AN : Regards croisés sur la nouvelle prorogation du mandat des députés

L’adoption du projet de loi organique portant prorogation du mandat des députés de la 5ème législature continue de susciter plusieurs réactions au sein de l’opinion publique. Cette 2ème prorogation lors du conseil de ministre extraordinaire du vendredi 7 juin s’étendra jusqu’au 2 mai 2020. Nous vous proposons des extraits des interventions des invités du Grand Dialogue du Studio Tamani.

Souleymane Deye, universitaire, constitutionaliste

« La prorogation du mandat des députés en temps de crise n’est pas une violation de la constitution. Aujourd’hui, elle reste la seule alternative au maintient de la constitution de 25 février 1992. Si on ne proroge pas le mandat des députés, c’est l’Assemblée nationale qui ferme, et si l’Assemblée nationale disparait, c’est la constitution qui tombe. L’application de la constitution diffère selon qu’on soit en temps normal et selon qu’on soit en temps de crise».

Ibrahima Sangho de l’observatoire des élections, Pocim

« Nous pensons que la prorogation est non seulement illégale mais illégitime. Elle viole notre constitution parce que les députés sont élus et non nommés. Donc, ils doivent obligatoirement renouveler leur mandant au terme des 5 ans. Même la Cour constitutionnelle dans un 1er temps avait dit qu’il fallait obligatoirement respecter la constitution et aller aux élections. Après, ils ont évoqué l’article 63 de la constitution, ce que nous avons trouvé injuste parce que l’article 63 parle d’élection et pas de nomination. Cette 2ème prorogation viole la constitution, la charte des partis politiques met en cause les acquis de mars 1991. Si on continue avec ce glissement, il n’y aura pas délections présidentielles en 2023 ». Lire la suite sur aumali.net

Balla Soumaïla Traoré/stagiaire

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