proposer aux Maliens, étant donné que la patrie continue de subir les conséquences amères de son obscurantisme. En quoi devrait-on croire à celui-là même qui se soit donné tous les attributs du diable personnifié ?

 

L’on peut souvent entendre de certaines personnes, que le Général Moussa Traoré aurait purgé toute sa peine et qu’il n’aurait plus aucun compte à rendre aux maliens. Mais ce que ces concitoyens ne disent pas, est qu’en aucun moment, le Général Moussa Traoré n’a publiquement imploré le pardon des maliens pour tout le mal qu’il leur a faits durant 22 bonnes années sans le moindre répit. Est-il rationnellement possible pour l’ex-tyran malien de rattraper tout le retard économique et social causé au pays ? Assurément, non !

Qui sont celles parmi les victimes de Moussa Traoré qui lui ont sincèrement accordé le pardon quand on sait que d’innombrables vies ont été décimées sous l’effet de son fascisme hitlérien ? Le Général Moussa Traoré a-t-il, ne serait-ce qu’une seule fois, honnêtement reconnu avoir fait du mal à un seul malien ? Pourtant, depuis son éviction du pouvoir, lequel événement douloureux a forgé en lui, une parodie de foi religieuse, Moussa Traoré, aux antipodes des atrocités infernales commises sous son règne, s’est stratégiquement enveloppé dans la peau d’un vrai croyant musulman pour certainement se tourner vers Dieu et lui demander pardon en lieu et place d’implorer d’abord celui des maliens dont il a odieusement sacrifié le destin.

L’assassinat du père de l’indépendance du Mali, Modibo Kéita ainsi que la neutralisation de ses compagnons politiques et tous autres symboles idéologiques ; tortures affreuses et incarcérations mortelles de combattants politiques, syndicalistes et autres revendicateurs de libertés sociales ; assassinat de leaders estudiantins et maltraitance sociale des enseignants ; destruction systématique des acquis économiques de la première république et isolement politique du Mali sur la scène internationale durant plus de 2 décennies où, également, la gestion totalitaire des structures publiques par l’armée, a exercé un impact profondément nocif sur la marche du développement, forçant des millions de maliens à l’exode etc., sont entre autres politiques exterminatrices d’espoirs économiques et sociaux de toute une nation, mises en œuvre par le Général Moussa Traoré et dont le Mali vit encore dans les décombres.

Aujourd’hui, ce même méprisable individu ose tenter de refaire surface sur la scène publique et prétendre apporter sa « contribution » au processus de reconstruction du Mali, en faveur duquel pays, l’homme n’a véritablement consenti aucun sacrifice de progrès mais plutôt le mettre en lambeaux avant d’y être chassé comme un démon. Plusieurs maladies quasi-incurables du Mali, prennent indéniablement leurs racines dans cette gouvernance primitive et mortifère du Général Moussa Traoré qui n’a su ouvrir le pays à aucune réelle opportunité de développement.

Depuis un certain temps, Moussa Traoré s’invite progressivement dans les affaires publiques au mépris des souvenirs douloureux qui pèsent encore sur la conscience des maliens. Le 1er novembre dernier, sa visite à Nioro avec les moyens de l’Etat pour soi-disant intercéder entre Ibrahim Boubacar Kéita et le Chérif de Nioro, a été sévèrement critiquée par l’opinion publique nationale qui y voyait une tentative implicite de réapparition sur la scène nationale, ce qui réveillerait, à coup sûr, de vieux et douloureux souvenirs chez le peuple malien.

Récemment, sa volonté de s’impliquer dans le processus de dialogue politique nouvellement enclenché par le Gouvernement, reste également mal appréciée par l’opinion qui, manifestement, souhaiterait que l’ex-dictateur sanguinaire se maintienne, pour de vrai, hors des affaires de l’Etat dans la mesure où sa seule parution publique rappelle le massacre abominable de centaines d’élèves et étudiants, quelques heures avant son arrestation. Moussa doit enfin décider de se taire et s’effacer complètement de la scène publique en ce sens qu’il n’a objectivement rien à enseigner aux Maliens qui souffrent encore des survivances d’un régime foncièrement regressiste et barbare.

La sirène

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