La corona caponnade sécuritaire des législatives

La course effrénée à l’Hémicycle ne fait pas perdre de vue les dangers les engins explosifs improvisés (EEI) qui truffent le chemin conduisant à Bagadadji. Certains acteurs politiques, par anticipation, n’ont eu de cesse de déclamer leur caponnerie. Par exemple, les obsessions sécuritaires étaient récurrentes chez MAIGA Sina DAMBA, candidate aux législatives dans la circonscription de Nara.

 

Dans une récente interview qu’elle a bien voulu nous accorder, elle soulignait une nouvelle fois : « (…) les élections vont se tenir dans un contexte sécuritaire extrêmement difficile, tous les acteurs politiques l’ont souligné lors des différentes rencontres avec le ministère de l’Administration territoriale qui se veut rassurant en affirmant devant tous que toutes les dispositions seront prises par les départements chargés de la Défense et de la Sécurité pour assurer la sécurité avant, pendant et après les élections.

La question qui mérite d’être posée, est de savoir comment l’État, qui depuis plusieurs années n’a pas pu assurer la sécurité du pays, pourrait, à la faveur des élections, de façon miraculeuse, sécuriser les agents électoraux, les candidats, les acteurs de l’Administration (gouverneurs, préfets et sous-préfets, etc.) » ?

Il ne s’agissait certainement pas de contaminer par un discours catastrophiste où la précaution tourne à la psychose. La caponnade sécuritaire était et est justifiée. En effet, moins d’une semaine après l’ouverture de la campagne, le véhicule d’une candidate, ironie de l’histoire, de la circonscription de Nara, celle où se présente MAIGA Sina DAMBA, a fait l’objet d’un braquage avant-hier mardi.

D’autres candidats de circonscriptions du Centre et du Nord, moins hardis ou en tout cas jouant à fond la carte de la pusillanimité sont dans l’expectative. Pour eux, la campagne est plus que jamais aléatoire. Voilà qui remet au goût du jour la question du timing pour organiser des élections dans un contexte sécuritaire explosif. La ratiocination, à cet égard, est irréfragable.

Mais les arguments en faveur de la tenue des législatives sont également irréfutables : l’expiration du mandat des députés depuis 2018 les plongeant dans l’illégitimité ; les accords avec la MINUSMA et les mouvements signataires sur la sécurisation des opérations de vote ; la nécessité d’appliquer la Résolution N° 1 du Dialogue National Inclusif portant sur la nécessité d’organiser dans les meilleurs délais des élections législatives ; dans la même circonscription électorale, les candidats sont desservis au même titre par l’absence de campagne.

Dans ce salmigondis, il fallait trancher pour traiter d’autres dossiers dans le pipeline : la réforme constitutionnelle ; la relecture de certaines dispositions de l’Accord pour la paix et la réconciliation. C’est ce qui est en train d’être fait.

PAR BERTIN DAKOUO

INFO-MATIN

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