Face à la presse pour soutenir l’armée malienne : Le FSD exige un audit financier et comptable sur l’utilisation des 1230 milliards de la loi de programmation militaire

Les responsables du Front pour la sauvegarde de la démocratie (FSD) étaient face à la presse hier, jeudi 7 novembre 2019, à la Maison de la presse. Objectif : déclarer leur soutien à l’armée malienne et former des exigences à l’État pour gagner la lutte contre le terrorisme. C’était sous l’égide du Chef de file de l’opposition, l’honorable Soumaila Cissé.

L’honorable Soumaila Cissé, Chef de file de l’opposition, président de l’URD ; Choguel Kokalla Maiga, président du MPR ; Me Mountaga Tall, président du CNID Faso yiriwaton ; Konimba Sidibé, président du Modec et Moussa Sinko Coulibaly, président de la League démocratique pour le changement, ont craché leur part de vérité, hier jeudi 7 novembre 2019, sur la situation sécuritaire au Mali. Au nom du FSD, ces leaders ont réaffirmé leur soutien indéfectible à l’armée malienne.

Habillé en boubou et bonnet blancs, avec un regard triste, le président du FSD, après avoir déploré les nombreuses victimes, a déclaré son soutien à l’armée. « Conscient de ses responsabilités, le FSD a toujours manifesté sa solidarité envers nos Forces de Défense et de Sécurité et sa compassion à l’endroit des familles et frères d’armes des soldats tombés sur le champ d’honneur », a-t-il déclaré. À en croire l’honorable Soumaila Cissé, l’union sacrée autour des Forces de Défense et de Sécurité, l’impérieuse nécessité de préserver et de renforcer le moral des troupes ont toujours été le crédo de son groupement.

Les failles d’IBK décelées par le FSD

L’opposition démocratique et républicaine a, comme il l’a fait dans son communiqué sur la situation sécuritaire du pays, accusé le président de la République d’être le responsable de la situation chaotique actuelle du pays.

Selon Soumaila Cissé et consorts , ce qui fait d’IBK le seul responsable de la situation actuelle du pays, c’est le fait de « nommer six ministres de la Défense et presque autant de Chefs d’État-major des armées en six années dans un pays en guerre; fermer les yeux et couvrir des détournements de deniers publics à large échelle et à ciel ouvert sur les allocations budgétaires destinées à l’achat d’équipements et de matériels militaires ;ne rien entreprendre pour enrayer la corruption qui règne en maître à tous les niveaux et en particulier au niveau de certains hauts gradés de nos Forces de Défense et de Sécurité ou de responsables politiques ou étatiques connus de tous ; banaliser la mort de milliers de victimes civiles et militaires, et en cacher le nombre réel et par conséquent briser le moral de la troupe et des familles ; être incapable d’avoir une couverture aérienne performante et le minimum d’équipements pour l’engagement et la protection de nos troupes »

Le FSD exige …

Si le président IBK répète, dans beaucoup de ses discours que le Mali est « en guerre », le Chef de file de l’opposition et alliés estiment que cette seule phrase ne pourra pas gagner cette bataille. Et pour gagner cette guerre contre les forces obscurantistes, le FSD exige, entre autres, un audit financier et comptable dans les plus brefs délais sur l’utilisation des 1230 milliards votés par l’Assemblée nationale dans le cadre de la loi de programmation militaire ; une enquête sérieuse sur la livraison, l’état et la disponibilité des équipements militaires ; une enquête sérieuse sur l’absence de points d’eau dans la plupart des postes de sécurité; la corvée d’eau étant la cause de multiples morts.

L’armée malienne victime de l’« insouciance et de la gabegie » du régime en place

Pour le président du FSD, l’armée malienne qui traverse une des plus dures périodes de son existence mérite le soutien de tous les citoyens. C’est pourquoi il voit très mal les critiques contre les FAma. « Il faut éviter le piège visant à stigmatiser l’armée. Il faut éviter le piège visant à dévaloriser notre armée. Il faut éviter le piège visant à saper le moral de notre armée », a déclaré le Chef de file de l’opposition.

À en croire le Front pour la sauvegarde de la démocratie, l’armée malienne est brave et battante, elle est seulement victime de la mal gouvernance du régime en place. « Non, l’armée, notre vaillante armée est victime de l’insouciance et de la gabegie du régime », a entonné le président du parti de la poignée de main.

Il n’en décolère pas et tance le régime IBK : « Elle souffre de la même maladie que les secteurs de la santé, de l’éducation, de l’agriculture, des transports, de l’élevage, de la culture, en un mot tous les secteurs d’activité ».

Pour « Soumi Champion », le mal de tous ces domaines précités est la mal gouvernance.

Le FSD propose un cimetière militaire national pour les soldats morts pour la patrie

Le Chef de file l’opposition affirme que les soldats morts sur le front doivent être honorés par la nation malienne. « Je propose que nous acceptions, à notre tour, chaque Malienne, chaque Malien, de faire un sacrifice en direction de notre armée et des familles de nos soldats : LA NATION DOIT ÊTRE RECONNAISSANTE », a-t-il sollicité.

Aussi, Soumaila Cissé et compagnons ont souhaité à ce que des dispositions soient prises pour qu’un cimetière militaire national soit érigé pour accueillir les soldats morts pour la patrie. Ce n’est pas tout, le FSD propose à ce qu’un carré des martyrs soit érigé chaque fois que cela est utile dans les cimetières et qu’un mémorial du souvenir soit également érigé. « NOS SOLDATS DOIVENT BÉNÉFICIER DU STATUT : ‘’MORT POUR LE SERVICE DE LA NATION’’ », a proposé le président de l’URD.

L’heure d’agir !

Pour le président du FSD, les Maliens ont trop souffert et il est temps d’agir. « Le temps de dire NON ÇA SUFFIT est venu et nous le disons haut et fort. Mais nous ne le disons pas seul et pour nous seuls », a laissé entendre l’honorable Soumaila Cissé.

Il a profité de l’occasion pour jeter des pierres dans le jardin de la majorité présidentielle : « Nous disons NON ÇA SUFFIT pour cette majorité silencieuse qui attend que nous lui montrions le chemin ».

À en croire les conférenciers, le FSD ne se limitera pas aux simples dénonciations de la situation actuelle du pays, il va agir. « Nous ne nous limiterons plus à dire, à dénoncer. Nous allons agir et nous entendons agir avec tous les patriotes aujourd’hui engagés pour la survie du Mali », a promis le Chef de file de l’opposition.

Prenant la parole, l’ancien ministre de l’Économie numérique et de la Communication, Dr Choguel Kokalla Maiga, a laissé entendre que l’adresse à la Nation d’IBK, en date du lundi 04 novembre, était vide. Toutes les propositions faites par le chef suprême des armées ce jour-là étaient, selon lui, anciennes.

Boureima Guindo

 

Source: LE PAYS

Suivez-nous sur Facebook sur