LOUISE MUSHIKIWABO SUR SON PROJET POUR LA FRANCOPHONIE : « Mon engagement est de concrétiser notre aspiration à tous, vivre pleinement notre francophonie »

Dans une tribune publiée sur lopinion.fr, l’adversaire de Michaëlle Jean à la course pour le poste de secrétaire générale à l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF), Mme Louise Mushikiwabo, s’est attelée à la justification de sa candidature, à l’explication de ses projets pour une véritable Francophonie, ainsi qu’à retracer l’histoire même de cette organisation. La Rwandaise montre dans son intervention qu’elle a pour ambition de revivifier cet espace de solidarité. Cette intervention est survenue juste à la veille de l’ouverture du Sommet, ce jeudi 11 octobre 2018 à Erevan, capitale arménienne.

Aux sources de la Francophonie

« La Francophonie a une histoire, dans laquelle je m’inscris pleinement. Elle est aussi, et surtout une idée neuve que je compte porter avec détermination. » C’est en ces termes que la dame de fer, qui est pratiquement arrivée à déraciner Michaëlle Jean de son poste de secrétaire générale de l’OIF, s’est exprimée dans une tribune publiée le mercredi 10 octobre 2018 sur lopinion.fr. Louise Mushikiwabo montre que sa candidature vise le retour aux sources de la Francophonie.

À ce titre, elle décrit cette histoire qui est celle de la création de l’organisation de la Francophonie, chose qui remonterait, selon elle, à des politiques n’ayant même pas le français comme langue maternelle. Il s’agit notamment des gens comme Léopold Sédar Senghor, Habib Bourguiba et Norodom Sihamouk, explique-t-elle, avant de préciser que ceux-ci ont initié cet espace comme un cadre de solidarité. « Ce projet, à l’origine, était un projet d’émancipation, d’ouverture, faisant parler d’égal à égal des pays qui partagent la même langue », lit-on dans la tribuneÀ ses dires, en plus de cet héritage dans lequel elle s’inscrit, elle a également pour dessein la sauvegarde de cet autre héritage voulant que la Francophonie soit cette organisation réunissant plusieurs États autour d’un même idéal, la promotion de la langue française. Louise Mushikiwabo invite alors tous les États à faire de cette organisation un véritable cadre où chacun aura la latitude de débattre des sujets relevant des problèmes de nos sociétés, notamment le changement climatique, les migrations, etc. cet espace qui se doit d’être multilatéraliste doit apporter des solutions à ces phénomènes, précise-t-elle.

Qu’attendre d’elle une fois à la tête de la direction de l’OIF ?

Mushikiwabo ne fait aucun doute que si elle est désignée secrétaire générale de la Francophonie, elle le doit aux chefs d’État et de gouvernement africains. À ce titre, elle se dit redevable envers eux et leurs peuples auprès desquels elle s’engage à rester à l’écoute afin de s’assurer de pouvoir répondre aux attentes des milliers de citoyens francophones vivant de part et d’autre le monde. En retour, demande-t-elle, ces peuples doivent s’engager à soutenir ce projet de toute leur force.

Faire de la langue française une langue de l’Internet

La Francophonie étant un espace de solidarité et notamment de solidarité linguistique, il importe de beaucoup que la langue française grâce à l’Afrique doive compter sur plus de 700 millions d’utilisateurs au milieu de ce 21e siècle, martèle-t-elle. Chose salutaire d’après elle puisqu’elle favorisera l’émergence de la mondialisation. À l’en croire, il faudrait créer un cadre idéal assurant la transmission de cet héritage aux générations futures. « Il est crucial que la langue française soit une grande langue de l’Internet et qu’elle joue un rôle plus important dans les organisations internationales et le monde des affaires », recommande-t-elle. La candidate favorite à l’occasion de ce 17e sommet de l’OIF pense faire de cela une de ses priorités une fois qu’elle sera élue à ce poste de secrétaire générale.

Développer une vraie solidarité politique

Parmi ses priorités, elle entend également se battre contre les injustices, les inégalités, la mauvaise gouvernance, les guerres dans le monde. Les questions genre ne sautent pas hors de son vaste projet de solidarité. Elle précise à cet effet qu’elle n’aura nullement vocation à substituer la Francophonie à des organisations chargées de telle ou telle question, mais plutôt les aider à l’atteinte de leurs objectifs. Elle recommande alors une véritable solidarité entre tous les pays francophones afin d’instaurer une vraie réconciliation au sein de nos communautés.

« La jeunesse africaine […] ne s’est pas éloignée de la langue française »

Aux dires de Louise Mushikiwabo, tous les hommes qui ont déjà occupé le fauteuil de la Francophonie ont su innover en en résolvant certains problèmes. À l’instar de tous ceux-ci, elle s’engage, une fois désignée à la direction de l’OIF, de revoir les approches sur la jeunesse africaine qu’elle connait bien. Cette jeunesse, rassure-t-elle, a développé un amour fou pour la langue française sans se défaire de l’anglais, de l’espagnol, du chinois, de l’arabe ou de leurs langues maternelles. À ce titre, elle laisse entendre : « La jeunesse africaine que je connais ne s’est pas éloignée de la langue française. Elle s’est éloignée de la Francophonie. » Se voyant délaissée par la Francophonie parce que ne voyant pas ce que celle-ci lui a apporté ou peut lui apporter, cette jeunesse se détourne de plus en plus d’elle, Mushikiwabo se donne alors pour objectif de donner un nouvel élan à ce projet de la Francophonie.

La Francophonie économique

Il faut accompagner la jeunesse en la dotant des outils nécessaires lui permettant de travailler les larges potentialités économiques dont regorge l’espace francophone, se projette-t-elle. La maitrise des outils numériques en ce 21e siècle entre en ligne de compte dans ce projet. Il faudrait, explique-t-elle, que la Francophonie économique devienne une réalité. « Mon engagement est de concrétiser notre aspiration à tous, vivre pleinement notre francophonie » a-t-elle laissé entendre pour finir.

Fousseni TOGOLA

Source: Le Pays

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