La responsabilité malienne…

Le G5 Sahel fut créé le 16 février 2014 sous l’impulsion des Chefs d’Etats du Mali, du Niger, de la Mauritanie, du Burkina Faso et du Tchad.

Son objectif fut clairement défini, à savoir, lutter contre les mouvements terroristes par la coordinations des actions de développement et de sécurité.

La part consacrée au développement représente alors 69% de l’ensemble du dispositif. De nombreux projets sont annoncés, mais c’est l’axe sécuritaire qui va rapidement prendre le dessus, à travers la volonté de constituer une force de 5000 militaires et un budget de 400 millions de dollars.

Dans le processus du G5 Sahel, plusieurs initiatives vont se mettre en place, l’opération Barkhane, va renforcer sa coopération avec les 5 pays du groupe.

L’Union Européenne a soutenu la mise en place du Collège Sahélien de Sécurité.

Dans la foulée, le Collège de Défense du G5 Sahel a également vu le jour suite à une décision validée en 2015 pour un budget de 800 000 euros par an.

Le volet développement n’est pas reste, créé en 2017, l’Alliance Sahel se fixe pour objectif de soutenir 800 projets dans les 5 pays. Elle prévoit un budget de 11 milliards d’euros.

Pays pilier du G5 Sahel, le Mali était le pays le plus en vue pour mettre en mouvement toutes ces initiatives et surtout, il devait permettre l’émergence de la force G5 Sahel.

D’ailleurs c’est un Général malien qui fut le premier chef d’état-major de la force conjointe du G5 Sahel.

Malgré ces différentes initiatives, le Mali n’arrive pas enclencher une véritable dynamique entrainante et crédible.

Le pays n’a pas réussi à mettre en œuvre sa propre réforme du secteur de la sécurité. Aucun projet crédible de développement n’a également pu voir le jour.

Bien au contraire, le pays fait face aux nombreux scandales, qui l’éloigne de plus en plus des objectifs de stabilisation.

Lors de la réunion des ministres de l’intérieur et de la sécurité du G7 en avril 2019, à Paris, seuls les ministres de la sécurité du Niger et du Burkina Faso ont été invités.

Lors de la visite du Premier Ministre malien à Paris du 09 au 12 septembre et malgré la présence du ministre de la sécurité, aucun financement pour le secteur n’a été annoncé.

Le manque de dynamisme et de crédibilité des initiatives maliennes dans le domaine sécuritaire a une conséquence négative sur l’évolution des processus communautaires.

La mise en avant de la situation de Kidal, par de plus en plus de Chefs d’Etat à la suite du Président nigérien, est en réalité un moyen de dénoncer “le problème global malien” qui devient un poids pour toute la sous région.

Dès 2010, le pays avait été qualifié de “maillon faible” de la zone, en 2019, il est qualifié de “ventre mou” du terrorisme…

Source: page facebook de Boubacar Salif  Traoré

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