Les observations préliminaires de la mission d’observation électorale de l’Union européenne

Pour la Mission d’observation électorale de l’Union européenne, le premier tour de l’élection présidentielle a été marqué par d’importants défis organisationnels et sécuritaires. Le chef de la mission, Cécile Kyenge, a donné un point de presse, le mardi 31 juillet, à l’hôtel Sheraton, pour rendre publique sa déclaration préliminaire.

Selon Cécile Kyenge, bien que des incidents sécuritaires aient affecté le déroulement du scrutin dans une partie des bureaux de vote des régions du centre et du Nord, le vote s’est déroulé dans le calme dans le reste du pays. Elle a expliqué que les procédures ont été globalement respectées malgré des difficultés dans l’établissement des procès-verbaux.

Aux dires de Cécile Kyenge, la Mission d’observation électorale de l’Union européenne, qui a suivi le dépouillement de vote et poursuit son observation de la centralisation des résultats, renouvelle sa demande adressée aux autorités de publier la liste complète et détaillée de l’ensemble des bureaux de vote où le vote n’a pas eu lieu, dans un souci de transparence et de préservation de l’intégrité du scrutin. Elle demande, en outre, la publication au plus tôt et en ligne de l’ensemble des résultats de bureau de vote par bureau de vote.

Par ailleurs, la chef de la mission a également appelé les candidats à faire preuve de mesure en évitant d’annoncer leurs propres estimations avant publication des résultats provisoires par l’administration électorale et à régler les contestations éventuelles de manière pacifique en privilégiant la seule voie des recours judiciaires. Elle a aussi invité la Cour constitutionnelle à faire preuve de transparence dan la motivation de ses décisions.

Selon toujours Cécile Kyenge, en raison de plusieurs facteurs, l’élection a été caractérisée par une faible inclusivité. Il s’agit du cadre sécuritaire, de la très faible inscription des jeunes sur le fichier électoral, des interrogations liées à la distribution des cartes d’électeur, de l’exclusion de la plupart des réfugiés maliens et des difficultés à voter pour les Maliens déplacés à l’intérieur du pays qui ont contribué à limiter fortement le droit des Maliens au suffrage universel.

Notons que la déclaration préliminaire de la Mission d’observation électorale de l’Union européenne est publiée avant l’achèvement du processus électoral. Des étapes essentielles restent à accomplir comme la centralisation et l’annonce des résultats provisoires ainsi que le traitement du contentieux. Elle restera au Mali jusqu’à la proclamation des résultats définitifs y compris en cas de second tour et publiera ultérieurement un rapport final comprenant une analyse complète du processus et des recommandations pour les élections  futures.

Diango COULIBALY

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Scrutin du 29 juillet : le réseau Apem rend public son rapport d’observation électorale

Le réseau d’ONG d’appui au processus électoral au Mali (Apem) a rendu public, le mardi le 31 juillet, son rapport d’observation électorale à son siège à Hamdallaye ACI 2000, à la faveur d’un point de presse, animé par son président, Dramane Diarra.

Pour le premier tour de l’élection présidentielle, le réseau Ong d’appui au processus électoral au Mali (Apem) a déployé sur fonds propres 202 observateurs sur l’ensemble du territoire national. Selon Dramane Diarra, président du réseau Apem, en général, les bureaux de vote ont ouvert à 8 heures, soit 97% des bureaux de vote observés, à l’exception de quelques bureaux dans la commune urbaine de Kayes pour cause de mise en place du matériel électoral en présence même des lecteurs, de quelques bureaux de vote du cercle de Gao, pour moins d’une heure. Cependant, il a indiqué que les 5 bureaux de vote des 2 fractions nomades de Kelbougou et Banganafoghas dans la commune rurale de Bara, cercle d’Ansongo, région de Gao, ont ouvert à 14 heures pour raison d’insécurité.

En ce qui concerne le déroulement des opérations de vote, le conférencier a souligné que le processus d’identification systématique par l’assesseur de la majorité et de l’opposition a été appliqué. Il a expliqué que dans les bureaux de vote observés, il n’y a pas eu assez de vote par procuration et d’incidents majeurs. Selon Dramane Diarra, le scrutin s’est déroulé dans un climat serein et apaisé partout où il a pu se tenir.

Pour la clôture et le dépouillement du scrutin, le président du réseau Apem a mentionné qu’en général, les bureaux de vote ont été clôturés à 18 heures. Il a ajouté que la liste d’émargement n’était pas systématiquement arrêtée et signée par les membres des bureaux de vote. Aussi, a-t-il expliqué, les signatures de l’assesseur de la majorité et celui de l’opposition n’ont pas été systématiquement vérifiées sur chaque bulletin de vote partout.

Faisant un constat général de ce premier tour, le conférencier a noté l’indisponibilité des cartes d’électeurs biométriques non retirées dans les bureaux de vote indiqués, le jour du vote ; l’absence et surtout le retard des agents électoraux, notamment les assesseurs de la majorité et de l’opposition ; des incidences graves dans certaines localités du centre et du Nord ; le faible niveau des agents électoraux et surtout des délégués des candidats ; la mobilisation mitigée des électeurs, etc.

Au regard de ces constats, le réseau Apem félicite l’ensemble des acteurs de la chaîne sécuritaire pour le maintien de la sécurité dans une bonne partie du pays et exhorte les autorités à étendre la couverture sécuritaire aux localités victimes d’attaques lors de ce premier tour du scrutin. Il exhorte aussi les acteurs à la consolidation de la gestion consensuelle du processus, encourage les candidats à se faire valablement représenter dans les bureaux de vote au niveau des commissions de centralisation et demande l’intensification de la distribution des cartes d’électeurs.

Diango COULIBALY

 

Le Reporter

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