Mali : La ministre allemande de la Défense au Mali en pleine crise sécuritaire

La situation sécuritaire se dégrade chaque jour un peu plus dans le nord du pays. C’est dans ce contexte sécuritaire délétère que la ministre allemande de la Défense, Annegret Kramp-Karrenbauer, s’est rendue au Mali.

 

C’est la première visite d‘Annegret Kramp-Karrenbauer au Sahel depuis sa nomination à la tête du ministère de la défense, en juillet dernier. La ministre allemande de la défense est allée sur le terrain pour évaluer la situation sécuritaire dans une région où la Bundeswehr, l’armée allemande, est présente depuis six ans avec près d’un millier de soldats. Des militaires qui participent à la formation de l’armée malienne et à la mission de paix de l’Onu au Mali, la Minusma.

Coopération avec le Mali

La ministre allemande de la Défense Annegret Kramp-Karrembauer a été reçue lundi (7 octobre) par le Premier ministre malien Boubou Cissé. C’était en présence de son homologue malien le Général de Division Ibrahim Dahirou Dembélé.

Il a été question  des enjeux sécuritaires et de développement du Mali. Autres sujets évoqués au cours des échanges,  le renforcement de la coopération militaire et le développement des projets pour améliorer les conditions de vie des populations maliennes.

Annegret Kramp-Karrembauer a aussi profité de son séjour pour visiter le Centre l’EUTM-Mali à Koulikoro ainsi que le contingent allemand de la Minusma (Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali)..

La ministre allemande de la défense a reconnu la dégradation de la situation sécuritaire dans le pays. Une situation due essentiellement aux manquements de l’armée. « Il y a entre autres un manque d’équipements appropriés. Ils n’ont pas assez de voitures blindées pour se défendre eux-mêmes. Ils n’ont pas reçu une bonne formation tactique. Le commandement change trop souvent » relève Thomas Schiller de la Fondation Konrad-Adenauer à Bamako

Conflits communautaires

Autre explication du revers de l’armée malienne, les conflits communautaires au centre et au nord du pays. Une situation que les djihadistes mettent à profit estime  Baba Dakono chercheur à l’Institut d’études de sécurité de Dakar.

Selon lui, « la capacité des groupes extrémistes violents ne réside pas seulement à leur seule puissance militaire. Mais surtout à leur capacité à faire recruter au sein des communautés au niveau local. »

 

Putsch militaire

Conséquence de l’insécurité dans le nord du Mali,  des rumeurs font état d’un mécontentement au sein de l’armée et de la possibilité d’un putsch militaire. « Le Mali, a plus que jamais  besoin de solidarité, de se resserrer, et non d’élucubrations des nostalgiques de putsch », a  pour sa part répondu le président malien Ibrahim Boubacar Keita.

Dégradation de la situation sécuritaire

La ministre allemande de la défense s’est rendue au Mali au moment où la situation sécuritaire dans le nord du pays est jugée très critique avec la multiplication des attaques contre l’armée nationale. Dimanche, un Casque bleue a été tué et cinq autres blessés  dans deux attaques contre la Minusma. En début de semaine dernière, au moins 38 soldats maliens ont été tués par des djihadistes présumés dans deux localités près de la frontière du Burkina Faso.

« Après une attaque comme celle qui a eu lieu  récemment à Boulkessi (et Mondoro dans le centre, ndlr, près de la frontière du Burkina Faso) contre les forces armées maliennes, il faut bien sûr évaluer pourquoi ces genres de choses arrivent », suggère Thomas Schiller le représentant résident de la Fondation Konrad-Adenauer qui a accompagné  la ministre allemande dans son périple.

Source : D W

Suivez-nous sur Facebook sur