IBK : « l’opposition n’est ni dans un Etat critique, ni dans un Etat chronique, mais dans un Etat clinique »

INTERVIEW (PRESQUE) IMAGINAIRE

Depuis la fin du Dialogue national inclusif auquel elle a refusé de participer, l’opposition est en déliquescence. Son leader, Soumaïla Cissé, le « Dôgô fari » d’IBK est inaudible. Pire, il semble s’être enfermé dans un silence de cimetière. Quelles en sont donc les raisons ?
Début de réponses dans cette interview qu’IBK nous a accordée, dimanche dernier, en milieu de matinée, à sa résidence privée de Sébénikoro.

Mr le président, depuis la fin du Dialogue national inclusif auquel, d’ailleurs, elle n’a pas participé, l’opposition semble tomber dans une léthargie inexplicable. Quelles en sont, selon vous, les raisons ?

Contrairement à ce que vous dites, ce que vous appelez « léthargie de l’opposition » s’explique. Et se comprend. Aisément, d’ailleurs.
Vous voyez ce chapelet de deux mètres ?

Oui, qu’est-ce que ce chapelet a de particulier ?

C’est grâce à ce chapelet que j’ai envoyé un sort sur l’opposition, après que mon jeune frère, Soumaïla Cissé ait décidé de ne pas participer au Dialogue national inclusif.

Comment avez-vous fait ?

J’ai juste demandé à Allah Soubhana Watallah d’envoyer une grippe incurable à mes adversaires politiques. Puis, je me suis mis à égrener mon chapelet pendant deux jours et trois nuits, sans manger, ni boire, encore moins, adresser le moindre salamalec à qui que ce soit. Et le tour est joué.
Résultat : un mois après, l’opposition souffre de ce que les épidémiologistes appellent « la grippe chinoise ». Elle est incurable. A l’heure où je vous parle, l’opposition n’est ni dans un état critique, ni dans un état chronique, mais dans un état clinique.

C’est à dire ?

C’est à dire qu’elle est au bord de la tombe.

Y a-t-il un moyen de la sauver ?

Un seul, selon les épidémiologistes.

Lequel ?

Que le chef de file de l’opposition, l’honorable Soumaïla Cissé vienne me voir à la maison, accompagné de sa famille, pour me masser les pieds sous l’œil des caméras de l’ORTM. Avant de se confondre en excuses, à genou, pour n’avoir pas suivi les conseils de son « Koro national ».

C’est l’unique moyen d’empêcher l’opposition de passer l’arme à gauche ?

C’est le seul moyen. Du moins, selon les spécialistes des oppositions invertébrées.

Donc, ce n’est pas un chapelet ordinaire que vous tenez entre les mains ?

Qu’est-ce que vous croyez ? La dernière fois qu’on s’est vus, j’ai dit ceci à Soumaïla Cissé, en lui montrant ce chapelet : Dôgô, si tu ne participes pas au Dialogue national inclusif, tu auras des bricoles. Il ne me croyait pas capable d’un tel miracle.

Avez-vous utilisé ce même chapelet pour enrôler Tiébilé Dramé et Amadou Thiam dans le gouvernement ?

Pour eux, j’ai utilisé autre chose.

Quoi par exemple ?

Je ne vous le dirai pas ! Je ne suis pas un Maninka ordinaire, un bouffeur de « Tiguadégué », comme le pensent les « petits Touré ». Allah Soubhana Watallah m’a gratifié de pouvoirs surnaturels.

Alors, pourquoi n’utilisez-vous pas vos pouvoirs pour débarrasser notre pays des terroristes ?

Vous avez appris, il y a quelques années, qu’Iyad était en Algérie pour des soins. En fait, c’était l’œuvre de mon chapelet magique.
Vous avez, aussi, appris l’année dernière, qu’Amadou Kouffa avait des diarrhées sanguinolentes, qui ont failli l’envoyer ad patres. C’était l’œuvre de mon chapelet.
En fait, je ne voulais pas être méchant avec eux, raison pour laquelle je leur ai envoyé ces deux missiles. Si je le voulais, ils rendraient l’âme en un tour de chapelet.
Mais j’espère qu’ils reviendront à la raison, les mois à venir.
S’ils se radicalisent, comme l’a fait Soumaïla Cissé, alors je ferai le nécessaire pour qu’ils soient comme des images.

C’est à dire muets ?

C’est bien cela.

Où avez-vous eu ce chapelet ?

C’est Bouyé, qui me l’a offert, le jour où je lui ai rendu visite, en compagnie de « l’homme Rouge Dramé ».

Vous parlez de qui ?

Tiébilé Dramé

Pourquoi dites-vous que Soumaïla Cissé s’est « radicalisé » ?

Je ne l’ai pas dit, ce sont les spécialistes qui le disent dans leurs rapports. Selon eux, le chef de file de l’opposition manque de vitamine « B 35 ». Une vitamine qu’on ne trouve que dans le « Tiguadéguè ».
C’est pourquoi, ils lui ont prescrit d’en manger, matin, midi et soir. Sans modération. Mais, hélas, il n’a pas suivi leurs conseils. Et ce qui devrait arriver, arriva.

Le chef de file de l’opposition sait-il que c’est votre chapelet qui serait à l’origine de ses déboires politiques ?

Non ! Mais, il le saura en lisant votre journal. J’espère, seulement, qu’il n’attendra pas qu’il soit trop tard. Avant de se pointer chez moi. Sinon, ses cairotes, pardon ses carottes seront cuites.
Propos recueillis par Le Mollah Omar

Source: Canard Déchainé

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