Primature : Boubou Cissé, un an après

Le 22 Avril 2019, après la démission du Premier ministre, Soumeylou Boubeye Maiga, suite aux mouvements sociaux et politiques qu’il ne parvenait pas à gérer, le président de la République, Ibrahim Boubacar Keita a, du coup, jeté son dévolu sur son ministre de l’Economie et des Finances, Dr Boubou Cissé, au poste de Premier ministre.

Ce jeune technocrate avait pour mission de former un gouvernement « de large ouverture », après des rencontres avec les forces vives de la nation, et les responsables politiques de la majorité et de l’opposition. Ainsi, le 5 mai 2019, le Premier ministre Boubou Cissé non moins ministre de l’Economie et des Finances, a formé un nouveau gouvernement de 36 ministres et deux secrétaires d’État (dont huit femmes), contre 32 membres dans l’équipe précédente.

Après consultations, certains partis de l’opposition, notamment le PARENA de Tiébilé Dramé, le dissident de l’ADP-Maliba, l’honorable Amadou Thiam, ont accepté de siéger dans le gouvernement.

Et depuis le 5 Mai 2019, le gouvernement de Boubou Cissé s’est attelé à résoudre certains problèmes tels que la grève des enseignants, celle des cheminots, l’application de l’accord pour la paix et la réconciliation nationale, la crise au centre, entre autres.

Aujourd’hui, certes, le problème des cheminots n’est pas entièrement résolu mais le ministre des Transports et de la mobilité urbaine, Ibrahima Abdoul Ly, est parvenu à mettre fin à la grève de la faim après paiement de quelques mois de salaire des cheminots.

C’est le lieu de souligner que le ministre Ly a apporté des solutions à plusieurs dossiers de son département, notamment la mobilité urbaine en mettant en œuvre la circulation alternée sur certains axes routiers du District de Bamako.

Par ailleurs, le défunt ministre de l’Éducation nationale, Témoré Tioulenta, a pu sauver in extrémis l’année scolaire 2019-2020, en organisant tous les examens de fin d’année (DEF, Bac. CAP et BT).

Toutefois, à présent, la crise scolaire reste une patate chaude entre les mains du nouveau ministre de l’Education, par ricochet un défi pour le régime d’IBK.

« L’école serait un des échecs du régime d’IBK et apparemment le gouvernement de Boubou ne semble rien faire pour arranger les choses », s’indigne un parent d’élève.

La recrudescence des attaques terroristes et des violences communautaires au Centre du Mali continue, jusqu’à présent, à faire des morts aussi bien civils que militaires.

Le Premier ministre, Boubou Cissé a effectué plusieurs missions dans cette partie du pays sans pouvoir apporter une solution définitive aux attaques récurrentes des terroristes.

Il faut reconnaitre que l’application de l’Accord pour la paix et la réconciliation nationale traine, tandis que l’armée malienne reconstituée a fait son entrée à Kidal au début de janvier dernier.

Parlant des raisons d’espérer, l’on peut se féliciter de la maîtrise de la situation macroéconomique du pays ; de l’organisation du Dialogue National Inclusif en Décembre 2019, une tribune qui a rassemblé les Maliens pour discuter du Mali et trouver des pistes de solutions pour une sortie de crise.

En effet, l’une des recommandations fortes dudit dialogue est la tenue des élections législatives qui se sont déroulées les 29 Mars et 19 Avril dernier.

En tout cas, au regard du contexte sécuritaire, conjugué à la pandémie du Coronavirus, on peut dire que la tenue de ces législatives, après deux reports, est un pari gagné pour le gouvernement, même si certains avaient appelé à un nouveau report.

Les plus sceptiques tels que Me Mountaga Tall, Choguel Maiga sollicitaient le report des élections à cause de l’insécurité et aussi de la pandémie du Coronavirus, apparue dans notre pays en mi-mars.

De l’avis de nombreux Maliens, le bilan du Premier ministre Dr. Boubou Cissé est mitigé. D’autres vont plus loin, en soutenant qu’il n’y a pas de bilan à défendre puisque le Premier ministre Boubou Cissé ne sait jamais soumis à l’exigence constitutionnelle de la présentation d’une Déclaration de Politique Générale.

En plus, la pandémie du Coronavirus qui sévit à travers le monde a mis à rude épreuve toutes les économies et annihilé tous les efforts du gouvernement malien qui a pris des mesures sociales estimées à près de 500 milliards de FCFA pour soulager les couches les plus vulnérables.

En outre, avec l’organisation du second tour des législatives dont les résultats définitifs sont attendus dans les prochains jours, il faut s’attendre à la formation d’un nouveau gouvernement après l’installation de la nouvelle Assemblée nationale.

Selon plusieurs observateurs, il est fort possible que le Premier ministre Boubou Cissé soit éconduit. D’autres soutiennent qu’avec IBK rien n’est sûr. Il est capable de faire débarquer à tout moment son PM, au moment où l’on s’attend le moins, ou le maintenir pendant que l’on misait sur son départ.

Seydou K. KONE

Source: Bamakonews

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