LES DESTINS LIÉS DES PARTIS POLITIQUES MALIENS ET DE LEURS FONDATEURS

Je me suis toujours posé ces questions: pourquoi depuis leurs créations, les partis politiques maliens demeurent sous le contrôle du même chef? Pourquoi Les chefs des partis sont toujours les candidats naturels aux élections ? Pourquoi aucune alternance au sein du parti quand il s’agit du leadership ?

Premièrement, la raison est toute simple: si le chef lâche ou disparaît, le parti se disloquera. Dans l’histoire politique récente, seul l’Adema-PASJ a défié cette loi de la nature politique malienne. Cela est peut-être dû à son histoire et à la méthode de sa constitution.

Vu les dernières scènes de ménage au sein du RPM, on a pas besoin d’être un sortant de sciences Po pour deviner que sans IBK, le parti du tisserand implosera. Le processus d’effritement qui s’opère sous nos yeux prendra fin après 2023.

Idem, pour l’URD. La cacophonie observée ces derniers jours prouve à suffisance que l’absence de son leader a eu des effets négatifs. Sans Soumaila, le parti ne sera que l’ombre de lui même.Il en est de même pour les autres partis hormis l’Adema qui a résisté à bien de départs dans ses effectifs.

Secundo, faut dire aussi que dès la base ces partis sont initiés autour de la personne du Président-fondateur. Ce dernier ne se casse pas la tête pour faire du parti une structure durable, c’est juste un outil de prestige politique personnel et d’ascension des carrières individuelles.Le parti a la même espérance de vie que son fondateur. C’est également valable pour les autres étapes de son cycle de vie: plus le fondateur est en bonne posture politiquement, plus le parti se porte bien. Plus il est loin des affaires, plus il se porte mal. Les deux destins sont intimement liés. Les exemples sont légions.

Dans leur ensemble, les chefs des partis politiques considèrent ces derniers comme un patrimoine personnel. Les autres cadres qui ornent ces chapelles servent plutôt des individus qu’un réel idéal politique ou projet de société. C’est certainement dans cet état des choses que se trouve le mal de notre démocratie. Les partis censés faire de celle-ci une réalité, sont en réalité le nid où se développe la dictature et l’omniprésence d’un individu qui sont ensuite étendues à nos institutions!

Par ailleurs, Il est un constat que les présidents-fondateurs ne laissent aucune ambition pour les autres membres, mêmes ceux qualifiés du titre flatteur de « membres- Fondateurs ». Le président qui est en général le premier bailleur du parti fait toujours en sorte de garder toutes les cartes en mains: En l’absence de Tiebilé que sera le Parena? Le Sadi sans Mariko? Le Yelema sans Mara? Le MPR sans Choguel? Le CNID sans Tall? L’ADP sans Diallo? Etc. Et etc.

Même si beaucoup se cachent derrière des titres honorifiques comme « Président d’honneur », d’autres même sans titre, le « président-fondateur » demeure une institution non statutaire qui décide de tout au détriment du Bureau politique national qui est une caisse vide,qui sert à donner une caution de collégialité aux désidératas du Camarade Président-Fondateur ( qui n’est que le camarade de lui-même ).

M. ASSORY

 

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