La candidature d’Assimi Goïta pour 2022 de plus en plus sollicitée : Le Colonel va-t-il démissionner ?

Après le coup d’État contre le président IBK, démocratiquement élu, la plupart des institutions ont été militarisées. Et ce n’est pas gratuit.Il semble que c’est pour permettre à Assimi Goïta de démissionner ultérieurement et de s’accaparer les rênes du pouvoir en se portant candidat à la prochaine présidentielle qui doit se tenir en 2022. Tout est en train d’être pipé pour en arriver à cette stratégie ou solution qui n’est plus qu’un secret de polichinelle. En effet, suite à la nomination des militaires dans les régions considérées comme bastion électoral, il est prévu que l’actuel vice-président trouve refuge dans un parti pour lui ouvrir un boulevard, relais de sa lente, mais rassurante marche vers Koulouba.

 

Sauf retournement de dernière minute, Assimi Goïta doit être le candidat d’un conglomérat de parti dont les noms suivent : la CMAS de Mahmoud Dicko ou le parti de Moussa Sinko, à défaut d’une des formations politiques satellitaires du pouvoir militaire actuel comme l’ADEMA, le RPM, et l’ASMA de Soumeylou BoubèyeMaïga et leurs cliques.

Les conciliabules sont déjà terminés. Il reste la phase ou le mode opératoire selon des informations. Les partis politiques susmentionnés sont de facto appelés en renforts. Mais le décès à la dernière minute et à la surprise générale de l’opposant Soumaïla Cissé a bouleversé les données tout en contribuant à faciliter cependant tacitement la tâche. Et les retrouvailles entre porteurs d’uniformes, religieux, et anciens partisans d’IBK, le tout sous la supervision de la faiseuse de Roi qu’est l’Adema-pasj, sont déjà scellées.

La première mouture architecturale d’une telle œuvre sera de barrer la route au premier qui émergera. Après Soumaïla, l’attention des uns et des autres est attirée vers Aliou Boubacar Diallo et Moussa Mara, les deux mastodontes aptes à fausser le plan après que Boubou Cissé ait été réduit au silence.

La présence de Mahamadou Diarrassouba, pur-sang RPM, d’Imbarcawane et Marimantia nés pour le parti rouge et blanc (l’ADEMA) et autres Issa Kaou Djim fidèle parmi les fidèles de Dicko et Timbiné toujours avec les régimes en naissance, procède de cette situation pour bloquer, à la régulière, c’est-à-dire légitimement légalement, tout contrevenant au projet. C’est donc un consensus ambiant qui règne au niveau du CNT où les manettes sont tenues d’une main de fer par l’auteur ou l’acteur principal du coup d’État, plébiscité, il y a seulement quelque temps. Ils font semblant comme s’il y a un problème hiérarchique d’intérêt ou de stratégie, au sommet de l’État, mais ils embouchent la même trompette en réalité. C’est un saupoudrage organisé. C’est le chemin le plus court à emprunter pour eux.

La limite d’âge constitutionnelle de candidature qui doit désormais culminer à 70 au lieu de 73 ans était le premier combat annoncé au CNT. Cela handicape tous les vieux briscards du microcosme politique malien. Si cela devrait échouer, ce sera un crash personnel pour Malick Diaw parachuté au CNT pour cette cause et dont la mise à l’écart de feu-Soumi constituait la mission principale.

Les balises de la deuxième bataille la plus rude et qui consistera à se battre sur le terrain politique sont en train d’être posées. Ainsi, outre la MILITARISATION à outrance, des chefs-lieux de région, il s’agit de mettre les adversaires politiques sous l’éteignoir ou l’isoloir en dressant les grands partis traditionnels contre eux, des partis rompus à la guerre comme à la guerre. Toutes ces questions étant définitivement tranchées, on est parti pour un pouvoir militaire de durée. Irrévocablement et irrémédiablement. Le M5-RFP, s’il en existe encore, n’a pas tout vu. Il ne pourra rien. Pour l’avenir et le devenir du Mali, il faut pourtant soutenir la TRANSITION.

ISSIAKA SIDIBÉ

Source : Le Matinal

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