HCUA : Quelles implications d’une mutation en parti politique ?

Du 26 au 29 octobre s’est tenu à Kidal le 2ème congrès ordinaire du Haut conseil pour l’unité de l’Azawad (HCUA), marqué par une annonce d’envergure : celle d’une possible mutation en parti politique. Si cela se concrétisait, les revendications armées de ce groupe du Nord du Mali céderaient la place à une lutte beaucoup plus politique, dont les implications pourraient être considérables.

 

« Face à la réalité du terrain et pour répondre aux aspirations légitimes de nos populations, nous devrons réfléchir à une plateforme politique », avait indiqué  le Secrétaire général du HCUA, Alghabass Ag Intalla, en marge de l’ouverture du congrès,  tout en affirmant la nécessité « d’accélérer la mise en œuvre de l’Accord, pour une meilleure cohésion sociale et d’harmoniser notre lutte au bénéfice des populations ».

Si la volonté du Haut conseil pour l’unité de l’Azawad, formé en grande partie d’anciens membres du groupe djihadiste Ansar Dine, de se muer en parti politique est aujourd’hui clairement affichée, la concrétisation de cette nouvelle vision impliquera des changements.

Désarmement total ?

« Tant que le HCUA n’est pas totalement désarmé, on ne pourra pas lui conférer un caractère d’organisation politique. La Charte des partis politiques est très claire sur ce point et à la date d’aujourd’hui le HCUA ne répond pas du tout aux critères pour se muer en parti politique », relève Salia Samaké, analyste politique.

Selon lui, deux défis majeurs doivent d’abord être relevés par le HCUA avant de pouvoir aboutir à une transformation en parti : la capacité de ses composantes à intégrer un processus de paix allant vers le dépôt total des armes et celle de rassembler tous les autres mouvements armés du Nord autour de cette vision.

Concernant le deuxième défi, il serait plutôt facile à relever, à en croire un autre analyste. « Le HCUA apparait de plus en plus comme la locomotive de tous les autres mouvements du genre dans le Nord et le fait que cela soit sous la coupole du chef des Ifoghas entraînera de facto une certaine adhésion des autres », soutient-il.

En attendant les démarches concrètes pour l’aboutissement de la transformation du Haut conseil pour l’unité de l’Azawad en parti politique, l’idée en elle-même est favorablement accueillie par certains.

« Cela serait bien, parce qu’ils iront à la conquête de la popularité en tant que Maliens et que cela voudra dire qu’ils entrent véritablement dans le rang national, ce qui est aujourd’hui recherché par tous », souligne le Dr Woyo Konaté, philosophe politique.

Germain KENOUVI

Journal du mali

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