Perspectives 2018 : IBK contre IBK… et tous contre IBK

L’un est hésitant et l’autre partant : deux instincts constants se battent  actuellement en la personne d’IBK à propos de sa probable candidature à la présidentielle de 2018. Et pendant qu’il sillonne ces derniers temps  l’intérieur du pays pour, dit-on, tester sa côte de popularité, un ensemble de candidatures se prépare dans son dos pour l’empêcher de briguer un 2e mandat. Ses adversaires à lui en 2018 sont en partie ceux qui ont eu à travailler avec lui ces quatre dernières années. Que s’est-il donc passé ?

IBK, candidat malgré lui-même ? C’est bien le cas. Après un premier mandat bien raté, l’homme aurait pu se retirer sagement si sa propre formation politique, le RPM, avait au moins une autre figure pour le remplacer. Aucune autre figure, aucun candidat, l’existence de ce parti aujourd’hui plongé dans un profond clanisme risque même de s’arrêter le jour où son père fondateur Ibrahim Boubacar Kéita se retirera de la vie politique.

En clair, et au regard du constat, IBK n’a pas le choix de se représenter à la présidentielle même s’il n’avait pas au départ la volonté de le faire. Il n’a pas le choix, c’est son entourage qui ne lui laisse surtout pas ce choix. De la création de petits mouvements de soutien à cet égard, IBK est désormais appelé à se rendre auprès des populations pour lui faire croire qu’il a encore du monde derrière lui. Et pourtant…

 

Encore hésitant et aux abois

Si Kayes a été un échec, Sikasso, il faut le reconnaître a été un succès retentissant, surtout en termes de mobilisation et de retombées. Du beau monde partout. Pont de Kouoro et d’autres infrastructures inaugurés, des travaux et des promesses d’autres infrastructures lancés. La tournée de 72 h aurait été plus belle si le président IBK ne s’était pas livré à cette  scène désolante : La montre qu’il a remise à un vieux dans une mosquée à Sikasso.

En plus de l’histoire de la montre à Sikasso, les propos tenus par le ministre des Affaires religieuses et du Culte chez les chrétiens pèlerins courant week-end dernier à Kita : “Si votez IBK en 2018, je suis prêt à vous accompagner”, nous a rapporté Djimé Kanté, un témoin sur place, citant le ministre Thierno H. Diallo qui a ouvertement appelé les chrétiens à voter IBK en 2018. Aveux ou abois ? Certainement les deux à la fois.

Rien à dire les deux questions (montre à Sikasso et les chrétiens à Kita), les réseaux sociaux ont déjà tranché et inutile pour nous de commenter ces faits à la fois humiliants et désolants  qui prouvent à suffisance que le président IBK cherche désespérément à se racheter auprès d’un peuple qui ne porte plus espoir sur lui. Raison pour laquelle il est encore dans l’hésitation.

De sources bien introduites, c’est courant premier trimestre 2018 qu’IBK devra définitivement décider s’il est partant ou non pour la présidentielle de 2018. En attendant son entourage, précisément sa formation politique, le RPM, devra mouiller le maillot pour lui prouver le contraire de ce qu’il pense à savoir qu’il n’a personne derrière lui. Le processus avorté de la révision constitutionnelle est passé par là, un combat dans lequel IBK s’est senti esseulé.

 

Vers une autre humiliation

Osons le dire, après l’échec du processus de révision constitutionnelle, une autre humiliation attend le régime d’IBK. Sauf miracle, sinon les chances du président IBK sont totalement anéanties s’il devait y avoir une élection présidentielle en toute transparence en 2018. Le peuple qui l’a plébiscité en 2013 regrette aujourd’hui de l’avoir choisi. Et pour cause. En 2013, le président IBK était attendu comme le messie qui allait changer le cours de choses au Mali. Aujourd’hui, la majorité des Maliens qui l’ont porté à Koulouba n’ont que leurs mains sous forme d’accent circonflexe au-dessus de leurs têtes.

Le constat est amer : rien n’a changé. Le taux de chômage va crescendo chaque jour. On assiste quotidiennement à la création de nouvelles associations de jeunes réclamant les emplois promis par le président. Toutefois, rien de concret ne pointe à l’horizon.

Et surtout la question sécuritaire principalement pour laquelle il a été élu, s’embrase au jour le jour. Illustration : au moment où le président s’apprêtait à rejoindre Bamako (dans avion affrété spécialement de Bamako pour aller l’accueillir à Sikasso) après son séjour de 72 h, 5 soldats (quatre casques bleus et un Malien)  tombés le même soir étaient accompagnés dans leurs cercueils.

Comme une punition divine, le pays marche à reculons et qui sera là pour nous sauver du bâton ? Une précieuse question quand on sait que toutes les personnes censées donner un coup de main au président IBK ont décidé de sauter de son train et d’en emprunter un autre.

 

Et tout le monde contre IBK

Tous pour IBK” hier et aujourd’hui “Tous contre IBK”. C’est le scénario qui se dessine à l’horizon 2018. A qui la faute ? Est-ce IBK le problème ou son entourage dans lequel il manque de la sincérité ? Toujours est-il que le président serait largement battu s’il était candidat à sa propre succession. Les Maliens, de tous bords, y compris ses faux amis désabusés, l’attendent au tournant pour le renvoyer à la retraite. Démocratiquement oui !

Le grand rassemblement autour de la majorité présidentielle est en train de voler en éclats. Moussa Mara, une des références de la jeunesse malienne, a récemment claqué la porte de la majorité présidentielle. Mara était au four et au moulin pendant son passage à la Primature. Aujourd’hui, il lâche IBK à un moment inattendu. Le Kankélétigui n’est pas celui qui sortira le Mali de l’ornière ? Moussa Mara se met dans le sillage de Racine Thiam, qui a trouvé refuge chez Soumaïla Cissé.

Beaucoup de détails n’ont pas été donnés par le jeune Racine Thiam qui était d’un grand apport pour IBK surtout avec le “Rendez-vous avec Koulouba”, qui consistait à donner plus de visibilité aux actions du président IBK. En un mot, IBK a fabriqué ses propres ennemis sans réfléchir aux conséquences.

Kalfa Sanogo, Modibo Koné, Mamadou Igor Diarra… Dramane Dembélé, il y a aussi les anciens ministres Mountaga Tal et Choguel K. Maiga qui, nous confie-t-on, sont tous les deux prêts à se porter candidat chacun contre leur ancien employeur, IBK (lire encadré pourquoi Choguel et Mountaga sont partis du gouvernement).

 

Les raisons d’un divorce

La première grosse erreur du président IBK, selon cet observateur bien averti, a été de s’éloigner de son pays au moment où il avait le plus besoin de lui. En effet, IBK avait entrepris plus de 100 voyages au 22 septembre 2016. A cela s’ajoute plusieurs autres voyages en 2017 qui l’ont conduit dans beaucoup de pays.

A chacun de ses voyages, l’on nous cassait les tympans sur une somme colossale ramenée. Mais quel est le Malien qui peut dire aujourd’hui que le prix des denrées a été revu à la baisse ? Ce qui laisse croire au peuple que malgré les nombreux voyages d’IBK, le Malien lambda reste au creux de la vague.

Pis, la caisse du Trésor saigne avec les nombreux déplacements des membres du gouvernement. Le comble, c’est que pour l’intérieur du pays, le président Magellan, pardon IBK  fournit peu d’effort. Sa récente visite à Kayes est loin d’être un succès. Il a une fois de plus raté l’occasion de rentrer dans l’histoire en préférant partir à Kayes par vol ignorant du coup les tracasseries dont sont victimes les usagers sur l’axe Bamako-Kayes. Ses adversaires politiques n’ont pas hésité à dire qu’il s’est rendu dans la ville de Kayes mais pas dans la région de Kayes.

IBK avait aussi promis que l’année 2014 allait être celle de la lutte contre la corruption. Entre nous qui a été arrêté ? Et pourtant, ce ne sont pas les gens à arrêter qui manquent. Avec le récent rapport du Vérificateur général, le président pouvait encore entrer dans l’histoire.

Que nenni ! L’année de la lutte contre la corruption a été remplacée par l’année de la promotion des cols blancs. On constate une certaine légèreté dans la gestion du bien public. Il faut un relèvement, un renforcement de la qualité des services publics, un ensemble de mesures pour soutenir et promouvoir le développement économique au Mali.

Si de telles initiatives pouvaient s’appliquer à tous les niveaux des services publics et privés, ceci donnerait une impulsion à l’intégration économique. La corruption a atteint son paroxysme. Sous IBK, elle a touché de nombreux domaines. Le secteur le plus touché est l’administration publique où elle s’exerce à tous les échelons. Elle est par exemple utilisée par les entreprises privées proches du pouvoir en l’occurrence l’entourage du président en place pour s’arroger la quasi-totalité des marchés publics, tuant dans l’œuf la transparence et l’équité nécessaires à la bonne gestion des fonds publics.

Les exemples de manifestations de la corruption ne manquent pas sous l’ère IBK. La pratique généralisée de la corruption a entraîné la perte de crédibilité des appareils étatiques et des fonctionnaires en général, un manque à gagner phénoménal (recettes fiscales manquantes, etc.) pour l’Etat, une mauvaise exécution des travaux publics issus de marchés conclus de gré à gré, et donc une faible longévité des infrastructures publiques.

Les détournements de fonds nationaux et internationaux sont légion et l’aide internationale octroyée par les bailleurs de fonds tombe souvent dans les poches de dirigeants véreux et leurs acolytes. Il n’est pas étonnant que le Mali n’ait jamais pu sortir du marasme dans lequel il est tombé au lendemain de la décolonisation.

 

Encadré

Pourquoi Choguel et Mountaga sont partis du gouvernement ?

Le problème, semble-t-il, n’est pas IBK lui-même, mais le petit monde jugé trop gourmand qui l’entoure et qui veut tout avoir à lui seul. Tous ceux qui ont eu à interrompre leur collaboration avec l’actuel  régime sont (presque) tous partis  de la même manière : trahis !

Au nombre de ces ex-collaborateurs du président IBK figurent les anciens ministres de la Communication,  porte-paroles du gouvernement : Choguel K. Maïga et Me Mountaga Tall.

Choguel K. Maïga, ministre de janvier 2015 à juillet 2016, aura donné le meilleur de lui-même pour apporter le bonheur promis aux Maliens. Mais il suffira d’une petite question d’autorités intérimaires pour que les violons ne s’accordent plus entre lui et son employeur.

Eh oui ! C’est principalement à cause de son refus de l’installation des autorités intérimaires que Choguel K. Maïga a été écarté du gouvernement. Vous vous en rappelez ? C’est après l’échec d’une première tentative d’installation des autorités intérimaires que Choguel a été relevé de ses fonctions. Alors que de fortes contestations  étaient en cours sur l’ensemble du territoire contre ce processus, le gouvernement central de Bamako et les groupes avaient convenu de démarrer le 15 juillet 2016. Echec ! Et il y a eu remaniement gouvernemental le lendemain.

Près d’une année après le départ de Choguel K. Maïga, les premières autorités seront installées début mars 2017. Stratège et au réflexe très fertile, l’homme s’était opposé à ces autorités intérimaires parce qu’il  avait sans doute perçu la futilité d’une telle priorité qui n’a jusque-là rien apporté dans la quête de la paix comme l’a récemment fait savoir le chef de la Minusma à l’Assemblée Nationale.

La question des autorités intérimaires n’est que la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Il nous revient que Choguel K. Maïga s’est fait avoir dès le jour où il a rejoint le gouvernement en quittant son poste de DG de l’ARMTP, cette vache laitière que le parti présidentiel lorgnait. Cet autre grand prêché par lui commis a été de s’attaquer aux intérêts français au Mali à travers, la société de téléphonie mobile, Orange quand il était encore DG de l’AMRTP. Il fallait l’enlever de là à tout prix. Ce qui a été fait en toute ruse.

Ministre d’avril 2014 à avril 2017, du ministère de l’Enseignement supérieur à celui de la Communication, le tort de Me Mountaga Tall sera de s’être refusé l’honneur de s’occuper de la question référendaire. Juriste de formation, avocat de surcroît et porte-parole du gouvernement, il était bien le mieux placé pour  défendre le machin. Maitrisant bien le langage juridique, Me Tall savait ce qui attendait le projet de révision constitutionnelle. En toute responsabilité, il a refusé l’offre. Ce qui lui valu son fauteuil ministériel. Un mois après son départ, le processus de révision constitutionnelle démarrera en juin jusqu’à l’échec.

L’autre raison du départ de Me Tall est, nous confie-t-on, le marché de la 4e licence de téléphonie mobile dont l’appel d’offre sera bientôt lancé. Le pouvoir ne voulait pas que le dossier soit géré par un président de parti politique. Un des leurs, et de surcroît celui qui ne serait pas financièrement intéressé par les retombées d’un tel grand marché. L’actuel ministre de la Communication répond bien à ce profil

Partis dans ces circonstances, il n’est pas exclu que Mountaga Tall et Choguel K. Maïga soient des adversaires résolus pour le président IBK en 2018. Si dans leurs formations politiques respectives on n’en parle pas, d’autres sources encore très proches des deux hommes ne doutent point de leurs candidatures… contre IBK.

 

“AN TE A BANA” : Une arme affûtée pour chasser IBK de la présidence

 

Créée à la faveur de la lutte contre le projet de révision constitutionnelle initié par le régime et qui visait fondamentalement à assurer à IBK la longévité au pouvoir en dépouillant le peuple malien de l’essentiel de ses prérogatives souveraines, la Plateforme “An tè, A bana”, de son appellation initiale, était arrivée, à l’issue d’une hallucinante mobilisation, à faire plier le président de la République tout en réussissant à rappeler à celui-ci que le vrai pouvoir n’appartient qu’au peuple.

 

Ayant pris la dénomination de “Collectif des associations  An tè A bana” à la faveur d’une autre mobilisation lancée le samedi 25 novembre à la Pyramide du souvenir contre l’incapacité aigue du gouvernement à faire face à l’insécurité galopante partout au Mali et aux problèmes fondamentaux des Maliens, l’organe de la société civile se veut non seulement un outil de veille citoyenne, mais aussi une arme bien affûtée pour chasser Ibrahim Boubacar Kéita de la présidence après cinq bonnes années de gouvernance profondément décevante.

 

En effet, la société civile au Mali ne s’est jamais autant bien organisée pour souffler dans la même trompette. Dorénavant, tous les ingrédients semblent réunis pour barrer la route à toutes formes de mauvaise gouvernance, en particulier, celle qui prévaut sous IBK. L’élection de l’homme fut indéniablement un douloureux échec pour l’écrasante majorité des Maliens. Ceux-ci ont crédulement élu à la tête d’un pays qui venait de très loin, un individu qui n’a plutôt su que se livrer aux prodigalités les plus folles de son existence avec un goût irrépressible pour la bougeotte.

IBK est un dilapidateur fieffé, un dissipateur d’une autre galaxie qui s’est intelligemment servi de la naïveté des Maliens, essentiellement pour ne réaliser que ses propres fantasmes à la tête de l’Etat. Au final, l’on est arrivé à la plus nette conclusion que le bien-être du peuple malien n’a réellement figuré qu’en dernière ligne du projet de société d’IBK et, de surcroît, en caractères invisibles.

 

L’inexcusable incompétence d’un régime dolosif et fanfaron  

L’institutionnalisation de la gabegie et la délinquance financière au sommet de l’Etat ; la politisation de l’école à des fins électoralistes ; la promotion d’une justice à double vitesse ; la signature par le régime, d’une foultitude d’accords aussi farfelus qu’indignes, mettant littéralement l’Etat malien à plat ventre devant la communauté dite internationale tels que l’accord d’Alger consacrant la partition du pays, l’accord de réadmission menaçant violemment la vie des expatriés maliens en Europe, l’accord de défense prenant systématiquement en otage toute la sécurité du territoire malien au profit d’intérêts géostratégiques de puissances étrangères, notamment, la France etc., des documents de servitude dont le contenu n’a, jusqu’ici, jamais été expliqué aux compatriotes en langues vernaculaires, tant il est faux et absurde ; la livraison des Forces armées maliennes aux massacres les plus routiniers de toute leur histoire ; l’abandon total des Maliens de l’extérieur aux traitements les plus inhumains dont ils sont quotidiennement victimes ; l’implication entière de la Première Famille dans la gestion des affaires de l’Etat ; les intimidations, tortures, assassinats de journalistes et la fermeture de radios non-acquises à la gloire du pouvoir ; la propagation effarante de l’insécurité sur toute l’étendue du territoire national avec son cortège de malheurs aussi bien civils que militaires ; l’inexistence de l’Etat dans plus d’une cinquante de localités administratives ; la fermeture de plusieurs centaines d’établissements scolaires au nord et au centre du pays ; l’accroissement vertigineux des dépenses publiques consécutives au train de vie des responsables institutionnels ; le mensonge d’Etat minutieusement élaboré à propos de l’emploi d’une jeunesse qui, à force de désespoir, reste de plus en plus portée vers le banditisme à grande échelle et l’immigration clandestine à la recherche du mieux-être ; le contrôle quasi-exclusif des marchés publics par la famille présidentielle et le bureau politique national du RPM au mépris des textes réglementaires, etc. Tel est aujourd’hui, le vrai visage d’un régime incroyablement médiocre, fantaisiste et animalo-capitaliste, n’ayant désormais plus aucun droit de cité aux yeux des maliens.

 

Proche épilogue d’une honteuse aventure   

“Le Collectif des associations An tè, A bana” regorgeant plus d’une centaine d’organes de la société civile malienne est plus que jamais déterminé à s’opposer à toutes sortes de désordre politique et institutionnel. Après avoir rencontré pleinement l’assentiment du peuple malien à travers sa lumineuse stratégie et son extraordinaire capacité de mobilisation (en témoigne, l’échec cuisant du funeste projet de révision constitutionnelle initié par Koulouba), le mouvement n’entend guère s’arrêter là.

Tout est désormais bien structuré dans sa feuille de route pour ouvrir la voie au départ du président IBK du pouvoir, celui-là même dont l’élection à la tête du Mali, fut la pire erreur de notre histoire. Mais l’homme n’entend cependant pas se résigner par humilité et sagesse cartésienne. Les récentes visites régionales du président Ibrahim Boubacar Kéita, en particulier, celle effectuée dans le Kénédougou (Sikasso) où des centaines de millions du contribuable malien ont été sauvagement dilapidés pour réussir un accueil populiste et fanfaron, n’avaient qu’un seul objet : faire du marchandage électoral en vue de préparer un second quinquennat. Chose que les Maliens, ceux-là qui l’attendent impatiemment au terminus de ses tartarinades politiciennes, ne comptent absolument pas lui en donner le plaisir tant la désillusion fut effroyable.

Dilika Touré

 

Source: La Sirène

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