IBK : Un homme ‘’made in France’’

Le président de la République du Mali, Ibrahim Boubacar Keita, un homme “made in France” pouvait-il faire autrement que de servir l’intérêt de la métropole.

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Le Président Ibrahim Boubacar Keïta (IBK) connaît très bien la France. Au total, il y aura vécu plus de 20 ans. Etudes supérieures à Paris, Maîtrise d’histoire et DEA. Il est ensuite chargé de recherche au CNRS et enseigne à Paris Tolbiac. La quarantaine venue, il rentre au Mali, devient conseiller du Fonds Européen de Développement (FED), puis directeur de l’ONG Terre des Hommes France, pour le Mali, le Burkina-Faso et le Niger.

C’est donc un homme qui, de sa formation à son activité professionnelle, aura toujours travaillé dans le cadre d’organismes français et européens avant d’en arriver aux responsabilités politiques.

En 1993, il est promu ministre des Affaires étrangères d’Alpha Oumar Konaré et, en 1994, Premier ministre, poste qu’il occupera pendant 6 ans. Il a alors comme interlocuteur Charles Josselin, Ministre français de la Coopération à partir de 1997. Or la politique africaine de la France sous Hollande était pilotée par d’anciens membres du cabinet ou conseillers de Josselin : Anne Paugam, ex-directrice générale de l’Agence Française de Développement (AFD), Hélène Le Gal, ex-conseillère Afrique de Hollande et François Croquette, ex-directeur de cabinet de Pascal Canfin.

Peut-on imaginer une continuité plus poussée du personnel politique ? Les responsables français sous Hollande ont donc eu à travailler avec un Président malien qu’ils connaissent bien.

En 1999, à l’occasion du congrès de l’Internationale Socialiste (IS) à Paris, ouvert par François Hollande alors secrétaire général du PS(Parti Socialiste) IBK devient vice-président de l’IS( International Socialiste).

Quant aux relations plus personnelles, il est permis de supposer qu’elles sont fortes. Le site Maliweb écrivait par exemple le 22 novembre 2010 : «Convié par son ami, le député maire socialiste d’Evry, Manuel Valls, Ibrahim Boubacar Keita, député de Bamako, a participé, en Octobre 2010 à un colloque à Paris : la nouvelle Afrique, bilan après 50 ans d’indépendance.»

Tout cela ne signifie pas que le président Keita a été un homme soumis aux diktats des autorités françaises, son sens de l’honneur est célèbre, ce n’est pas un homme soumis. Mais, la collaboration sur des années, les dossiers montés ensemble, les réunions, et même les désaccords ne peuvent pas ne pas créer d’habitudes qui facilitent la relation, qui donnent spontanément la priorité aux amis de longue date. « Quand vient la saison des pluies, l’eau du marigot retrouve toujours le même chemin ».

Sambou Sissoko

 

Source:  Le Démocrate

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