MANASSA DANIOKO PARLANT DE SES 900 MILLIONS F CFA: «Je les ai bouffés et il n’en reste pas un sous… Facile à dépenser, c’était de gros billets… Personne d’autre que moi ne les a vus…»

Dans une déclaration publique en date du 15 Novembre dernier, la Présidente de la Cour Constitutionnelle affirme haut et fort avoir reçu, « seule », la somme de 900 millions F CFA en gros billets et les avoir « bouffés » au point qu’il n’en reste plus rien aujourd’hui. Ce n’est pas « Le Sphinx» qui le dit, mais bien Manassa Danioko, présidente très controversée de la Cour Constitutionnelle du Mali. Des propos qui risquent de la rattraper dans le procès contre Boubacar Yalcoué, Directeur de Publication du journal «Le Pays». Ce, pour des raisons évidentes.


C’était à la faveur de la visite des membres du Conseil National de la Jeunesse (CNJ) au président de la cour constitutionnelle, Mme Manassa Danioko le jeudi 15 novembre 2018. L’objectif, selon les visiteurs, était de « s’imprégner du rôle et les missions de la Cour constitutionnelle».
Mais puisque quelques jours auparavant, la même Institution avait porté plainte pour diffamation contre notre Confrère Boubacar Yalcoué, la maîtresse des céans, a jugé opportun d’évoquer le sujet en présence de ses hôtes. Voici un extrait de sa déclaration sur le sujet :
« [Maintenant] Nous allons parler de l’histoire des 900 millions F CFA que nous avons reçus. Il faudra qu’on apporte la preuve… Quelque part, il s’est passé quelque chose… Les Observateurs internationaux [présents au Mali au moment des faits], m’ont demandé ce que j’ai fait des 900 millions F CFA. J’ai dit que je les ai bouffés et qu’il n’en reste pas un sou. Ils [les Observateurs] ont demandé leur part. Je leur ai dit que c’est fini, qu’il ne reste plus rien, que j’ai fini de bouffer… C’était facile à dépenser. C’était de gros billets… Personne d’autre que moi ne les a vus…».
Les déclarations sont sans ambiguïté. Elles émanent bien de Manassa Danioko, présidente de la Cour Constitutionnelle du Mali. Pas de doute à ce sujet. Et nous avons la vidéo à disposition.


Mais, s’agit-il d’une simple boutade, d’une tentative de dérision ou d’un aveu de culpabilité saupoudré ? Il parait, en tout cas, que dans certaines circonstances, la vérité s’avère la plus incroyable. Aussi, il est de notoriété que certaines personnes ont le don et la manie d’émettre un grain de vérité dans un tissu de mensonges. Libre donc à chacun d’avoir une opinion sur la question. « J’ai reçu et bouffé les 900 millions F CFA», a-t-elle dit ! «Le Sphinx » est de ceux-là qui la croient sur parole. Respectueux de la gérontocratie, du droit d’aînesse, de nos valeurs culturelles et sociétales, nous avons toutes les raisons d’avoir foi aux dires de la grande sœur Manassa Danioko ! Elle dit vrai ! Sacrée Manassa !
Formelle et affirmative !


Le véritable tort de l’Oratrice est surtout d’évoquer publiquement le sujet alors que le dossier était déjà au niveau de la juridiction compétente. Et c’est encore elle qui l’affirme dans les mêmes circonstances et lieu : « Quand j’ai voulu répondre [à l’article de presse relatif aux 900 millions], un message est tombé sur le téléphone du conseiller qui m’accompagnait pour me dire que la citation est faite pour ce dossier. Ça veut dire que nous allons en procès contre ceux qui l’on dit. Il faudrait, qu’ils nous apportent des preuves». Que d’enseignements !
Ce n’est donc pas Manassa Danioko qui a décidé de porter plainte quand bien même elle soit personnellement désignée dans l’article conflictuel, mais plutôt le mystérieux auteur du message « tombé sur le téléphone du conseiller». Ce dernier (ou cette dernière) a donc décidé ou incité à porter plainte à sa place. Où se trouve donc le sens de la responsabilité chez notre chère présidente de la Cour Constitutionnelle ? Passons !
En juriste confirmée (du moins espérons-nous) et présidente de la plus haute Institution du pays, Manassa Danioko se prononce ainsi publiquement sur un dossier pendant devant la justice de son pays. Trafic d’influence ou tentative de manipulation, d’intimidation ou d’immixtion ? Aux acteurs de tirer les leçons de ce qu’il faut qualifier d’outrance.


Enfin, elle exige que la preuve de l’accusation soit apportée. Normal dans des conditions normales. Mais ici, elle est seule à les avoir et c’est encore elle qui l’affirme : « C’était de gros billets… Personne d’autre que moi ne les a vus…». C’est donc à elle d’apporter la preuve du contraire.
Bien entendu, l’accusée et ses Conseils (avocats) pourront toujours dire que les déclarations entraient dans le cadre d’une boutade et tentative de dérision, que Manassa ne les a prononcées que dans ce seul et unique contexte. Alors ceux de Yalcoué pourront dire la même chose pour leur défense à la seule différence que Manassa, dans ses propos, déclare : « maintenant, nous allons parler des 900 millions F CFA que nous avons reçus ». Notez bien : « des 900 millions F CFA que nous avons reçus» !
Elle ne dit pas : « que nous aurions reçus» ou « des présumés 900 millions que nous avons reçus», mais plutôt, «des 900 millions que nous avons reçus». Elle est tout simplement, formelle, affirmative et confirmative. Alors question : où commencent et finissent la tentative de dérision et la boutade ?
Batomah Sissoko

Source: Le Sphinx

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