DIALOGUE NATIONAL INCLUSIF Un Triumvirat pour une mission difficile

Le Dialogue National Inclusif, pour la réussite duquel le président de la République a porté son choix sur un Triumvirat de personnalités influentes dans le pays (Mme Aminata Dramane Traoré, Baba Akhib Haïdara et Ousmane Issoufi Maïga), réussira-t-il à sortir le Mali de cette crise multidimensionnelle ? C’est la lancinante question qui est fréquemment posée par des Maliens.

 

En tout cas, la mission de ces personnalités est loin d’être simple car il s’agit de ramener autour de la même table des gens qui ont tout ramé dans des sens opposés pour des intérêts. Sans compter que plusieurs opposants pensent que le Chef de l’Etat n’a réellement pas expliqué le fonds de sa pensée par rapport aux objectifs politiques visés par l’organisation d’un Dialogue national inclusif.

Mais, il est évident qu’il s’agit de parvenir à un semblant de consensus autour des reformes qui ne sont pas nécessaires parce qu’elles ne sont pas indispensables à créer un cadre politique et juridique indispensable à la mise en œuvre intégrale de l’Accord pour la paix et la réconciliation nationale, issu du processus d’Alger.

Et, à notre humble avis, cette mise en œuvre ne pourra que fragiliser davantage l’unité nationale, le vivre ensemble… Elle ne résoudra donc pas le mal qui est à l’origine de tous nos maux actuels, c’est-à-dire ce terrorisme qui sévit dans le septentrion et dans les régions de Mopti, Ségou et une partie de Koulikoro. «Pour moi, il faut combattre le mal par le mal en utilisant leurs propres techniques sinon ils auront toujours une mesure d’avance. Dans nos démocraties, on perd un temps précieux à négocier, à chercher des solutions puis à essayer de mettre en place une stratégie efficace», analyse Sonia, une activiste française. Et avoue avoir du mal à cerner le cas malien à cause de sa complexité.

Si cela peut la consoler, le cas malien est très compliqué, même pour nous chroniqueurs politiques car il ne faut jamais oublier les enjeux (politiques, économiques, géopolitiques, géostratégiques…) de cette crise à laquelle le Mali semble être condamné pour un long moment, en tout cas jusqu’à ce que le peuple malien se rebelle contre la gestion politique actuelle ou que ceux qui  tirent les ficelles dans l’ombre aient gain de cause.

Dan Fodio

Source : Le Matin

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