Oumar Hamadoun Dicko : « Le dialogue social est une réalité au Mali »

Oumar Hamadoun Dicko est le ministre du Dialogue social , du travail et de la fonction publique. Il répond à nos questions sur le concept et l’état du dialogue social au Mali.

 

Qu’est-ce que le dialogue social?

Selon l’Organisation internationale du Travail (O.I.T), « le dialogue social inclut tous types de négociation, de consultation ou simplement d’échange d’informations entre les représentants des gouvernements, des employeurs et des travailleurs, selon des modalités diverses, sur des questions relatives à la politique économique et sociale présentant un intérêt commun ».

Cette définition donne un aperçu des différents éléments pouvant constituer le dialogue social. Elle nous apprend aussi que le dialogue social se fait avec des acteurs bien déterminés, selon différentes méthodes et sur une matière bien précise, les questions relatives à la politique économique. Celles-ci doivent avoir un caractère d’intérêt commun.

Quelles sont les missions assignées au département dans le cadre du dialogue social ?

Selon l’article 14 du Décret n°2019-0331/P-RM du 13 mai 2019, fixant les attributions spécifiques des membres du Gouvernement, le ministre du Dialogue social, du travail et de la fonction publique prépare et met en œuvre la politique nationale dans les domaines du dialogue social, du travail et de la fonction publique.

À ce titre, il a l’initiative et la responsabilité des actions de promotion du dialogue social, la prévention et la gestion des conflits collectifs, la coordination des rapports du Gouvernement avec les organisations syndicales et patronales, l’élaboration, la mise en œuvre et le contrôle de la législation du Travail dans le secteur privé, l’élaboration et l’application des règles relatives à la détermination de la représentativité et de la légitimité des organisations syndicales et la gestion du personnel relevant du Statut général des fonctionnaires.

Depuis la mise en place du ministère dans la dénomination actuelle, qu’a-t-il fait dans le cadre du dialogue social ?

Une dizaine de projets de textes ont été adoptés pour l’amélioration des conditions de vie des fonctionnaires et agents de l’État. Il s’agit notamment du projet de loi portant modification de la grille du Statut général des Fonctionnaires, du projet de décret portant revalorisation des salaires de base du personnel de l’Administration relevant du Code du Travail, du personnel enseignant contractuel de l’État et du personnel enseignant contractuel des collectivités territoriales, du projet de décret portant modification de l’annexe au Décret n°2012-434/P-RM du 09 août 2012 fixant les conditions d’emploi et de rémunération des membres non fonctionnaires du Cabinet du Président de la République, du Secrétariat général de la Présidence de la République, du Cabinet du Premier ministre et des cabinets ministériels.

La gestion  du préavis de grève du 6 mai 2019, de 27 jours ouvrables, des Syndicats de l’Éducation signataires du 15 octobre 2016 a permis la signature d’un procès-verbal de conciliation, le 18 mai 2019, sauvant l’école malienne d’une année blanche.

Nous avons effectué des visites de prise de contact chez nos partenaires traditionnels : le Conseil national du patronat du Mali (CNPM), l’Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM), la Confédération syndicale des travailleurs du Mali (CSTM), la Confédération malienne du travail (CMT) et la Centrale démocratique des travailleurs du Mali (CDTM).

Nous avons aussi élaboré une Stratégie de pacification du front social au Mali, bâtie sur les court, moyen et long termes. La mise en œuvre de cette stratégie est en cours. Des activités de formation ont aussi été organisées à l’endroit des partenaires sociaux sur des thèmes comme le dialogue social et la liberté syndicale.

Diriez-vous que le dialogue social est en panne au Mali ?

Le dialogue social est une réalité au Mali. Cela apparaît à travers le fait que la liberté syndicale est garantie par la Constitution du 25 février 1992, en son article 20. En effet, les personnes exerçant la même profession, des métiers similaires ou des professions connexes peuvent constituer librement un syndicat professionnel (article L 233 du Code du Travail), sans contraintes et sans limites autres que celles prévues par la loi (article 20, Constitution). On peut évoquer aussi l’existence de plusieurs structures, organes ou cadres de dialogue social (…).

Au vu de ce qui précède, on ne saurait parler de dialogue social en panne au Mali. On peut citer, entre autres difficultés, le problème de la représentativité, le manque de formation, l’insuffisance de moyens pour faire face aux revendications, qui sont pour beaucoup d’ordre financier, la recrudescence des revendications d’ordre corporatiste et le manque de confiance.

Propos recueillis par Fatoumata Maguiraga

Journal du mali

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