IBK va-t-il rater l’occasion de se réconcilier avec le peuple

C’est un truisme que de revenir sur déficit de popularité que traîne le président de la République comme un boulet. L’antipathie populaire s’est davantage exacerbée avec sa récente décision de ramer à contre sens de l’opinion pour se rendre en France pour des obsèques de militaires français, à un moment où un sentiment anti-français bat son plein à Bamako. Mais la rupture (ou presque) d’avec les Maliens ne parait pas totalement irréversible. En clair, l’occasion d’un rachat vient de lui être gracieusement offerte avec la posture de son homologue français, Emanuel Macron. La décision unilatérale de ce dernier de convoquer unilatéralement les chefs de l’Etat du Sahel et de les obliger à la cadence de l’Elysée est une brèche exploitable, pourvu de s’y prendre avec l’entregent approprié. Il est en effet tout loisible à IBK de renoncer tout simplement au rendez-vous de Pau. Ce faisant, il se sera réconcilié avec des concitoyens blessés dans leur orgueil par la condescendance que reflétait le ton du jeune président français, en évoquant l’accueil réservé à l’armée française dans le Sahel. En tout cas, Alpha Oumar Konaré avec qui IBK aime se comparer s’en était tiré à bon compte avec Jacques Chirac en son temps et a retourné leur fierté aux Maliens.

Quand le jeu l’emporte sur l’enjeu Tabidal Pulaaku
L’association pour la défense de la culture et de la langue peules est en plein dans l’organisation de ses prochaines assises, au chapitre desquelles se trouve, entre autres, le renouvellement du bureau sortant dirigé par Abdoul Aziz Diallo. Après tant d’années de loyaux services, le président aura vraisemblablement tout réussi sauf la bataille d’une succession paisible. Il nous revient que le choc des ambitions fait rage à un point tel que l’association est littéralement bloquée quant à arrêter une date précise pour la tenue de ses assises. Et pour cause, il faut au préalable calmer les ardeurs et harmoniser les positions entre trois candidats au moins qui se crêpent le chignon. Il s’agit du député Belco BA, de l’ancien ministre Abou Sow et d’Avdoulaye Yoro Dicko qui prétendent tous, sans concession pour l’heure, aux rênes de Tabidal Pulaaku. Cette situation intervient à un moment crucial pour la communauté peule du Mali confronté à d’autres défis, notamment la désertion massive de nombreux terroirs pour cause d’insécurité et son corollaire de déplacés à prendre en charge. La communauté peule de Tabidal Pulaaku saura-t-elle mettre les défis au-dessus des ambitions personnelles ? La question se trouve sur toutes les lèvres.

Source: Témoin

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