L’UNITÉ AFRICAINE PORTÉE PAR LA CULTURE

Le Premier ministre éthiopien, Ahmed Abiy, a offert samedi à ses hôtes chefs d’Etat et de gouvernement africains, notamment le président Ibrahim Boubacar Keïta, accompagné de son épouse, Mme Keïta Aminata Maïga, un dîner gala au Skylight hôtel. Les dirigeants africains et leurs épouses étaient habillés identiquement par la partie éthiopienne comme pour attester que l’Afrique va réellement au-delà des frontières terrestres, des différences linguistiques et des clivages politiques, mais qu’elle doit surtout rêver d’union et d’intégration. En outre, les pays du continent africain qui recèlent d’atouts culturels doivent œuvrer à la promotion de la culture qui peut constituer un atout.

Le dîner gala offert par le Premier ministre éthiopien à ses hôtes s’inscrit un peu dans cette vision d’Afrique globale, unie et intégrée. C’est pourquoi, on a fait appel à des artistes du continent, notamment les Maliens Salif Kéita, Oumou Sangaré et le jeune Sidiki Diabaté qui berce actuellement les jeunes avec ses airs, le Sénégalais Ismaël Lô, des artistes éthiopiens et d’autres pays pour chanter l’Afrique et exprimer l’unité de cette partie du monde.

Le président Keïta a souhaité partager quelques idées lors de la soirée. «La première qui me vient à l’esprit porte sur la dialectique de l’unité et de la diversité de notre continent. Rien n’illustre davantage cette réalité que la multiplicité des expressions culturelles qui modèlent et structurent nos terres, terroirs et territoires et dont on a eu l’occasion d’apprécier la richesse. Unité et diversité, mais aussi enracinement et ouverture, car sous nos cieux, la kora, mais aussi le piano, le balafon et l’harmonica font désormais partie de notre univers culturel et artistique», a expliqué le président Kéita. Pour lui, «toute langue est belle, dès lors qu’elle sait chanter la dignité et célébrer l’homme, l’intelligence».

Le chef de l’Etat a aussi rappelé la nécessité pour le continent africain de créer les conditions favorables à l’éclosion d’une nouvelle citoyenneté. Pour le président de la République, il n’y aura de paix véritable que lorsqu’on aura poussé sur un terreau fertile, une culture de la paix, dont notre monde a besoin plus que jamais aujourd’hui, où les menaces grandissent et sont multi et protéiformes.

Le président de la République a aussi expliqué que les artistes ont un rôle primordial pour faire triompher cette culture de la paix.

«Pour cette raison nous ne devons ménager aucun effort pour soutenir nos femmes et hommes de culture, et créer les conditions qui permettent à leur créativité de se déployer pleinement», a-t-il ajouté. Il a invité ses pairs africains à intégrer une nouvelle vision sur l’art, la culture et le patrimoine, autrement dit à ne pas les voir comme des secteurs isolés, des parents pauvres du développement, mais, plutôt les hisser au rang de dimension transversale de la vie de nos nations et du continent africain.

Auparavant le Premier ministre éthiopien avait invité les Africains à considérer l’intégration économique dans le continent, non pas comme une ambition, mais comme une réalité à accomplir. Il nous faut une organisation africaine solide pour prendre en main notre agenda africain. Paul Kagamé aussi a rappelé sa conviction de voir l’Afrique se réaliser. «Nul doute que tôt ou tard, seront édifiés les piliers de l’intégration africaine», a-t-il concédé.

B. D.

Sommet de l’UA à Addis-Abeba : LE PRÉSIDENT KEÏTA DÉSIGNÉ COORDINATEUR POUR LA CULTURE, LES ARTS ET LE PATRIMOINE

Le président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta, a pris la parole hier à la tribune de l’UA pour livrer ses analyses et sa vision sur l’organisation panafricaine. Il a, d’abord, expliqué à ses pairs être concerné particulièrement par la situation sécuritaire sur le continent car notre pays est «en proie à l’agression terroriste la plus acharnée». Il rappellera à ce propos qu’il ne se passait pas un seul jour sans que «nous ayons à déplorer un acte hostile à nos forces armées ou aux forces amies ».

En outre, Ibrahim Boubacar Keïta a rappelé que l’élection présidentielle qui s’est tenue dans notre pays, dans le respect des échéances démocratiques et constitutionnelles, l’a été avec le soutien puissant de l’Union africaine. Il est utile de préciser à ce niveau que lors de ces joutes électorales, l’organisation panafricaine avait déployé un nombre important d’observateurs pour s’assurer de la transparence et des bonnes conditions du scrutin. Ces observateurs ont accordé leur caution morale à la bonne tenue de ces élections. Par ailleurs, le président Ibrahim Boubacar Keïta a remercié le président Paul Kagamé pour la diligence, la courtoisie empreinte de rigueur avec laquelle il a conduit les affaires de l’UA. Il a aussi souhaité au président égyptien qui prend désormais la tête de l’UA, la meilleure mission possible.

Le président Keïta a été désigné coordinateur de l’Union africaine pour la culture, les arts et le patrimoine par ses pairs. Il a rappelé à ses homologues africains sa disponibilité à assumer dans la plus grande humilité cette mission. «Vous m’avez confié la problématique de la culture, en faisant de moi un champion de la culture, nous l’acceptons avec humilité», a-t-il dit, ajoutant que l’importance de la culture n’a pas échappé à la sagacité des présidents Modibo Keita, Léopold Sedar Senghor, Mwaalimu Julius Nyerere, Kwame Nkruma, Jomo Keneyatta, Sa Majesté le roi Mohammed V, l’empereur Haïlé Selassié. Ces pères fondateurs de l’OUA ont eu à cœur de mettre en exergue l’importance de la culture, des arts et du patrimoine dans le combat des peuples africains pour la liberté et la dignité, a souligné le chef de l’Etat.

Le président Keïta s’est aussi appesanti sur les multiples efforts accomplis par notre pays dans la promotion des valeurs culturelles. Pour revenir aux initiatives culturelles auxquelles notre pays a joué un rôle clef, Ibrahim Boubacar Keïta a évoqué la Charte de la renaissance de la culture africaine, adoptée en 2006 ; la création de l’Académie des langues que notre pays abrite ; le soutien apporté par l’UA pour la sauvegarde et la conservation des manuscrits de Tombouctou.

B. D.

L’Essor

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