MINUSMA: le Mali exige la vérité

Le secrétaire général adjoint de l’ONU pour les opérations de paix, le Français Jean-Pierre Lacroix, boucle ce jeudi 28 juin 2022 une visite de cinq jours dans notre pays. Au cours de son séjour, Jean-Pierre Lacroix a eu l’opportunité de discuter avec les autorités transition des questions d’intérêt commun en priorité de la revue stratégique du mandat de la Minusma, en commun accord avec les autorités maliennes. Entre autorités onusiennes et celles de notre pays, il s’agissait d’abord à définir de manière claire les objectifs communs qui serviront au mieux la restauration de l’autorité complète de l’État. En clair, les deux parties ont revu la manière dont elles devraient travailler à appuyer en vue du retour de l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire national.

 

Jaloux de sa souveraineté vantée et clamée, notre pays a souhaité que le travail puisse se faire dans le respect de celle-là, dans le respect des Maliens, mais aussi dans le respect des choix politiques de notre nation.
Le renouvellement du Mandat de la Minusma est passé au peigne fin, de même que la demande de la reprise des rotations des effectifs de la Minusma autour de laquelle le Mali souhaite tenir rapidement une réunion annoncée pour pouvoir convenir des procédures et des protocoles assurant la transparence, la fiabilité des mouvements des contingents des Nations unies. Mais aussi étaient à l’ordre du jour les positions de principes que notre pays considère comme une sorte de politisation des droits de l’homme.
Lors de la séance de travail tenue en début d’après-midi ce mardi 26 juillet 2022 à Primature, en présence de neuf (9) membres du gouvernement, le Premier ministre le Dr Choguel Kokalla Maïga n’a pas fait preuve de grande diplomatie pour réitérer les positions de principes et les quatre vérités de notre pays au secrétaire général adjoint des Nations unies pour les opérations de paix, le français Jean-Pierre Lacroix.
Pour l’hôte du quatrième étage de la Cité administrative, le plus grand hommage que l’on rendra aux victimes de la crise multidimensionnelle que notre pays subi depuis 10 ans, est indubitablement un changement de paradigme et une évolution de la doctrine des Nations Unies, parce que sa Mission de Paix n’évolue pas dans un contexte classique, mais bien dans un environnement terroriste, et crime organisé de tout genre.

Prendre cette quête de changement pour un anti-Minusmisme, c’est ne rien comprendre à l’équation et donc aux solutions que la crise de notre pays requiert.
C’est pourquoi, le Dr Choguel Kokalla Maïga dira à son qu’«aussi longtemps que les raisons pour lesquelles la Mission a été déployée, à la demande de notre pays, ne soient pas comprises et satisfaites ; aussi longtemps que la MINUSMA aura du mal à s’acquitter convenablement de son mandat ; aussi longtemps, que les populations vont, continuer à regretter le passé récent fait de quiétude, les interrogations sur l’utilité et la pertinence de la présence internationale constitueront des sujets de préoccupation, qu’il faut savoir aborder avec courage et lucidité et non chercher à éluder avec malice ».

Il en est de même des fortes réserves de notre pays qu’un certain narratif falsificateur des positions de notre pays est en train de faire comme une volonté du Mali d’entraver et de faire obstacle à la mise en œuvre du mandat de la Minusma. Or, le Mali souverain qui n’a rien contre la Minusma dit dans la bouche de son Premier ministre que «la crédibilité de toute action de l’ONU sur notre territoire se jugera à l’aune de notre capacité collective, gouvernement du Mali et ONU, à assurer la protection des populations civiles, à lutter contre l’insécurité et le terrorisme, à aider au redéploiement de l’État, au rétablissement de sa souveraineté sur l’ensemble du territoire, et cela dans une véritable optique de stabilisation et de paix durable», sans aucune malice, sans aucun faux-fuyant, ou autres subterfuges.

Mais voilà, le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté la N°2640 du 29 juin 2022 renouvelant le mandat de la Minusma sans tenir compte des fortes réserves exprimées par l’État du Mali, quant au mécanisme des droits de l’homme, sans l’implication de l’État malien. Que devons-nous comprendre ? Que pour la mise en œuvre du mandat de «sa» mission sur «notre» territoire, nous n’avons pas notre mot à dire ? C’est pourquoi, réitérant les réserves de notre pays, Dr Choguel Kokalla Maïga estime qu’ «il est impératif de renforcer la coordination et de continuer étroitement à travailler ensemble, la main dans la main, et non pas de travailler les uns à côté des autres, y compris sur les questions de droits de l’homme, dont notre gouvernement et notre Armée sont à la fois soucieux et respectueux, en vertu de notre culture ancestrale et aussi en vertu de nos engagements internationaux ». Sur cette question il a rassuré Jean-Pierre Lacroix que le Gouvernement ait convié la MINUSMA à des échanges pour clarifier certains aspects de notre coopération afin de créer les conditions propices à la levée de la mesure suspensive de la rotation des contingents de la MINUSMA.

Pour ce qui est de la fameuse question des 49 éléments de l’armée ivoirienne arrivés… sans information préalable des autorités compétentes maliennes, le Gouvernement continue de réitérer sa demande de clarification des liens légaux ou contractuels entre les militaires ivoiriens concernés, Sahel Aviation Service et le contingent allemand de la MINUSMA.
Une façon plus élégante pour le Premier ministre de dire au secrétaire général adjoint des Nations unies pour les opérations de paix qu’en dépit de la note verbale adressée par la Minusma le 22 juillet 2022 au ministère des Affaires étrangères et la coopération internationale, la vérité se fait toujours attendre. Car, explique Choguel Kokalla Maïga, «au-delà des questions particulières, comme celles se rapportant à la situation des Éléments nationaux de Soutien (NSE) des pays contributeurs de troupes, le Gouvernement du Mali souligne la nécessité d’une plus grande transparence de la part de la MINUSMA en ce qui concerne ses effectifs en activité sur le sol malien, ainsi que sur les conditions de déploiement et de rotations de contingents militaires et civils et des NSE ».
Simple exigence du respect de notre souveraineté à la laquelle tient le gouvernement, dira le Premier ministre Dr Choguel Kokalla Maïga, comme à sa disponibilité au dialogue, dans de l’indépendance de notre pays et la dignité du peuple malien.

PAR SIKOU BAH

Source : Info-Matin

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