MOUSSA MARA, par devoir de patriotisme

Si l’oubli est une punition qu’on inflige à ce qu’on a trouvé en commun, même la mort cependant ne saurait engloutir certaines personnes qui se sont distinguées en bien dans l’exercice de leur sacerdoce.

Cette dernière décennie, les jeunes se sont beaucoup plaints de leur absence dans la gestion des affaires publiques. Se sentant oubliés dans les politiques publiques, ils se sont révolutionnés. Toute cette révolte ou tout cet éveil de conscience comme on aime le rappeler à chaque fois que de besoin, n’a pas empêché les jeunes de se ranger  derrière les politiciens traditionnels. Mêmes avis, mêmes manières de faire, mêmes désirs. Cela prouve à suffisance que le Mali est un paradis de paradoxe.

Moussa Mara

Il n’y a pas longtemps, on cataloguait certaines personnes comme des opposants farouches au régime. La suite est connue. Cela prouve à suffisance qu’on n’a aucune conviction politique. Donc il nous faut un << nouveau type de malien>>. C’est mon avis et celui de tous les maliens sceptiques.

Il est grand temps que les jeunes s’assument car le mal dans la jeunesse. La population malienne est jeune selon toutes les statistiques. Mais la gestion des affaires étatiques repose en grande partie dans les mains d’une même oligarchie politique septuagénaire en général. Et pourtant la meilleure manière d’aider la jeunesse, c’est de faire la jeunesse par elle-même. Mais il faut du courage car le Président Amadou Toumani Touré disait : << sans courage, il n’y a pas de gloire>> mais tant que l’appât du gain facile restera la base de la philosophie du jeune malien ordinaire, rien de bon ne se fera.

<< On ne cueille aucun fruit de la réussite sur l’arbre du repos>> dit-on. Les jeunes maliens veulent cesser d’être des courageux affamés d’espoir. Ils souhaitent vivre dans la cohésion, la solidarité et la fraternité, dans le respect des valeurs de progrès et dans la primauté.

Pour ce fait, ils ont choisi un chef de file. Ils ne prétendent pas qu’il soit un messie pour pouvoir porter le monde sur ses épaules mais ils ont l’impression qui a fini par devenir une conviction qu’il est le symbole de l’alternance. Il s’appelle MOUSSA MARA.

Beaucoup ont été comme Mara des jeunes sur lesquels toute la jeunesse a fondé et a manifesté un espoir grand mais comme le dit JEAN PAUL SATRE : << ils se sont salis les mains>>.

Monsieur Mara, si vous trahissez l’espoir que vous avez fait naître, les jeunes ne croiront plus jamais à aucun responsable. Ce sera alors le désert politique total dans notre pays, la disparition de l’espèce rare des références. Vous avez un vécu, un CV éloquent, immaculé, un parcours qui, à chacune des stations où le destin vous a placé, vous a élevé un peu plus. Suffisant pour dire que vous n’avez pas cherché à être ce que vous êtes. Vous êtes ce que vous êtes. De la mairie à la primature, en passant par le ministère et la représentation nationale vous vous êtes illustré de la plus belle des manières. Je ne vous chanterai pas. Je voudrai juste vous exhorter de rester là où vous êtes. Vous ne devez pas bouger car un repère ne bouge pas. Vous avez aussi un discours plein d’espoir car dépouillé de toute substance démagogique. Avec cet élan patriotique, l’espoir, même s’il est mince, existe. Il faut avancer avec endurance sans perdre l’enthousiasme mais il faudra faire preuve d’un don de soi inédit. Vous avez avec vous, la symbolique de l’espoir et la volonté de ne pas décevoir. Votre parcours qui tutoie déjà l’histoire suscite tous les espoirs.

L’histoire nous enseigne que lorsqu’on est appelé à lutter contre les monstres, on doit éviter de le devenir soi-même. Toutes les recherches et tous les témoignages qui ont été faits sur lui ont fait l’unanimité sur son caractère de patriote et sa dimension internationale d’humaniste.

Ces propos ne signifient pas qu’il faut mettre tous les vieux dans la poubelle car notre problème n’est pas générationnel. Il est lié au système. Quelque soit la compétence, le degré de patriotisme, la probité, l’intégrité de la personne qui mènera la baraque, elle échouera non pas parce qu’elle est jeune ou ancienne mais parce que le système est handicapant. Le modèle économique qu’a adopté ou qu’on a fait adopter à nos pays est inversé.

Comment conclure cette réflexion sans réécouter les propos de l’éminent juge sénégalais Keba Mbaye, le chantre de l’éthique : <<Que ceux à qui on a confié une parcelle de pouvoir et qui en abusent ou qui se sont enrichis en foulant aux pieds les règles de l’éthique se le disent bien : ils n’inspirent aucun respect aux yeux de nos compatriotes>>.

Je n’oublierai jamais qu’on est dans un pays à fortes barrières culturelles. Par conséquent, si mes propos ont heurté des sensibilités, je m’en excuse si j’ai violé dans le fonds et dans la forme de l’expression un droit malien et africain que je vous dois tous ou pour la plupart : le droit d’aînesse.Le silence devient pénible, presque coupable quand les valeurs républicaines désertent le champ politique.

Je vous remercie.

ABDOULAYE MAIGA

Interne en Pharmacie

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