Assemblée nationale: le boycott n’a pas eu lieu

On vote ou on démissionne

La demande de prorogation du mandat de la législature est, on se rappelle, une décision unanime de tous les groupes parlementaires. Lorsqu’elle a prospéré auprès de la Cour constitutionnelle, les leaders opposition ont choisi de désavouer leurs députés en critiquant la décision de la Cour et en disant qu’ils étaient contre. Sans échanger avec leurs députés, à travers des conférences de presse, meeting et autres tribunes, ils ont dit publiquement leur rejet de toute idée de prolongation du mandat des députés.

Or, s’estimant être des hommes libres et des hommes d’honneur, ces derniers ont insisté auprès des états-majors sur leur volonté de respecter leur parole et engagement à voter la loi. Ce mercredi encore, lors d’une plénière, tous les groupes ont donné leur aval à voter le texte. Mais nuitamment, les leaders de l’opposition ont entrepris leurs élus pour leur demander de voter contre. La nuit des longs couteaux a tourné court. Belle revanche pour les députés ! En bloc, les députés de l’URD ont dit que si les leaders tentent de les empêcher de voter en faveur du texte, ils préfèreraient démissionner de leur parti, mais qu’ils voteront quand même. Et si jamais le parti va dans le sens contraire, il peut se dire qu’il n’a pas de députés encore à l’Assemblée nationale.

La désertion de Soumi

Est-ce pour ne pas subir l’humiliation de voir voter « ses » députés pour ce texte que l’honorable Soumaila Cissé a décidé de déserter, pardon de ne pas assister à la séance plénière de ce jeudi ?

Selon une source proche de l’Assemblée nationale qui cite l’honorable Mamadou Hawa Gassama, le président de l’URD, Soumaila Cissé, a choisi de s’absenter ce jeudi matin, non pas parce qu’il est contre la prorogation de mandat des députés, mais uniquement pour protester contre le passage à tabac d’un député de l’Opposition.

N’est-ce pas là une belle pirouette pour Soumi de ne pas assister au plébiscite de cette loi par l’ensemble des députés y compris ceux de l’URD ? En tout cas l’arme du boycott brandie contre la loi de prorogation aura fait flop. Tous à part, SADI pour quelques uns, ayant pris part à la séance et voté le texte soumis par le gouvernement.

Honteuse abstention

Les honorables Soumaila Cissé et Oumar Mariko figurent parmi les députés qui ont choisi de s’abstenir lors du vote de la loi prolongeant le mandat des députés. Ils n’ont pas voté contre contrairement aux positions et déclarations de leurs partis et de leurs regroupements respectifs. Or, le front pour la sauvegarde de la démocratie (FSD) et la Convergence des forces patriotiques projettent justement de marcher le 4 décembre contre la prorogation du mandat des députés et contre le report des élections législatives. La question est : comment des leaders à ce niveau disent publiquement qu’ils sont contre une loi, et choisissent au sein de l’Assemblée nationale de ne pas voter contre celle-ci ?

Manque de courage politique ou calcul politique ?

Leur abstention ne se lit-elle pas sous cet angle comme un manque de courage ? Ont-ils peur de perdre leurs députés ? Se sont-ils abstenus par consensus ou pour ne pas se couvrir de ridicule ? Kèlè Koun-kourouni ka Foussa ni Kouma Koun-kounrouni yé.

Dans la culture malienne, « quand un homme refuse, il dit non » (Samory Touré).

Dans cette circonstance historique, il aurait mieux valu la honte d’un éclat que le silence de la neutralité, une frasque parlementaire que d’une abstention. Parce qu’en politique, disait Reine Malouin : « l’abstention est un recul avant de devenir une lâcheté ».

Info-matin

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