Dialogue Politique Inclusif: Entre mirage et forcing

Noble ambition contrariée ou projet politique d’envergure en passe d’être avorté ? Faux bond des anges ou petit tour malicieux du diablotin de la discorde? Autant d’interrogations qui turlupinent les esprits, incapables désormais de trouver les bonnes réponses.



Envisagé, mûri et lancé  pour être la solution de sortie de crise pour un Mali trop enlisé dans divers bourbiers, le Dialogue politique inclusif est désormais une belle idée en perte de vitesse. Non pas que le triumvirat n’a pas fait le travail nécessaire pour sa tenue, mais parce que les bisbilles entre les acteurs politiques, les luttes de jactance entre la majorité et l’opposition, les querelles intestines au sein des formations politiques et les positionnements tantôt flous, tantôt opportunistes des animateurs de la société civile, ont été à ce point déroutants le plus souvent que peu de Maliens, surtout ceux considérés comme les plus avertis, peuvent à présent certifier le nord indiqué par la boussole. Nous sommes pour le moins dans un imbroglio, lequel se complique chaque jour.
Et si le dialogue politique inclusif devait être annulé, faute de participants représentatifs et crédibles ? C’est une hantise, qu’on l’avoue ou pas, selon que l’on soit du côté du pouvoir ou que l’on soit militant de l’opposition. En clair, la confiance entre les protagonistes a déserté l’arène politique ; les gladiateurs sont plutôt en train de fourbir d’autres stratégies pour un corps à corps des plus plausibles dans un après-DIALOGUE avorté, tenu vaille que vaille ou reporté aux calendes…maliennes.
Dans une situation qui vacille entre mirage et forcing, les Maliens sont condamnés à l’expectative, mais pour combien de temps? Le pays souffre, il gémit ; le poids des manquements à la bonne gouvernance l’écrase chaque instant. Les revers que subit l’armée nationale face aux ennemis de la patrie sont devenus les ingrédients amers, avec une banalité déconcertante, d’une insupportable chronique de faits divers. Les militaires morts et les deuils qui s’ensuivent mettent l’humeur populaire à fleur de peau. Et chaque rencontre éplorée constitue désormais des moments de rappel des massacres passés. La montée de la justice sur les remparts contre tous les malfrats et autres délinquants à col blanc, véritables fossoyeurs de l’État et de la République, a fini de convaincre chaque citoyen qu’il y a encore bien de cadavres dans les tiroirs, des choses bien pourries au royaume  du nouveau Mandé, ex-Soudan français devenu République du Mali. Il faut vivre ou mourir, mais il vaut pour tous de nettoyer les écuries d’Augias.
Le dialogue politique inclusif n’est-il opportun pour cela? Une sorte d’aubaine inespérée ?

Oui, dit l’ADP-Maliba, le parti dont le candidat à la dernière élection présidentielle, Aliou Boubacar Diallo, s’est classé troisième au premier tour. Pour cette formation, refuser de participer aux assises est une manière de se défausser de ses responsabilités politiques, citoyennes et patriotiques. Mais ce n’est pas ce que croient ceux-là qui sont considérés comme les ténors de l’opposition, aux positions radicales ou modérées, que sont le Cnid et alliés du FSD (URD, MPR, MODEC, FAD, MSR, etc.) d’un côté et, de l’autre, FAR, SADI, RDPM, CNAS. Dans l’affaire, de quel poids réel pèse la société civile ? Tel est, certainement mal esquissé ou incomplètement, le décor.  Alors, y aura-t-il vraiment dialogue politique inclusif sans l’opposition? Ou faut-il rebaptiser les choses en optant clairement pour un dialogue politique exclusif qui ne mobilisera que la majorité et quelques chapelles somme toute minoritaires ? Un pan entier du Peuple resterait alors sur le carreau. La réflexion est ouverte.

Ahmad Ould Bilé

LE COMBAT

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