Primature : le début de la fin des haricots pour le Haoussa ?

Les jours sont-ils désormais comptés pour Boubou Cissé sur les berges du Djoliba ? La question vaut désormais son pesant d’or. En tout cas, avec les derniers développements de l’actualité nationale, les observateurs les plus avertis de la chose politique sont unanimes sur un fait : ce n’est plus le grand amour entre le chef du gouvernement et le chef de l’Etat.

Boubou Cissé n’est pas serein. Cela se voit à mille lieux. Le Premier ministre commence à flancher sous le poids la lourde responsabilité que le cumul de fonctions lui fait porter. Il ne sait plus où donner de la tête au point de pousser des cheveux blancs, malgré son jeune âge. Comme pour dire qu’il n’avait pas mesuré la lourdeur du cumul des postes de chef du gouvernement et ministre de l’Economie et des Finances. La semaine dernière, Boubou Cissé a eu très chaud lorsque les jeunes de Kayes et de Kati ont décidé de lui rendre la vie difficile en barricadant les routes. Ils exigeaient le démarrage des travaux de construction de la RN1. Dans la panique, le chef du gouvernement a reçu les jeunes frondeurs dans les locaux de la Primature pour leur parler sur un ton désobligeant et menaçant. Boubou Cissé n’a pas mesuré la gravité du ton qu’il a utilisé dans de telles conditions. Une posture qui a d’ailleurs contribué à radicaliser ses interlocuteurs du jour. D’aucuns diraient que c’est une erreur de jeunesse de sa part. D’autres, les plus avisés, pensent qu’il est mal coaché. Dans les deux cas de figure, le Haoussa a réussi à provoquer l’ire des manifestants qui ont déclenché un blocus illimité jusqu’à la satisfaction de leurs doléances. En aucun moment, le PM, non moins gardien de la tirelire de la République, n’a vu la terre cédée sous ses pieds. Mais, son patron, depuis Tokyo où il participait à la TICAD7, a décidé de sauver les meubles. C’est le Général Moussa Diawara, directeur général de la Sécurité d’Etat, qui est ainsi mis à contribution. Histoire de sauver la mise à l’indélicat de chef de gouvernement. Le patron des services de renseignements est parvenu non seulement à calmer les ardeurs des jeunes très remontés, mais il a aussi réussi d’eux la levée immédiate du blocus. L’Officier général est allé jusqu’à rassurer les jeunes du démarrage des travaux le 20 septembre. Pourtant, il n’est ni Premier ministre ni ministre de l’Economie et des Finances, et encore moins ministres de l’Equipement et des Infrastructures. Mais, à quel titre un soldat, fut-il directeur de la SE, se permet-il d’engager la responsabilité du gouvernement dans un domaine qui ne relève nullement de ses compétences. Trouvez l’erreur ! Diawara a-t-il été mis en mission ? De qui a-t-il reçu mandat pour parler au nom du gouvernement ? Voilà au tant de zones d’ombre qui méritent d’être élucidées.

Une chose est sûre, c’est que ce n’est pas le Haoussa qui a envoyé Moussa Diawara. Visiblement blessé dans son amour propre par l’action salvatrice de ce dernier, Boubou Cissé a décidé de laver l’affront. Parti à Kayes par la route, il a promis aux jeunes manifestants que les travaux débuteront dans deux semaines, au lieu des trois annoncées par Diawara. Une véritable couleuvre pour celui-là même qui disait, il y a juste quelques jours, que l’Etat n’avait pas les moyens. Cet argument fallacieux du manque de ressources est devenu son discours favori depuis sa nomination comme ministre en charge de la cagnotte nationale. D’où viennent subitement ces sous ? La discorde entre lui et son employeur crève les yeux.

Après avoir boqué le pays pendant plus de six mois avec une austérité budgétaire qui ne dit pas son nom, il a décidé de garder par devers lui le portefeuille stratégique de l’Economie et des Finances. Le temps pour lui de boucher les nids d’autruches dans les caisses de l’Etat, créés sous sa responsabilité. « Boubou est futé, mais très arrogant », reconnaît le vieux Sidiki Traoré, couché dans son hamac. Il pense que le jeune PM aurait fait un très bon chef du gouvernement s’il avait le sens de l’humilité et de l’écoute des aspirations profondes du peuple.

Pour sûr, les relations entre lui et le locataire de Sébénikoro ne sont pas les meilleures du monde. Parce que l’ancien banquier commence à être trop présent sur les petits écrans. Aussi, aime-t-il les coups d’éclat, en voulant se rendre ‘’indispensable’’ dans la vie de la nation. Tout le monde observe qu’il occupe outrageusement l’espace médiatique avec plus de commentaires sur sa personne que l’action gouvernementale.

Serait-ce le début de la fin des haricots pour lui ? Jusqu’à quand tiendrait-il ? Le temps est le meilleur juge.

Dieu veille !

Harber MAIGA

Azalaï Express

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