Président Bah N’DAW, un choix rationnel et productif

A la suite de la courageuse nomination du Colonel-Major à la retraite Bah N’Daw en qualité de Président de la transition politique au Mali, l’on peut dire qu’enfin  » le Nil arrive au Caire « . Avec zéro place aux égos, Bah N’Daw, qui  » est redevenu civil comme il est né civil « , pourrait cheminer en bonne intelligence et en symphonie achevée avec Assimi Goïta qui, depuis le 18 Août 2020 dernier, tient une patate chaude dans la main.

 

Lors de l’élection d’Amadou Toumani Touré à son premier quinquennat après avoir démissionné en tant que Général de Brigade, il n’arborait plus le faciès d’un militaire quid des 14 mois de transition 1991-92.

Mêmement, Moussa Sinko Coulibaly en briguant le suffrage universel des Maliens a dû redevenir civil en se séparant de son grade de Général : condition sine qua non d’éligibilité après formatage. Qu’à cela ne tienne, dans aucun cas nous n’atteindrons l’idéal que prônent certains. Donc, il faut faire avec. Si c’est bien là un  » vin tiré  » il faut le boire sans trop prêter l’oreille aux marchands d’illusions appréhendant mal les urgences du moment. La priorité, me semble-t-il, est de piloter le bateau Mali à bon port. Il, j’allais dire Bah N’Daw, sera intronisé avec des objectifs SMART vendredi 25 ; à lui de les atteindre en mettant en musique le travail d’équipe qu’il lui faut manager avec doigté et circonspection. Pour le binôme N’Daw-Goïta, il faut beaucoup de synergie et zéro bicéphalisme ou conflit de compétences. Le Président reste Président et le Vice-président reste tel.

Le second doit garder le profil bas pour nous épargner les écueils de la tentation du pouvoir : véritable drogue. Le premier se doit d’être réceptif et pédagogue afin d’obtenir les premières bonnes dès les 100 premiers jours de sa gestion. En attendant, et en rang plus resserré, avec le Premier Ministre non encore nommé, nous sollicitons du Président N’Daw une alchimie de gouvernance afin que par osmose et par symbiose le Mali ait, au sortir de la transition qui passera vite et vite, comme une commette (18 mois), une véritable panacée.

Nous, tous, savons que les militaires et les civils ont toujours fait bon ménage au Mali depuis plus de 50 ans. Sauf que tout est question de dosage, de collégialité et de franche collaboration : gage de réussite. Le Professeur Mamadou Dembélé souvenons-nous, le tout-premier Premier Ministre du Mali et du Général Moussa Traoré a assumé ses fonctions avec efficacité et modestie par le passé. Cette même sagesse empreinte de pondération devra prévaloir pour le nouvel équipage où rien n’est à réinventer. Il s’agit seulement de remettre à l’endroit ce qui ne l’est pas et à sa place ce qui ne l’est. Il nous faut sortir de l’ornière, avec ou sans les nombrilistes à propos desquels il y a eu trop d’euphémismes au point de les rendre narcissiques. Pis, l’on ne saurait vouloir une chose et son contraire à moins d’être partisan d’amalgame et de faux fuyant.

Par contre, le capital de confiance du Président N’Daw est qu’aucun supérieur n’a pu le manipuler dans sa riche carrière alors qu’il en était exposé, et donc, aucun collaborateur ou subordonné ne devrait pouvoir le faire lorsqu’il tient, au premier chef, les rênes de l’Etat malien en pleine reconstruction. Puisqu’il n’y a pas deux sans trois, j’ose espérer que des clans ou protagonistes mal intentionnés ne tenteront point de jouer sur cette corde ou jugement de valeur pour lui mettre le bâton dans les roues en vue de parvenir à leur dessein sordide.

Sauf qu’au-delà des autres citoyens et de la communauté internationale impliquée nous pouvons compter sur un autre garde-fou ou sentinelle de la bonne gouvernance qu’est la presse malienne dans son entièreté. Ceci dit, puisque tout bon pilote d’hélicoptère sait où mettre le pied, et que Bah N’Daw est un bon pilote d’hélicoptère, donc Bah N’Daw saura où mettre le pied de l’hélico de la énième transition d’une démocratie rabougrie pour sa récurrente maladie infantile. Inchallah !

Dioncounda Niakaté 66741743 – Bamako Email : [email protected]

Source: l’Indépendant

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