Présidentielle du 29 juillet : Nioro du Sahel, le Vatican local ?

Du 10 au 11 mars dernier, la ville de Nioro a abrité la 1ère conférence nationale de l’Alliance démocratique pour la paix (ADP-Maliba), consacrée à l’investiture du candidat Aliou Boubacar Diallo. Une première dans l’animation des structures de base des partis politiques, l’évènement a vu la participation de toutes les forces politiques et religieuses pour le changement. 

Statutaire, l’Alliance démocratique pour la paix (ADP-Maliba) a tenu, le week-end dernier, à Nioro du Sahel, sa 1ère conférence nationale, placée sous le thème : «en marche pour le changement en 2018». Elle a permis aux délégués venus de toutes les sections de l’intérieur et de l’extérieur d’échanger sur la vie du parti et les stratégies pouvant aboutir à de meilleurs résultats lors de la présidentielle du 29 juillet.

Souhaitant la bienvenue aux participants, Cherif Ahmed Sidi Haïdara, a fait savoir que l’Alliance démocratique pour la paix a été baptisée dans la famille du Chérif de Nioro. «Les mêmes relations continuent dans une ambiance décoiffée. C’est pourquoi candidat en 2013, Aliou Boubacar Diallo s’est retiré, malgré ses moyens, pour le respect et la considération du Chérif afin de suivre volontairement son choix. C’est une grande chose et le respect se mérite», déclare Cherif Ahmed Sidi Haïdara. Pour lui, le Chérif est reconnaissant pour cet acte.

«Il ne le regrettera pas. Inchallah, avec la volonté de Dieu, il aura son pouvoir. Nioro est un petit village, mais il installe les présidents. Nioro n’a pas une population qui compte sur le plan national, mais elle a un appui important. IBK le sait. Il a été installé ici. C’est grâce aux efforts du Chérif de Nioro qu’IBK a accédé à la magistrature suprême. Le Chérif n’est pas n’importe qui au Mali…» a-t-il poursuivi.

Le vice-président de la section de Nioro du Sahel, Idrissa Tiemoko Coulibaly, a rappelé que l’ADP-Maliba, créée en 2013, se veut un parti d’avant-garde. «Un parti d’avenir qui viendra insuffler un nouveau dynamisme au combat politique et démocratique du Mali. Avec son député, ses deux maires et une vingtaine dans le cercle de Nioro, l’ADP aura imprimé, en si peu de temps, sa vigueur, son savoir-faire à la vie politique de Nioro du Sahel. 150 comités, 16 sous-sections et une section sont opérationnelles…» a-t-il précisé.

«Nous étudierons toutes les stratégies capables de nous conduire à la victoire surtout que le parti enregistre de nombreuses adhésions», ajoutera-t-il. Et de poursuivre : «Nous avons subi la haute trahison nationale. Le choix de nos leaders et de l’ensemble des militants a été un véritable acquis de courage politique et une autre vision républicaine. Ce nouveau départ nous conduira certainement à la victoire finale sur les forces du mal, de la trahison et du mépris…».

Le candidat de l’ADP-Maliba est revenu sur la situation sociopolitique du pays. Pour Aliou Boubacar Diallo, le Mali traverse une situation sécuritaire et sociale particulièrement tendue. «Notre conférence nationale a été l’occasion pour chacun de nous de procéder à une analyse profonde des enjeux auxquels font face notre pays et notre parti», déclare-t-il.

«Trop de sang a coulé et continue de couler dans notre pays. Les derniers événements en date sont celui de la mort de 6 soldats maliens le 27 février lors de l’explosion d’une mine ainsi que la mort de 4 casques bleus de la Minusma à Mopti dans la même circonstance», dénonce le candidat de l’ADP-Maliba.

Pour lui, la situation sécuritaire est plus que préoccupante. «Au lieu que l’insécurité recule, elle avance et a déjà gagné une grande partie du centre en plus des régions du nord. L’État a perdu des pans entiers du territoire national tandis que les groupes terroristes continuent d’asseoir leur autorité dans le centre du pays. Chaque mois, chaque semaine, chaque heure… le Mali s’enfonce davantage dans une crise aux conséquences dévastatrices pour l’avenir des générations futures», a affirmé M. Diallo.

 

Des détails non moins importants pour le président d’honneur des socio-démocrates mis en exergue. «Le constat est amer. La réalité que vivent les populations est pire aujourd’hui qu’elle ne l’était lors de la prise de fonction du président actuel. Une partie de notre territoire est toujours aux mains des forces terroristes. IBK a lamentablement échoué et refuse d’entendre la voix de la raison. Seule une nouvelle équipe à la tête de l’Etat, capable d’impulser un nouveau cap, peut jeter les bases d’une paix sincère et durable avec les groupes armés. Seul ce nouveau pouvoir pourra rester ferme et droit pour négocier, et faire valoir le destin de chaque communauté de notre pays», insiste-t-il.

C’est pourquoi, à l’ADP-Maliba, «les enjeux des élections présidentielles de juillet 2018 sont grands. Le monde entier aura le regard fixé sur le Mali parce que le choix du peuple du Mali conditionnera sa propre sécurité. C’est une opportunité aussi de rejeter tous ceux qui ont failli à amener le pays sur le chemin d’une paix durable et d’engager le Mali dans la modernisation de la vie politique et le renouvellement de la classe politique. Le peuple malien saisira-t-il cette chance de se redresser ? Pour le candidat de l’ADP-Maliba, le destin du peuple malien dépendra de la réponse qu’il donnera à cette question le 29 juillet 2018».

«Notre pays dispose d’énormes richesses naturelles dans son sous-sol. Au même moment le Mali fait partie des pays les plus pauvres de la planète. Cela s’explique par la mauvaise gouvernance. C’est pourquoi nous avons besoin d’un nouveau modèle de développement qui lui permettra de valoriser sa richesse naturelle. Et notre développement passe par la promotion des secteurs minier, gaziers, pétrolier ainsi que l’agriculture et l’artisanat», affirme M. Diallo.

À propos du processus de paix et de réconciliation  nationale ainsi que la résolution de la crise du nord, le candidat de l’ADP Maliba pense que le constat est amer. La réalité que vivent les populations du nord du pays est pire qu’elle ne l’était en 2013. Pour lui, le simple respect de la parole de l’État malien permettra de rétablir la confiance et la paix.

 

Bloc commun contre IBK

L’homme d’affaires malien, qui a fait fortune dans le secteur de l’industrie extractive, se dit conscient de l’immense responsabilité et dit avoir mesuré la gravité et le poids de la mission. Il se veut le candidat de la réconciliation, du rassemblement de tous les Maliens et de toutes les communautés du Mali, et se dit prêt à relever les défis et à mériter la confiance placée en sa modeste personne. En mettant toute son expérience et son savoir-faire ainsi que son sens de créativité au service du Mali et de tous les Maliens pour le renouveau et l’émergence du Mali.

Pour ce faire, il invite tous les patriotes convaincus, à savoir les partis politiques, les organisations de la société civile et les leaders d’opinion, au grand rassemblement pour sauver le Mali.

Et de mentionner : «Nous sommes en discussions avec l’ensemble des partis de l’opposition pour un bloc commun contre le président IBK qui a lamentablement échoué. Ma candidature a un objectif : rassembler la diversité de notre nation et libérer le génie créateur de notre peuple. Nous devons avoir une exigence : relever notre nation. Je suis actuellement membre d’une plateforme pour le changement et en discussions avec une seconde plateforme politique dirigée par le chef de file de l’opposition, l’honorable Soumaïla Cissé. Les négociations sont en cours pour définir les bases d’une alliance qui permette d’assurer la victoire des forces du changement en 2018. Ce compromis est souhaitable avant le premier tour mais en tout cas indispensable au second tour. Nous devons nous retrouver et nous rassembler dès maintenant pour rendre possible le changement attendu par les Maliens en 2018…»

 

André Traoré

Source: Soleil Hebdo

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