Issa Kaou Djim : ‘‘mettons balle à terre…’’

‘‘Personne n’a intérêt à embraser le pays…’’
L’Ortm aura réussi son coup en faisant son pic d’audience le plus élevé, mais le duel de toutes les attentes se sera soldé par bien de déceptions. Ceux qui, nombreux aussi ont parié sur un David (Amadou Koïta, AK) contre Goliath (Issa Kaou Djim, IKD) en ont eu pour leurs frais.

 

Très bien préparé, le ministre Amadou Koïta a fait jeu égal avec le tribun du peuple autoproclamé. Mieux, AK aura réussi à mettre à nu cette « aventure ambiguë » que constitue cette imposture : prendre alibi le peuple pour perpétrer un putsch et pire le plan de trapèze sans filet de secours que propose le M5-RFP aux Maliens : renvoyons IBK et son régime, après on va s’entendre sur le reste !
En réussissant à faire admettre et commenter cette stratégie d’aventure sans issue par IKD, le ministre AK a réussi sa mission : étaler l’incurie et l’irresponsabilité du Mouvement populaire en rupture avec l’Imam et qui n’a aucun plan préétabli pour l’après-IBK.

Mais Issa Kaou Djim aura par-dessus tout réussi son objectif initial : réclamer à la télévision nationale la démission d’IBK et de son régime. En le faisant, Issa Kaou N’Djim a réussi une première : désacraliser le pouvoir en place sur ses propres antennes. Tout ce qu’AK dit ne l’intéresse guère ce qui l’importe, c’est le message qu’il avait à livrer, et il a réussi à le livrer.
Pour la première fois depuis le début de la crise, le M5-RFP a procédé à un glissement notable du curseur. Arcbouté jusqu’ici à la démission du président IBK et de son régime sans aucune autre concession, le M5-RFP accepte l’ouverture du dialogue. Parce que « personne, estime IKD, n’a intérêt à embraser le pays. Personne n’a intérêt à opposer les uns aux autres pour sauver un homme ou un régime. Je pense que s’il doit y avoir un dialogue, on doit dialoguer sur des valeurs, sur des questions de fond. »
Au nom de son regroupement IKD annonce sur les antennes de l’ORTM que « L’essentiel, c’est la question politique, il faut une solution politique ». Pour y arriver, il estime que « Personne n’a intérêt aujourd’hui à créer l’affrontement à Bamako. Donc, il ne faut pas chercher à menacer les gens. Mettons la balle à terre, que le président agit en père de la nation, qu’il écoute la voix de la raison ».
Voici la Conclusion de la harangue du porte-parole de l’Imam, sacré El Hadj Issa Kaou Djim !

Dr Paul TRAORE : Moi j’ai dit gouvernement d’union nationale et des missions avec une feuille de route claire très claire et sous la surveillance de la société civile.
Qui le suivi-évaluation soit d’une certaine importance, parce que le problème est très profond.
Donc, il ne faudrait pas essayer de régler ça par un partage de gâteau.
On met en place un gouvernement et on se partage les postes. C’est ce qu’il faudrait éviter.
Donc, un gouvernement d’union nationale et de missions avec une feuille de route est clair sous la surveillance de la société civile.

D’accord, M. Kaou N’DJIM, quelle est votre solution ?

Moi je pense que je suis d’accord sur une chose. Personne n’a intérêt à embraser le pays. Personne n’a intérêt à opposer les uns aux autres pour sauver un homme ou un régime.
Je pense que s’il doit y avoir un dialogue, on doit dialoguer sur des valeurs, sur des questions de fond.
Je suis d’accord aujourd’hui que ça soit ceux qui dirigent, en tout cas, le pays pendant un bout de temps, on est légaliste hein, ceux qui contestent, nous sommes tous des Maliens.
Je pense, si réellement le président Ibrahim Boubacar KEITA et tous ceux ou toutes celles qui veulent le bonheur doivent vraiment aller à l’essentiel.
L’essentiel, c’est la question politique, il faut une solution politique.
On ne peut pas nous faire des habillages, nous faire avaler que le président est dans son rôle.
Si le président n’était pas contesté dans son rôle, personne ne dira rien.
Il a fait 7 Premiers ministres ici. Qui a levé le petit doigt ?
Parce que lui-même, il l’a dit, que le mal est profond et il très profond. Personne n’a intérêt aujourd’hui à créer l’affrontement à Bamako. Donc, il ne faut pas chercher à menacer les gens.

Mettons la balle à terre, que le président agisse en père de la nation, qu’il écoute la voix de la raison. Je ne voudrais pas être prétentieux pour essayer de lui donner des leçons.

Mettre la batte à terre, ça veut dire qu’on va négocier ?
Non, négocier sa sortie honorable. C’est ce qu’il ne veut pas entendre. Il faut que le président parte avec son gouvernement. Ça, c’est une offre politique que nous nous avons.
Mais, le président n’a rien proposé. Il nous tend la main, mais on ne veut pas la main. On ne veut pas de son pouvoir et son régime. Qu’ils partent. On n’a pas dit qu’on prend, mais qu’ils partent. Parce lui, il ne peut plus rien donner au Mali. C’est fini.
Maintenant, nous sommes d’accord que c’est un président qui a eu des charges, que c’est une personne respectée et respectable. Qu’il doit jouer comme Mandela a joué. Qu’il se sacrifie pour son peuple. Au lieu de dire que je suis le président, je reste le président.
Il est président des Maliens. Si une partie des Maliens ne veut pas de lui, il doit réconcilier les Maliens même s’il doit se sacrifier pour le Mali. C’est ça la grandeur d’âme d’un homme.

D’accord, Monsieur KOITA, quelle solution à votre avis ?

Je me félicite que Kaou N’DJIM ait dit de mettre la balle à terre. Il s’agit du Mali, il s’agit des intérêts supérieurs de notre pays. Aucun sacrifice n’est et ne sera de trop pour notre pays.
Agissons dans le cadre légal. Le président a tendu sa main, il souhaite que tous les enfants de ce pays se retrouvent. Retrouvons-nous, donnons-nous la main, faisons face aux défis de l’heure.
Qui sont des défis sécuritaires. Faisons face aux forces du mal qu’ils tentent de nous diviser. Faisons face également à cette pandémie du COVID-19.
Je me réjouis de ce débat, je félicite l’ORTM pour cette bonne initiative. Je pense que ça doit continuer pour qu’on se parle.
Puisque le pays nous appartient tous.
Demain, la question qu’on se pose chacun, lui Kaou DJIM et moi-même, c’est quel Mali allons-nous léguer à nos enfants.
Ce Mali a besoin de tous ses enfants. Et le président de la République a toujours été ouvert au dialogue.
Il encore ouvert au dialogue. Nous demandons au moment M5 de répondre favorablement à l’invitation du président de la République. Puisqu’il s’agit du Mali, il s’agit des intérêts supérieurs de notre pays.
Les connaissant bien, ils saisiront cette main pour le Mali, pour notre avenir notre devenir. Pour qu’il y ait la quiétude ici afin que les forces armées et de sécurité puissent continuer à sécuriser notre pays.
Puis continuer également à traquer ces forces du mal avec le soutien de nos forces alliées telles que Barkhane, MINUSMA et l’EUTM.

Source : INFO-MATIN

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