ARRESTATION DU PRESIDENT DE L’APCAM : Le ministre de la Justice règle-t-il ses comptes avec Bakary Togola ?

Comme un œuf caché sous la terre, le président de l’Apcam, Bakary Togola, est écrasé par ses nouveaux amis. Sa puissance, sa maîtrise du terrain, sa popularité auprès du monde paysan, sa largesse… n’ont finalement pu le sauver.

 

L’histoire de Bakary Togola peut se résumer en une simple et unique phrase : toute chose à une fin et Gnassingbé Eyadema, ancien président de la République du Togo, affirmait un jour que : “S’il n’y a pas un traitre dans le foyer, le sorcier du dehors ne pourrait jamais vous atteindre”. Est-ce le cas de Bakary Togola ? Nous n’en savons pas trop. Toujours est-il que, dans cette triade d’hypothèses, une, peut nécessairement être vraie.

La première est qu’il a fallu un seul témoignage anonyme sur des malversations pour que la justice s’intéresse à l’affaire dite des ristournes versées par la CMDT à l’Union des sociétés coopératives productrices de coton (US-CCP). Bakary Togola et ses six autres complices (dont les identités sont révélées au compte-gouttes) sont soupçonnés d’être les auteurs de détournements d’environ 9 milliards de F CFA selon le procureur Kassogué.

“Tout est relatif”, selon Protagoras, philosophe de l’Antiquité grecque. Et si c’était une révélation ? Pourquoi les mille et une révélations de la presse n’ont jamais eu de suite alors que quelqu’un s’est juste caché quelque part pour dire à quelqu’un d’autre : “Celui-là a détourné plus de 9 milliards F CFA durant six ans”.

Dans cette affaire, il est reproché à B. T. d’avoir détourné 9 milliards 462 millions et poussière des ristournes au détriment des producteurs de coton. “L’homme est un loup pour l’homme” et la politique s’apparente à un état de nature dans lequel les gros poissons ne veulent pas voir d’autres gros poissons, prévenait Thomas Hobbes. A vous d’analyser et donner libre cours à votre pensée.

On dit souvent au pays Dogon, lorsqu’un groupe de chasseurs part en brousse, quand ils repèrent un troupeau de gibiers, le chasseur le plus habile et le plus héroïque repère l’animal le plus gras et gros pour l’abattre et non un simple animal gras. Car c’est là où se voit son honneur et sa grandeur. Dans le cas échéant, une fois au village, il la ferme.

Des grosses têtes portant des gros bonnets sont visibles et connues de tous mais rien n’est entrepris à leur égard. Au Mali, lorsqu’on a le pouvoir, on devient invincible et au-dessus de toutes menaces. Dans tous les cas, des voix commencent d’ores et déjà à se lever pour demander la libération de Bakary Togola. En témoignent les multiples constatations en cours et en gestation tant dans la capitale qu’à l’intérieur du pays. Déjà une coordination nationale a été mise en place à son nom “Coordination nationale des amis de Bakary Togola”. Elle demande sa libération “immédiate”, car selon elle, le “juge n’a pas fourni assez de preuves pour qu’il reste en détention” en dépit des éléments brandis lors de la mise en examen.

Pour revenir à l’arrestation de Bakary Togola, il faut dire qu’il se murmure beaucoup de choses dans les coulisses. Selon nos informations, cette arrestation de Bakary Togola n’est qu’un règlement de comptes entre lui et l’actuel garde des Sceaux, ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Malik Coulibaly qui garderait une dent contre le sieur Bakary Togola. Vrai ou faux ! Nous sommes ici donc dans la commutative dans “R” où seul mon ami peut laver l’affront subi de la part de X. Et le lien est vite fait puisque l’actuel juge en charge du pôle économique est un camarade de promotion du ministre de la Justice.

 

Le peuple satisfait et en demande plus !

Avec cette affaire de B.T, pour le peuple, la justice malienne est désormais en éveil. Pour l’aider, des bonnes volontés commencent à faire des propositions pour, disent-elles “assainir la République des truands et vagabonds financiers qui ont longtemps et toujours existé”.

Ainsi pour beaucoup, le procureur, au lieu d’enchainer les communiqués, devrait interpeller tous ceux qui sont concernés dans la chaine d’achat des avions cloués au sol et les mettre en garde à vue préventive ; organiser une confrontation entre les différents acteurs qui ont pris part à ce marché.

Il n’y a pas pire violation du secret de défense que le fait que l’ennemi sache qu’aujourd’hui les avions sont cloués au sol.

Boncane Maiga.

SourceLE POINT DU MALI

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