Mali : le vote selon les jeunes

La jeunesse malienne semble être divisée en plusieurs bords. Il y a d’abord ceux-là qui s’intéressent aux questions citoyennes dans le pays. Ensuite, ceux qui sont occupés par les activités distractives juvéniles et qui lancent à tout vent que la politique ‘’ne mérite pas leur attention.’’ Enfin, il y a ceux-là qui souhaitent vivre des activités politiques.

Souaïbou Diarra, 25 ans, fait partie des premiers. Il affirme n’avoir jamais voté que le développement du Mali ne dépend pas de lui seul de toute façon : « Il y a beaucoup d’autres jeunes qui voudraient voter pour changer les choses. Qu’ils décident, nous on les suit. »

Au Mali, Souaïbou est loin d’être une exception. Des tours dans certains « grins » de jeunes permettent de se rendre compte qu’ils sont nombreux à ne pas s’intéresser aux questions politiques, surtout celles liées aux élections. « Rien à faire », se contente de répondre pour la plupart.

« Ma carte d’électeur, c’est mon arme »,

Lors des joutes électorales, des places de choix sont pourtant accordées aux jeunes dans les équipes de campagne. Ils ont la force de mobiliser l’électorat et de passer les messages de campagne. C’est l’occasion, pour eux, de se faire de l’argent en s’associant aux hommes politiques pour séduire les populations et les inciter au vote. « Bien sûr que je gagne de l’argent, c’est l’un des avantages après tout. Même si ce n’est pas tout le but », affirme, convaincu, Sylla, membre du bureau jeunesse de la section de Kalaban-coro d’un parti politique de la place. Ce qui ne l’empêche pas, selon lui, à avoir foi en l’idéal de son parti, et à se battre lors des élections pour promouvoir les candidats.

Des jeunes, il y en a aussi qui se mettent en règle pour pouvoir voter les jours d’élections. Cartes électorales en main, ils ciblent des moments précis de la journée pour se rendre dans leurs bureaux de vote. Mais ce n’est pas sans contre partie : « Quand il commence à se faire peu de monde, les choses deviennent intéressantes. C’est en ce moment que les soutiens aux candidats proposent de l’argent aux électeurs », nous confie cet autre jeune visiblement friand de ce « business ». « Ma carte d’électeur, c’est mon arme », déclare-t-il.

Élections et profits

Heureusement que l’espoir souffle ailleurs dans le monde juvénile malien. C’estr cas de Mamadou Sissoko qui s’investit dans le développement citoyen. Mamadou est un membre influent de plusieurs organisations citoyennes qui se mobilisent tout le temps pour sensibiliser les populations maliennes au devoir de citoyenneté. Élections ou pas, des jeunes comme Mamadou sont à l’œuvre pour éveiller les Maliens. « Nos efforts ne sont pas vains, chaque campagne de sensibilisation qu’on mène auprès des populations est une occasion de plus pour extraire un lot de citoyens de la déperdition », indique-t-il, fier.

Dans cette catégorie, il y a aussi des jeunes femmes qui ne restent en marge. Elles sont nombreuses comme la jeune demoiselle Awa Konaté, présidente de l’association Jeunesse féminine pour le développement de Kalaban-coro, à promouvoir l’esprit de citoyenneté à travers le vote dans sa commune.

Les logiques de pensée sont différentes dans la jeunesse malienne, du moins concernant les élections. Certains souhaitent laisser à d’autres le soin de bâtir notre pays en refusant de voter. D’autres tirent profit des élections en vendant leurs voix aux plus offrants et il y en a, enfin, qui œuvrent pour réaliser le Mali de nos aspirations. A chacun d’apprécier !

 

Source: benbere

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