DNI la séquence malaise de l’Opposition

Prétextant de la non-prise en compte de ses préoccupations, l’Opposition, dans sa plus large expression a fait le choix discutable de jouer la politique de la chaise vide au Dialogue National Inclusif (DNI), pour ensuite tenter une session de rattrapage désespérée et désespérante par l’annonce du suivi des conclusions de ladite DNI. Entre mesquinerie et attachement aux principes !

 

« Nous sommes des hommes et des femmes de dialogue » » , c’est ce que déclarait l’honorable Soumaïla CISSE, Chef de file de l’Opposition dite républicaine et démocratique, lors de la cérémonie d’ouverture du 4e congrès ordinaire de l’Union pour la République et la Démocratie (URD), le Parti dont il est le Président. Cette déclaration, l’honorable CISSE ouvre grand la porte à un dialogue, après avoir raté le coche du DNI auquel il était pourtant invité de la manière la plus officielle au monde. Ce, contrairement à certains pays africains où le dialogue est une grand’masse des partisans du Président de la République. Suivez la direction de mon regard.

L’Opposition pour son retour en grâce, pardon dans la dynamique nationale du DNI, sortir de son isolement exténuant, peut compter sur le tact de la MINUSMA, dont l’honorable Soumaïla CISSE a rencontré le Chef, Mahamat Saleh ANNADIF, avant-hier mardi. Soumi champion indique à cet effet : « sur invitation de Monsieur Mahamat Saleh, Représentant spécial et Chef de la Mission intégrée multidimensionnelle des Nations Unies pour la stabilisation au Mali, nous avons rencontré une délégation de la MINUSMA, ce mardi 14 janvier 2020, à l’hôtel Sheraton. Monsieur Mahamat Saleh Annadif a mis l’occasion à profit pour nous présenter ses vœux de Nouvel An et pour se renseigner sur la lecture que nous faisons du Dialogue National Inclusif ».

Au-delà des salamalecs, cette rencontre est une perche tendue par la MINUSMA, question de permettre un retour honorable de l’Opposition dans le dispositif du DNI. C’est d’ailleurs le souhait, autant des autorités nationales que des participants au Dialogue National Inclusif. Il faut dire que la MINUSMA avait eu à jouer un rôle prépondérant dans l’apaisement de ce que certains ont qualifié de crise postélectorale.

Ainsi, ce qui a fonctionné, fonctionnera, d’autant que la médiation s’inscrit en bonne place des missions de la MINUSMA qui s’y adonne de bonne grâce.

Pourtant, l’Opposition aurait pu faire l’économie de se placer dans une posture aussi inconfortable l’obligeant à une perpétuelle autojustification du genre : « nous avons écrit officiellement pour donner les sept conditions de notre participation. À l’heure où je vous écris, nous n’avons reçu aucune réponse écrite ». L’on serait fondé à croire que c’est plus par ego surdimensionné que par manque d’inclusivité qu’elle a décidé de boycotter le Dialogue National Inclusif. Or, un pays, surtout un pays au bord du naufrage compte plus que nos ego, nos frustrations même légitimes.

Aussi, en oblitérant le Dialogue National Inclusif par cette déclaration réductrice : « l’informel n’est pas le mode de gestion qui sied dans de telles circonstances », le chef de file de l’Opposition s’illustre par des préjugés et des étiquettes aussi insidieux qu’insultants. En plus du fait que la rhétorique n’est pas nouvelle, le réquisitoire tapageur est politiquement incorrect. Abstraction faite de l’application de ses résolutions et recommandations, les DNI a réuni des centaines de Maliens qui, consciencieusement, avec le souci du Mali, ont fait le diagnostic complet du Mali pour préconiser les remèdes qui s’imposent à leurs yeux. Le Président IBK disait lors de la cérémonie d’ouverture du DNI : « il s’agira pour vous, d’ausculter le pays pour voir quel est son mal, d’où nous vient-il et comment le soigner. Vous êtes une force de propositions. Et le peuple attendra de vous que votre congrès ne soit pas un congrès de plus, mais le congrès qu’il fallait pour mieux asseoir notre processus démocratique, adapter nos institutions, corriger notre gouvernance, stabiliser notre pays, renforcer notre commune volonté de vivre en commun ». C’est à cet exercice patriotique ce sont livrés les congressistes. Ils méritent mieux que d’être traités d’assemblée informelle.

« Bien entendu, nous restons attentifs aux conclusions du DNI », a dit le champion de l’Opposition. Pouvait-il en être autrement ? C’est le service minimum qu’il puisse assurer.

Après tout, la finalité est que tous les enfants du Mali se retrouvent autour de l’essentiel. Pour cela, la porte restera grande ouverte aux enfants prodigues.

PAR BERTIN DAKOUO

Source : Info-Matin

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