Modibo Sidibé lors de la 1ère convention régionale des Fare à Ségou : « Il ne faut pas craindre le peuple, il est la solution »

Ségou a abrité, le samedi 23 novembre, l’ouverture de la première convention régionale des Forces alternatives pour le renouveau et l’émergence (Fare An Ka Wuli ». Après avoir fait une lecture de la situation sécuritaire du pays, le président des Fare, Modibo Sidibé, a concentré son intervention sur trois axes majeurs : évaluer leur parcours depuis le Congrès, faire l’état du parti et tracer les perspectives.

Dans son discours d’ouverture, le président des Fare a apprécié, à sa juste valeur, le thème choisi par la convention régionale de Ségou : Le Dialogue national inclusif, des perspectives de sortie de crise avec la volonté de « Rassembler pour rebâtir une Nation forte’’. Il a ensuite souligné que cette conférence régionale de Ségou se tient « dans un contexte difficile » pour le peuple confronté à une des crises « les plus graves et les plus complexes de son histoire ».

Modibo Sidibé a fait le tableau sombre du bilan désastreux de l’insécurité au Mali seulement en 2019. Pour lui, les attaques de Koulongo, Ogossagou, Soban da, Dioura, Guiré et d’autres confirment la gravité de la détérioration continue et inadmissible de la situation au Mali. Modibo Sidibé a aussi déploré les morts oubliés, les enlèvements, la détresse des populations isolées, déplacées, la déstructuration de l’économie rurale. Les attaques ignobles contre les FAMA Mondoro, Boulkessi, Indelimane, Tabankort… ont également été condamnées par le président des Fare. Modibo Sidibé a profité de l’occasion pour déclarer le soutien de son parti à l’armée malienne. « Nous soutenons les Forces de Défense et de Sécurité, nous saluons leur détermination qui se nourrit du patriotisme de nous tous, de l’intégrité de tous et du courage de tous », a-t-il martelé.

Pour l’ancien premier, la situation va de mal en pis et le constat est très amer. Il estime que ce qui doit compter pour le Mali et la sous-région, c’est d’engager la stabilisation du Mali et celle de la sous-région. « Pour parvenir à cela, il faut dissiper le nuage accumulé aujourd’hui au- dessus du Mali », a-t-il proposé.

Le premier axe que défend Modibo Sidibé

Dans un langage franc, Modibo Sidibé a invité ses militants à ne pas «se résigner ». « La tâche est rude et requiert de chacun de nous, un esprit de sacrifice et de dépassement de soi, de l’abnégation et la ferme résolution que ces temps difficiles ne sont qu’une étape de notre long cheminement vers les lendemains meilleurs qui nous attendent », laisse-t-il entendre. Selon Modibo Sidibé, leur force au niveau des Fare, c’est de chercher et de trouver en eux-mêmes l’imagination, le courage et la force d’apporter aux épreuves et aux défis, leurs propres réponses. « Et nous allons le faire et redresser notre pays », a-t-il promis.
La défense de l’Agenda Mali

Le deuxième axe, selon Modibo Sidibé, c’est de défendre l’agenda Mali. «Il urge de faire émerger un agenda du Mali ! », a-t-il défendu avant d’ajouter : « cela ne signifie nullement que nous devons rejeter la main de nos amis qui ont tant sacrifié pour notre liberté et qui sont à nos côtés, mais plutôt que nous devons aider nos amis à nous aider, avec un agenda malien de redressement de notre pays! ». Pour le président des Fare, les conditions d’un véritable Dialogue national doivent être réunies. Quant à la dynamique de très court terme, selon Modibo Sidibé, c’est un plan structuré autour d’un pacte de stabilité pour la sécurité, la croissance et le développement, issu d’un accord entre les Forces politiques et sociales afin de créer un changement radical de gouvernance, un climat d’apaisement sur les fronts sécuritaire, politique, économique et social et de recréer un sentiment de confiance mutuelle.

Le premier terme du pacte de stabilité, à en croire le président des Fare, c’est agir pour garantir la sécurité et redonner espoir à notre peuple. Pour ce parti, le gouvernement malien doit « recentrer son action, remodeler rapidement la gouvernance de la défense et de la sécurité, consacrer au financement des opérations de sécurité des ressources suffisantes… ». Ce n’est pas tout, les Fare recommandent au gouvernement de « marquer très fermement son attachement au droit et à la dignité de tous nos compatriotes où qu’ils se trouvent » et de « réaffirmer partout, la République comme creuset de toutes nos communautés ».

A en croire Modibo Sidibé, les autorités nationales doivent prendre les initiatives nécessaires, à la mise en place d’une architecture durable de défense et de sécurité du pays, et créer les conditions d’une coordination stratégique. Il propose davantage une synergie entre les FAMA, la MINUSMA, la force Barkhane, les partenaires bilatéraux et régionaux du Mali aux plans de la sécurité et du développement. Pour Modibo Sidibé, les forces nationales peuvent gagner cette lutte contre l’insécurité. « Dans la même optique, ce que ni la France, ni la MINUSMA, ni les autres forces qui viennent en aide au Mali ne pourront solutionner, c’est l’équation de l’État au Mali : la question de la viabilité de l’État du Mali, son organisation, son fonctionnement sur des bases plus solides, sa gestion transparente et équitable », a-t-il déclaré.
Le Troisième axe, la dynamique de court et moyen terme

Devant des dizaines de ses militants venus de tous les coins de Ségou, Modibo Sidibé a déclaré : « le vrai dialogue dont nous ne pourrons faire l’économie est celui qui part du préalable que notre État, notre territoire et sa réorganisation, que réinventer notre démocratie et l’adapter à l’évolution du monde ne sont pas des discussions vaines et propres ‘’aux temps de paix’’ ». Selon le président des Fare, la violence et la crise sécuritaire sont aussi le résultat d’une gouvernance et d’une expérience démocratique à bout de souffle. Pour lui, le peuple est la solution à la crise du Mali. « Il ne faut pas craindre le peuple, il est la SOLUTION. Replaçons le peuple au cœur de notre réflexion et de notre action afin qu’un agenda malien émerge et nous redonne un nouveau départ. Notre peuple a soif de participation, et il revient au politique d’offrir un débouché à ses aspirations. Réunissons notre pays, de la base au sommet afin de le tirer des affres qui le guettent », a-t-il déclaré.

Se prononçant sur le Dialogue national inclusif en cours, Modibo précise : « Le faible engouement et le désintérêt des populations pour le Dialogue en cours attestent du fait que ce dialogue n’épouse pas les attentes exprimées ». Pour lui, ce Dialogue n’a pas été ce grand moment de mobilisation et de communion des citoyens autour du Mali en crise. Par contre, il laisse entendre : « le DNI que nous appelons de nos vœux, exercice hautement démocratique et participatif repose sur les piliers principaux comme la légalité républicaine, l’autonomie, le caractère contraignant des recommandations, le libre choix des questions, un processus ascendant de la base au sommet avec au cœur les citoyens… ».Aussi, le président des Fare a tenu à préciser que « la force ne réside pas dans l’unanimité faite pour avancer à tout prix, mais plutôt dans la capacité à pouvoir dire NON et à tirer la sonnette d’alarme ! »

Avant de terminer, Modibo Sidibé a invité tous les Maliens à se battre pour que le Mali soit capable, entre autres, de bâtir un État propre, efficace, solide et juste ; de se doter d’un système de Défense et de Sécurité solide, efficient ; de se donner des institutions stables et durables ; d’avoir des alternances pacifiques, une maturité démocratique exemplaire ; d’avoir une croissance économique forte et redistributive, créatrice d’emplois et de richesses.

Boureima Guindo

LE PAYS

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